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Vraies et fausses confidences du Mythe

samedi 16 mai 2009

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

« Le mythe mythe Un mythe est un récit, porté à l’origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde : sa création (cosmogonie), les phénomènes naturels, le statut de l’être humain, ses rapports avec le divin, la nature ou encore avec les autres humains (d’un autre sexe, d’un autre groupe), etc. est un récit qui mêle dans la même représentation imaginative une histoire de dieux, de demi-dieux, de héros et remonte à une sorte de temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. primitif, archaïque, à un temps originaire avant le temps ; le mythe se rencontre dans toutes les cultures révélant ainsi un état imaginatif, nocturne mais peut-être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
faussement naïf de la pensée. Mythe exemplaire, ce récit de l’ancienne Egypte qui raconte comment le monde est né, de la larme d’un dieu Dieu La conception exacte de Dieu varie en fonction des philosophies et des religions. Dieu désigne généralement un « être suprême » dont les qualités sont illimitées, l’individuation personnelle ou impersonnelle du principe de l’univers, c’est-à-dire sa raison « première » en tant qu’essence primordiale - Dieu est alors souvent considéré comme le démiurge ou créateur - et sa raison « dernière » en tant que finalité et sens de la vie, dans les religions monothéistes. .

La philosophie contemporaine réhabilite volont voluntas Notre volonté n’est pleinement humaine que par sa participation opérative aux vérités concernant Dieu et nos fins dernières. [Frithjof Schuon] iers le mythe. Réaction heureuse contre un positivisme plat qui voyait dans la prolifération des mythes une maladie de jeunesse de l’humanité homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
, la fable évidemment dépourvue de tout sérieux étant aussi négligeable et vaine qu’un rêve d’enfant. On sait de mieux en mieux aujourd’hui que le mythe ne peut être rejeté hors de la pensée ; œuvre de l’homme le mythe doit nous éclairer sur l’homme et dans la mesure où la philosophie est de plus en plus une anthropologie, un discours sur l’homme, comme on le voit dans nos phénoménologies et nos existentialismes, elle ne peut pas se passer d’une doctrine du mythe.

Si le mythe est incontestablement de la pensée, cette pensée est de la pensée confuse et d’une confusion sans doute irréductible à la clarté : v le superstitieux et le magique s’y mêlent au religieux, l’esthétique au philosophique : par-delà le déroulement du récit, la série des apparences liées comme par une étiquette de cour, se devine un tumulte de passions dont on ne sait si elles appartiennent à la chair chair
sarx
carne
carnal
carnalidade
carnalidad
carnality
charnel
ou à l’esprit esprit
pneuma
L’esprit est constitué par l’ensemble des facultés intellectuelles. Dans de nombreuses traditions religieuses, il s’agit d’un principe de la vie incorporelle de l’être humain. En philosophie, la notion d’esprit est au cœur des traditions dites spiritualistes. On oppose en ce sens corps et esprit (nommé plus volontiers conscience par la philosophie et âme par certaines religions. En psychologie contemporaine, le terme devient synonyme de l’ensemble des activités mentales humaines, conscientes et non-conscientes.
...

Nos philosophies y trouvent sans se fatiguer le noir comme le blanc. Du mythe, un Valéry tire une leçon de scepticisme universel : « Mythe, écrit-il, est le nom de tout ce qui n’existe et ne subsiste qu’ayant la parole pour cause causa
cause
aitia
aitía
aition
 ». Le mythe c’est l’erreur ou l’illusion, mais bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
habillées, et il faut alors confesser que tout est mythe, c’est-à-dire vanité ; Alain connaît par leur nom toutes les passions et toutes les pensées qui se sont faites mythes pour grimacer et pour séduire. Chez Valéry comme chez Alain, le mythe s’est laissé capturer et réduire en esclavage. Nos deux dualité
deux
dyade
Quand la dualité est horizontale, elle exprime les pôles "actif" et "passif" ; quand elle est verticale, elle exprime les degrés "absolu" et "relatif", dans l’Ordre divin d’abord et dans l’ordre cosmique ensuite. [Frithjof Schuon]
 ». esprits forts vident le sac jusqu’au fond et la pêche sans miracle des monstres et des dieux se montre tout entière étalée sur la plage. Il n’y manque que l’ampleur de la mer et du ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
.

...Le mot de Plutarque : celui qui connaîtrait les mythes saurait toutes choses, est vrai d’une vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
d’abord ironique. Tout est dans les mythes, les débris méconnaissables ou reconnaissables d’une révélation Révélation La Révélation (on emploie généralement une majuscule dans cette acception du mot) est, pour une religion, la connaissance qu’elle affirme détenir de source divine. Les manifestations divines par lesquelles cette connaissance est parvenue aux hommes sont tantôt des apparitions (théophanies), tantôt l’inspiration à des prophètes de textes considérés comme sacrés. Les religions rattachées à la trilogie judaïsme-christianisme-islam, en particulier, sont dites révélées. primitive comme le pressentiment d’une pensée rationaliste à venir, toute la piété et toute l’impiété dont l’homme est capable. Énigme toujours forcée et qui défend bien son mystère mystère
mysterion
mystères
Du grec musterion, fermer les yeux ou la bouche. Désigne un secret, les pratiques et les rites réservées aux initiés, un objet de difficile connaissance, et l’initiation des doctrines secrètes. (V. Siret)
.

Une doctrine du mythe ne devrait donc nourrir aucune ambition théorique ou interprétative, ne pas chercher à le capturer ou à le réduire, comme un chasseur s’empare de sa proie ; elle se contenterait de le dévisager naïvement, de le regarder en face, et de le décrire tel qu’il est dans sa confusion et dans son ambiguïté. »
E. Borne, Le Problème du mal mal
kakos
Le mal est la "possibilité de l’impossible", sans laquelle l’Infini ne serait pas l’Infini. (Frithjof Schuon)
, PUF, 1958, p. 38-42.

« Au commencement était la fable, écrit Valéry. Il suffit de renverser la formule pour la sauver de la littérature et pour la rendre à la philosophie. Toute fable remonte à des commencements et cherche à scruter des origines. Non pas qu’elle cherche un point zéro métaphysique Metaphysik
métaphysique
metafísica
metaphysics
à partir duquel se déroulerait le temps ; le mythe est plutôt hanté par l’idée d’un commencement pur, antérieur à tous les surgissements historiques et qu’aucun mal ne saurait atteindre — mais le mal vivement écarté de l’origine vient aussitôt le corrompre, comme s’il y avait un mal antérieur au mal. » E. Borne, ib., p. 44-45.


Voir en ligne : Martin Heidegger et ses références

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