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Voici quelqu’un qui s’en est rendu compte

dimanche 16 novembre 2008

G. — A-ho-kan et le futur empereur Chenn-noung étudiaient sous Lao-loung-ki. Assis sur un tabouret, Chenn-noung faisait la sieste, porte close. A-ho-kan poussa la porte, et lui ânonna à brûle-pourpoint que leur maître venait de mourir. Chenn-noung se leva tout d’une pièce, laissa tomber sa canne, éclata de rire et dit : Serait-il mort de désespoir de mon incapacité, pour n’avoir pas pu me soulever avec ses grandes phrases ?... Le taoïste Yen-kang venu pour faire ses condoléances, ayant entendu ces paroles, dit à Chenn-noung : L’étude du Principe attire les meilleurs sujets de l’empire. Vous avez ce qu’il laut pour vous y appliquer. Car, sans en avoir rien appris, vous avez trouvé tout seul, comme votre boutade sur la mort de votre maître le prouve, que ce ne sont pas les grandes phrases qui donnent l’intelligence, ce qui est un axiome taoïste fondamental. Le Principe n’est atteint, ni par la vue, ni par l’ouïe. On ne peut en dire que ceci, qu’il est mystère. Qui en parle, montre qu’il ne le comprend pas.

Tchoang-Tzeu, 22.


Voir en ligne : Les pères du système taoïste

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