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La mortification (ryâzat).

mardi 9 décembre 2008

Ryâzat, c’est rendre docile un quadrupède en empêchant les mouvements indésirables qu’il voudrait faire, c’est le rendre obéissant à son maître pour ce qu’il se propose. En mystique, ce qu’on entend par ryâzat, c’est que l’âme animale est empêchée d’obéir et de céder à la concupiscence, à la colère et à leurs conséquences ; c’est aussi que l’âme raisonnable est empêchée d’obéir aux énergies animales, aux vilenies des mœurs et des actes (par exemple, amasser de l’argent, courir après les dignités) et à tout ce qui s’y rattache : ruse, tromperie, fraude, médisance, partialité, malveillance, haine, débauche — en somme à tout ce qui est mal et péché, et à tout ce qui en provient ; c’est encore habituer l’âme humaine à obéir et à agir d’une façon qui la conduise au perfectionnement dont elle est capable. On nomme bestiale l’âme qui obéit à la concupiscence, sauvage celle qui cède à la colère, démoniaque celle qui se soumet aux vilenies des mœurs : tout cela, c’est l’âme concupiscente, c’est-à-dire aspirant au mal, si ces vilenies sont enracinées en elle. Dans le cas contraire, si elle incline tantôt au mal tantôt au bien, et si en inclinant au bien elle regrette d’avoir commis le mal et se blâme elle-même, on l’appelle âme repentante. Quant à l’âme qui se soumet à la raison et s’adonne à la recherche du bien, on l’appelle âme quiète. La mortification poursuit un triple but : écarter les distractions externes et internes qui empêchent d’atteindre Dieu, soumettre l’âme animale à la raison pratique qui la pousse à rechercher la perfection, habituer l’âme humaine à se maintenir dans ce qui la prépare à recevoir la grâce divine, de façon qu’elle atteigne tout le perfectionnement possible. (Nacîr-od-Dîn Tousi, Awçaf, éd. Tehrân, 1306/1928, 4e section.)

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