Philosophia Perennis

Accueil > Soufisme > Chosroès Nouchirvân et la vieille femme.

Chosroès Nouchirvân et la vieille femme.

vendredi 12 décembre 2008

Chosroès Nouchirvân, ce monarque équitable, un jour sur sa terrasse, à midi, s’installa. Or il remarqua sur la terrasse voisine une vieille fort pauvre et d’aspect misérable, à la taille voûtée et tenant une cruche qui autant qu’elle avait subi l’effort du temps : cette cruche n’avait ni goulot ni poignée, ni fond qui lui permit de se tenir debout. Cette femme voulut user d’un artifice afin de s’en verser de l’eau sur le visage ; tandis qu’elle faisait tous ses efforts, la cruche tombait et répandait toute son eau par terre. Quand l’œil de Chosroès Nouchirvân vit cela, des larmes de pitié tombèrent de ses cils. Il se dit en soi-même : « Hélas ! malheur à moi ! que le courroux de l’homme et de Dieu soit sur moi ! Une vieille a vécu si pauvre auprès de moi ! Elle n’a même pas sous la main une cruche intacte pour pouvoir se laver le visage. » Il voulut tout d’abord lui faire parvenir son aiguière d’or, envoyée de sa part. Puis il se dit : « Mieux vaut qu’elle ne sache pas que je l’ai vue ainsi : elle en serait honteuse. » Aussitôt, parmi les indigents de la rue, il fit distribuer quarante cruches d’or ; et la vieille reçut de sa part l’une d’elles, sans que personne ait pu deviner son histoire. (Djâmi, Hekmat, p. 272.)


Voir en ligne : Littérature persane

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.