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Yin-Yang

vendredi 14 novembre 2008

Et ceci est important : il y a une analogie, d’une part, entre le principe positif ou actif et les nombres impairs et, d’autre part, entre le principe négatif ou passif et les nombres pairs ; c’est le couple Yang et Yin, lequel détermine toutes les oppositions et toutes les complémentarités, celles-ci étant unitives comme l’actif et le passif, le masculin et le féminin ; celles-là séparatives comme le positif et le négatif, le bien et le mal. Les nombres impairs sont centripètes, ils ramènent à l’Unité — nous venons de le dire — et ainsi la représentent en mode de pluralité, tandis que les nombres pairs sont centrifuges, ils représentent la projection dans le multiple et l’indéfini. Mais, comme les deux principes, le Yin et le Yang, ont surgi du Tao — leur préfiguration dans le Tao étant respectivement l’Infinitude et l’Absoluité —, ils doivent manifester leur unité sous-jacente sur le plan même de leur divergence, et c’est ce que montre le signe du Yin-Yang, où la partie noire comporte un point blanc, et inversement ; c’est dire que la masculinité comporte un élément de féminité, et celle-ci un élément de masculinité, et que chacun des pôles possède, à divers degrés, une fonction qui est positive et une autre qui est négative. Sous le premier rapport — nous l’avons relevé plus d’une fois — le masculin se réfère à l’Absolu et le féminin à l’Infini ; sous le second rapport, il y a dans la masculinité un danger de contraction et de durcissement et dans la féminité, au contraire, une tendance à l’extériorisation dissolvante et indéfinie. Ajoutons enfin — car ceci prouve à sa façon la réciprocité compensatoire dont nous venons de parler — que, dans le symbolisme géométrique, le Yang est représenté par les surfaces qui délimitent, « enferment » et donc rattachent à l’unité tandis que le Yin l’est par les étoiles — à trois ou plusieurs branches — qui projettent et « rayonnent » ; et cela indépendamment des nombres pairs ou impairs [1]. Toute cette digression sur un symbole extrême-oriental se justifie ici du fait qu’il implique une dimension numérale, ou plus précisément une doctrine de la dualité. (Frithjof Schuon, Avoir un centre)


[1C’est d’une manière analogue, mais moins directe, que le Svastika exprime sous forme d’ « étoile » et en mode centrifuge ce que le Yin-Yang et ses dérivés représentent sous forme de « surface » et en mode centripète.

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