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Les chevaliers teutoniques

dimanche 3 août 2014

Constitués en ordre de chevaliers en 1190, les successeurs des premiers frères de l’hôpital Notre-Dame de la maison des Teutoniques à Jérusalem avaient dû abandonner la Terre Sainte & se replier en Europe. C’est vers 1210 que des chevaliers teutoniques vinrent s’établir dans un ensemble de bâtiments comprenant un hôpital, une église consacrée à Notre-Dame, des logis & des communs qui était situé à Sachsenhausen, en face de Francfort-sur-le-Main où ils essaimèrent, de sorte que cette cité plus importante donna par la suite son nom à la commanderie d’origine. Cet ensemble, qui était dû au ministérial Cuno von Münzenberg, un ami de l’empereur Henri VI, fut transféré en 1217 au grand-maître de l’Ordre teutonique Hermann von Salza, & un diplôme de l’empereur Frédéric II daté de Tarente, le 12 avril 1221, confirma officiellement cette installation des chevaliers à Sachsenhausen comme maison de leur ordre. Cette commanderie appartenait, avec 22 autres, au bailliage de Franconie, un des plus riches de l’ordre. En 1263, Albert le Grand prêcha dans l’église une indulgence de 40 ans pour les visiteurs qui se croiseraient, &, en 1324, une diète se tint à Sachsenhausen qui en appela contre le refus de Jean XXII de reconnaître Louis de Bavière comme empereur. - Cette commanderie devait compter en principe au moins 12 chevaliers en souvenir des 12 apôtres. Ces chevaliers, obligatoirement d’origine noble, prononçaient les 3 voux monastiques & promettaient de défendre la chrétienté ; en plus du service des armes, ils vaquaient aux tâches variées impliquées par la vie de la commanderie & la gestion de ses biens ; ils étaient aidés par les demi-frères & les manteaux gris. Aux frères chevaliers s’ajoutaient les frères prêtres ; ils n’étaient pas obligatoirement d’origine noble, mais leur sacerdoce & leur instruction leur assuraient une considération particulière ; ils veillaient à la vie religieuse de la commanderie, à la régularité des offices, à la conservation du trésor de l’église, &, en cas de vacance, pouvaient remplacer, avec l’accord de l’évêque, le curé dans les paroisses relevant territorialement de la commanderie. Le Francfortois était un de ces chevaliers prêtres ; mais il est en outre précisé qu’il exerçait une fonction particulière, celle de custode. Cette fonction n’aurait pas existé dans d’autres maisons de l’Ordre teutonique, du moins sous cette dénomination ; on sait donc mal en quoi elle consistait exactement ; puisqu’elle fait l’objet d’une mention spéciale, on peut admettre que le custode jouissait d’une sorte de préséance, de prélature ; il devait être un conservateur des trésors spirituels de la commanderie, des objets plus ou moins sacrés ; peut-être était-il aussi scolarque, maître de copistes, & il va de soi que lui incombaient homélies & instructions ; mais ses fonctions étaient d’une importance moindre que celles du custode dans les communautés franciscaines. [Jean-Jacques Anstett]

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