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L’attrait du péché.

vendredi 12 décembre 2008

Un nègre, né à Zanzibar, passait sa vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. sans foi
foi
faith
pistis
ni loi ; le démon do l’insouciance avait livré sa vie au vent. Il conservait dans une jarre quelques mesures de mélasse ; un jour, un chat, par aventure, y tomba et trouva la mort Tod
mort
morte
muerte
death
. Le nègre prit, retira vite de la jarre ce maudit chat tué par son avidité. Portant le chat, tout ennuyé, il alla devant le cadi et dit sa mauvaise fortune. Devant nobles et roturiers, le cadi rendit cet arrêt : « Cette mélasse est polluée ; on ne peut plus la consommer. » Ce nègre qui ne valait rien, n’écoutant pas cette sentence, dit au cadi : « Tu t’es trompé ! Je l’ai goûtée ; je l’ai trouvée très agréable dans ma bouche ; donc, du moment qu’elle est suave, pourquoi serait-elle interdite ? Si ma mélasse était amère, je l’aurais sans hésitation interdite de par la Loi. » Comme le naturel du nègre était impur et mal Übel
Böse
mal
evil
maligno
malefic
the bad
kakos
tourné, forcément il ne pouvait pas distinguer du bon le mauvais. O toi dont le visage est sombre comme le visage des nègres, la piété piété
piedade
piedad
piety
pietas
eleison
miséricorde
misericórdia
mercy
te semble amère et le péché te semble doux. Le mensonge paraît suave au goût de la concupiscence ; si la vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
semble amère, ce n’est qu’aux natures vulgaires. Dès lors que le tempérament est incommodé par la bile, le sucre qu’on met en la bouche prend la saveur du vitriol. D’un bout à l’autre, ce bas monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
rend malades les cœurs des hommes Mensch
homme
être humain
ser humano
human being
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
, et leurs visages se flétrissent par le désir désir
epithymia
epithymía
épithymétikon
épithymia
d’or et d’argent. O toi ! captif dans le filet des voluptés de ce bas monde, ne meurs donc pas comme ce chat, par le grand désir des douceurs. Bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
que le service de Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
paraisse pénible à tes yeux, c’est ce médicament amer qui guérira ce dont tu souffres, car ce médicament amer est finalement salutaire, apportant à l’être Sein
Seyn
l’être
estre
o ser
seer
the being
be-ing
el ser
esse
malade la guérison et la santé. (QÂSIM-OL-ANVÂR - Browne, III, p. 482.)


Voir en ligne : Littérature persane

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