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La métaphysique congédiée

samedi 16 mai 2009

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

« A Bonaparte qui l’interrogeait sur ses conceptions et lui demandait ce qu’il faisait de Dieu Dieu La conception exacte de Dieu varie en fonction des philosophies et des religions. Dieu désigne généralement un « être suprême » dont les qualités sont illimitées, l’individuation personnelle ou impersonnelle du principe de l’univers, c’est-à-dire sa raison « première » en tant qu’essence primordiale - Dieu est alors souvent considéré comme le démiurge ou créateur - et sa raison « dernière » en tant que finalité et sens de la vie, dans les religions monothéistes. , Laplace répondit qu’il n’avait que faire de cette « hypothèse » sans fondement fondement La métaphore sous-jacente à la notion de fondement en explique l’importance dans la tradition philosophique occidentale. Depuis que Socrate a refusé le savoir dispersé et versatile, donc sans fondement, des sophistes, cette tradition s’est en quelque sorte proposé l’entreprise séculaire de fonder le savoir et les pratiques humaines. En ce sens radical, fonder, c’est trouver le point d’où partir pour que ce que l’on construit ne puisse être ébranlé et remis en question. (selon les éditeurs des « Notions Philosophiques ») scientifique. Le rejet de toute transcendan transcendance Sous le rapport de la transcendance, Dieu seul est le Bien ; lui seul possède, par exemple, la qualité de beauté ; au regard de la Beauté divine, la beauté d’une créature n’est rien, comme l’existence elle-même n’est rien à côté de l’Etre divin ; c’est là la perspective de transcendance. [Frithjof Schuon] ce désigne donc un nouvel humanisme humanisme L’humanisme est une vaste catégorie de philosophies portant sur l’éthique qui affirment la dignité et la valeur de tous les individus, fondée sur la capacité de déterminer le bien et le mal par le recours à des qualités humaines universelles — en particulier la rationalité. L’humanisme implique un engagement à la recherche de la vérité et de la moralité par l’intermédiaire des moyens humains, en particulier les sciences, en solidarité avec l’humanité. En mettant l’accent sur la capacité d’auto-détermination, l’humanisme rejette la validité des justifications transcendantes, comme une dépendance à l’égard de la croyance sans raison, du surnaturel, ou de textes présentés comme d’origine divine. Les humanistes supportent une morale universelle fondée sur la communauté de la condition humaine. L’humanisme est intégré comme composante dans une variété de systèmes philosophiques plus spécifiques et dans plusieurs écoles de pensée religieuse. pour lequel le métaphysicien comme le théologien ne sont que des bouches inutiles. Ils ne peuvent d’ailleurs qu’égarer la recherche positive, de sorte que, au bout du compte, leur influence est néfaste. Déjà les bons esprits du XVIIIe siècle, ne pouvant les proscrire, s’employaient avec Voltaire, à les ridiculiser. D’Alembert constate cette dépréciation constante de la métaphysique Metaphysik
métaphysique
metafísica
metaphysics
et du métaphysicien : « Je ne doute point, écrit-il (Discours préliminaire à l’Encyclopédie, 117) que ce titre ne soit bientôt une injure pour nos bons esprits, comme le nom de sophiste, qui pourtant signifiait sage, avili en Grèce par ceux qui le portaient, fut rejeté par les vrais philosophes ». Le pronostic devait être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
vérifié par l’événement : l’appellation même de métaphysique tend à disparaître de l’usage au XIXe siècle et les programmes universitaires du XXe siècle substituent à ce vocable périmé l’expression prudente de « philosophie générale » qui à vrai dire ne signifie rien rien Le mot rien désigne une absence de chose(s), sans la notion de dénombrement ou de concept mathématique qui s’attache au nombre zéro. « Il n’y a rien ici » signifie qu’aucun objet n’est présent, sans a priori sur la nature des objets qui auraient pu se trouver à l’endroit considéré. , et semble surtout destin Schicksal 
Geschick
Ge-schick
schicksalhaft
destin
co-destin
fado
destiny
destino
fate
destinal
ée, par sa modestie, à détourner des soupçons toujours menaçants.

La métaphysique ne cherche plus qu’à se faire oublier. Elle est cantonnée dans une de ces « réserves », territoires sans valeur où les peuples civilisateurs relèguent après la victoire les débris des populations indigènes, à la fois camp de concentration et musées folkloriques. La connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
positive, les méthodes rigoureuses de la science science
epistêmê
episteme
sciences
Le sens originel du grec : se placer au-dessus de.... Parménide a ouvert la voie à la conception grecque de l’epistêmê en distinguant le monde de l’opinion et celui de la pensée pure et de l’être. (Y. Lafrance)
occupent tout l’espace espace L’espace est avant tout une notion de géométrie et de physique qui désigne une étendue, abstraite ou non, ou encore la perception de cette étendue. Conceptuellement, il est synonyme de contenant aux bords indéterminés. utile » (G. Gusdorf, Vers une métaphysique, p. 7).

