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L’imâm Mohammed Bâqir.

mardi 9 décembre 2008

Parangon des ascètes, modèle des contemplatifs, chef religieux d’entre les descendants du Prophète, élu parmi la famille de Ali, maître des sciences exotériques et ésotériques, il avait la spécialité des parties subtiles des sciences et des signes qui contiennent un sens caché. On connaît de lui plusieurs miracles, fondés sur des indices évidents et des preuves éclatantes. On rapporte que, commentant ce verset du Coran : Celui qui ne croira pas à l’idole Thâgout et qui croira en Allah (II, 257), il dit : « Celui qui t’empêche de contempler la vérité suprême est Thâgout ; vois combien tu es couvert par ce voile sous lequel tu es retenu ; décide d’enlever ce voile, car tu parviendras à découvrir ce qui est éternel ; celui qui est sous le voile est empéché et ne peut prétendre à s’approcher de Dieu. » On raconte que l’un de ses intimes, questionné sur la manière dont l’imâm passait ses nuits répondit : « Quand une partie de la nuit s’est écoulée, quand il a terminé ses oraisons, il dit à voix haute : Mon seigneur et mon dieu ! la nuit est venue, le souverain pouvoir des princes est à son terme, les étoiles ont paru, les créatures dorment, la voix des hommes s’est tue ; ils ont fui la porte de leur prochain, se sont cachés dans leurs demeures, ont clos leurs portes pour se livrer au sommeil, ont posté des veilleurs, ont abandonné les gens qui avaient besoin d’eux. Dieu créateur ! c’est toi qui es vraiment vivant, immuable, prévoyant ! il n’est pas permis de sommeiller en ta présence ; celui qui ne te reconnaît pas ces attributs ne reconnaît aucun de tes bienfaits ; tu es le Seigneur qui ne juge pas licite de repousser le solliciteur, celui des croyants qui prie et se tient devant ton seuil. Dieu créateur ! quand je songe à la mort, à la tombe et au jugement dernier, comment désirerais-je outre toi quelque chose de ce bas-monde, puisque je te connais, que je t’invoque et que je recherche auprès de toi de mourir paisiblement et de ressusciter sans châtiment ? » Ce disant, il pleurait. Une nuit, quelqu’un lui dit : « Maître ! combien de fois parlerez-vous ainsi ? » Et il répondit : « Ami ! ayant perdu seulement Joseph, Jacob pleura tellement qu’il devint aveugle. Moi qui ai perdu dix de mes ancêtres — je veux dire Hosaïn et sa gent, au combat de Kerbéla — comment demeurerai-je moins aveugle que Jacob, alors que je suis séparé d’eux ? » Ces invocations très éloquentes étaient prononcées en langue arabe ; mais pour ne point allonger cet ouvrage, nous en donnons en persan le sens général afin d’éviter les répétitions. C’est pour obtenir les bénédictions de Dieu que nous terminons notre Livre en parlant de cet imâm. (Tadhkiratu’l Awliya, éd., R. A. Nicholson, London, 1905-7, II, p. 339.)

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