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Pas de distinctions à l’intérieur du Principe

dimanche 16 novembre 2008

D. — Parmi les anciens, les uns pensaient que, à l’origine, il n’y eut rien de préexistant. C’est là une position extrême. — D’autres pensèrent qu’il y eut quelque chose de préexistant. C’est là la position extrême opposée. — D’autres enfin pensèrent qu’il y eut quelque chose d’indistinct, de non différencié. C’est là la position moyenne, la vraie. — Cet être primordial non différencié, c’est la norme. Quand on imagina les distinctions, on ruina sa notion. Après les distinctions, vinrent les arts et les goûts, impressions et préférences subjectives qui ne peuvent ni se définir ni s’enseigner. Ainsi les trois artistes, Tchao-wenn, Cheu-k’oang, Hoei-tzeu, aimaient leur musique, puisque c’était leur musique, qu’ils trouvaient différente de celle des autres, et supérieure, bien entendu. Eh bien ! ils ne purent jamais définir en quoi consistaient cette différence et cette supériorié ; ils ne purent jamais enseigner à leurs propres fils à jouer comme eux. Car le subjectif ne se déënit ni ne s’enseigne. Le Sage dédaigne ces vanités, se tient dans la demi-obscurité de la vision synthétique, se contente du bon sens pratique.

Tchoang-tzeu, 2.


Voir en ligne : Les pères du système taoïste

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