La prétention de Platon, d’Aristote, de Descartes, de Kant ou de Hegel, de déterminer a priori les structures du savoir n’a jamais abouti qu’à des châteaux de cartes idéologiques, vite détruits par le progrès réel de la connaissance. L’histoire de la philosophie apparaît à la lumière lumière La lumière semble avoir fait l’objet d’une interprétation symbolique dès que les hommes se sont mis à croire dans un au-delà. Depuis la possible déification du feu, devenu élément vital pour l’Homme préhistorique, puis l’un des quatre éléments de la philosophie de la Grèce antique, jusqu’à la théologie chrétienne de Dieu comme "lumière des lumières", l’illumination étant présente dans de nombreuses religions, on n’a eu de cesse que de lui accorder des origines et vertus surnaturelles. du savoir positif comme un catalogue d’absurdités qui se ridiculisent les unes les autres ; jamais elles n’ont servi à autre chose qu’à égarer les chercheurs qui leur faisaient confiance. La raison dianoia
la raison
La raison est une faculté de l’esprit humain dont la mise en œuvre nous permet de fixer des critères de vérité et d’erreur, de discerner le bien et le mal et de mettre en œuvre des moyens en vue d’une fin donnée. Cette faculté a donc plusieurs emplois, scientifique, technique et éthique.
doit renoncer à tous ses privilèges et se mettre résolument à l’école de la science. La métaphysique n’apportait aucune vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
spécifique ; elle se payait de mots et se réduisait tout entière à une sorte de gigantesque maladie du langage langage Le langage est un ensemble de signes (vocaux, gestuel, graphiques, tactiles, olfactifs, etc.) doté d’une sémantique, et le plus souvent d’une syntaxe (mais ce n’est pas systématique[1]). Plus couramment, le langage est un moyen de communication. . Toute certitude valable se réduit à un constat d’expérience expérience
aisthesis
perception
aísthesis
sensation
D’un point de vue très théorique, une expérience est un engagement dans une situation de mise à l’épreuve d’un élément d’ordre spéculatif, souvent appelé hypothèse lorsqu’elle s’inscrit dans un système logique. Cette situation et cet engagement ne sont pas toujours recherchés, il arrive ainsi qu’on parle d’expérience mystique quand se produit une révélation d’ordre spirituel. Au contraire, dans les disciplines scientifiques, les expériences sont qualifiées de scientifiques parce qu’elles sont conduites en respectant des protocoles aussi rigoureux que possible, concernant aussi bien la planification et la mise-en-oeuvre concrète de la situation expérimentale, que le recueil des données (souvent au moyen d’instruments de mesure) ou l’interprétation théorique qu’il en est faite.
et la pensée humaine authentique représente un système conventionnel qui doit se contenter de répéter sans déformation le continu expérimental des « protocoles » correctement établis.

C’est pourquoi le langage métaphysique et l’attitude métaphysique représentent une sorte de dépravation dont il faut préserver la pensée par des mesures radicales » (G. Gusdorf, ib., p. 8).

De l’aveu même de spécialistes éminents, il n’y a donc pas d’autonomie de la science à l’égard de la métaphysique... L’expérience humaine demande à être comprise dans sa totalité en fonction d’une intelligibilité complexe qui ne laisse aux lois et formules mathématiques qu’une fonction secondaire de corrélation et d’explicitation. Le mythe mythe Un mythe est un récit, porté à l’origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde : sa création (cosmogonie), les phénomènes naturels, le statut de l’être humain, ses rapports avec le divin, la nature ou encore avec les autres humains (d’un autre sexe, d’un autre groupe), etc. du scientisme était une sorte de roman d’anticipation que l’expérience n’a pas confirmé. » (G. Gusdorf, ib. cahier 2, p. 14. et Traité p. 94-95.)

On peut relever chez bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
des savants une nostalgie de la métaphysique. Les solides certitudes de l’homme homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
de science n’ont qu’une portée limitée ; elles le font prisonnier du domaine restreint de sa compétence. Il éprouve donc un sentiment d’incomplétude à se trouver cantonné dans un rayon d’action action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
aussi étroit. Homme d’une expérience objective et restreinte, le savant fait figure d’inadapté, mal mal
kakos
Le mal est la "possibilité de l’impossible", sans laquelle l’Infini ne serait pas l’Infini. (Frithjof Schuon)
à l’aise partout ailleurs que dans son laboratoire. Il lui manque cette satisfaction d’atteindre l’homme, de lui proposer un contentement plénier. Bref, la science envie à la métaphysique son privilège d’être un savoir de la totalité humaine, et de pouvoir possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
prescrire des fins, tandis que la technique techne
tékhnê
Une technique (du grec τέχνη, art, métier savoir-faire) est une ou un ensemble de méthodes, dans les métiers manuels elle est souvent associée à un tour de main professionnel.
n’offre qu’un éventail de possibilités, un répertoire de moyens, qui ne sauraient se discipliner par eux-mêmes. Le savant d’aujourd’hui souffre d’être ce spécialiste qui, selon le mot d’un humoriste, en sait de plus en plus sur un domaine de moins en moins étendu, en attendant le moment où il saura tout sur rien. » (G. Gusdorf, ib. cahier 2, p. 15).


Voir en ligne : Martin Heidegger et ses références

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