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Rêverie nocturne.

vendredi 12 décembre 2008

D’aventure, un derviche embrassait du regard le ciel, cet océan plein de perles divines. Les astres, purs joyaux, illuminaient la nuit ; leur resplendissement la faisait toute claire. Ils semblaient arrêtés au fond du firmament pour tenir ce langage aux êtres de la terre : « Vous, humains négligents ! soyez donc attentifs ! Tenez-vous en éveil, devant cet empyrée ! Pourquoi donc êtes-vous plongés dans le sommeil ? Morts, vous devrez dormir jusqu’au grand Jugement ! » Et le contemplatif demeura dans l’extase ; son œil versa des pleurs limpides comme un astre : « Seigneur ! le toit du monde inférieur est tel qu’à le voir on dirait un trésor de peintures. Mais comment donc est fait ton sublime palais, puisque notre prison semble un jardin fleuri ? Pourquoi ces soleils d’or, par milliers, errent-ils aux neuf voûtes des cieux, tellement ? Qui le sait ? Ce faisant, ils ne sont ni enivrés ni sobres ; dans leur état, il n’est ni éveil ni sommeil. Nuit et jour, de tout coeur, ils s’en vont, cherchant Dieu ; et cela durera jusqu’à l’appel des morts ! Vous, humains ! vous dormez et les astres cheminent ; Ils baisent, ô mon Dieu ! la poudre de ton seuil. » (Attar, Farâïd, III, p. 94.)


Voir en ligne : Littérature persane

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