Philosophia Perennis

Accueil > Soufisme > Abou-Nasr Sarrâdj.

Abou-Nasr Sarrâdj.

mardi 9 décembre 2008

Ce savant initié, ce docteur qui craignait Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
, cet intendant de la légion des grands mystiques ce sceau de l’anneau des grands derviches, le cheikh de son époque, Abou Nasr Sarrâdj (qu’Allah le maintienne en sa miséricorde piété
piedade
piedad
piety
pietas
eleison
miséricorde
misericórdia
mercy
 !) fut un véritable guide religieux, un homme Mensch
homme
être humain
ser humano
human being
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
absolument incomparable, clairvoyant. On l’appelait : le paon des derviches. Ses qualités dignes d’éloges sont telles que la plume et l’éloquence ne peuvent les concevoir et que nulle expression ne les embrasse. Il possédait une parfaite connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
des diverses sciences science
epistêmê
episteme
sciences
ciência
ciências
ciencia
ciencias
, une haute place Ort
lieu
lugar
location
locus
place
par ses mortifications et ses exercices spirituels ; par ses extases, ses discours et ses commentaires des propos qu’ont tenus les cheikhs, il était merveilleux. C’est lui qui écrivit le Livre de la splendeur ; qu’on le lise si l’on veut ; ce faisant, on le connaîtra mieux. J’ajouterai quelques mots. Il avait connu Sari (Saqati), Sahl (ben Abdallah Tostari) et nombre Zahl
nombre
número
number
nombres
números
numbers
de grands cheikhs. Né à Tous, il se trouvait à Bagdad au mois de ramadan ; on lui concéda un oratoire à la mosquée et la direction spirituelle des derviches lui fut confiée : à la fête, il présida aux prières de tous ses frères et, au cours des génuflexions qui suivirent la prière vespérale du ramadan, il accomplit cinq psalmodies complètes du Coran Coran
Corão
Alcorão
Koran
 ; chaque nuit, un serviteur déposait un pain devant la porte de son oratoire et cela jusqu’à la fête qui clot le Ramadan ; le serviteur constata que les pains n’avaient pas été touchés. On raconte que durant une nuit d’hiver, toute une compagnie siégeait pour discuter de la doctrine mystique mysticisme
misticismo
mysticism
μυστικός
mystikos
místico
místicos
mystic
mystique
 ; il y avait du feu Feuer
fogo
feu
fire
pyr
dans le brasier ; le cheikh, tombant en extase et se prosternant, appliqua sa face sur le feu ; ce que voyant ses disciples s’enfuirent tous, effrayés ; le lendemain ils revinrent, se disant que le cheikh était consumé ; ils le virent assis dans la niche de l’oratoire, le visage frais comme lune, et ils s’écrièrent : « Cheikh ! qu’est cela ? nous savons bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
que votre visage a été tout brûlé. » Il répondit : « C’est vrai ! mais le visage de celui qui s’est humilié devant le seuil divin divin
divinité
divino
divindade
divindad
divine
divinity
ne peut être brûlé. » Il a dit d’autre part : « L’amour amour
eros
éros
amor
love
divin est un feu qui brûle en notre sein Sein
Seyn
l’être
estre
o ser
seer
the being
be-ing
el ser
esse
 ; le cœur coeur
kardia
cœur
coração
coración
heart
de ceux qui aiment Dieu en est embrasé ; tout ce qui existe en dehors de Dieu, ce feu le consume et le réduit en cendres. » J’ai entendu encore cette parole rapportée par Ibn Sâlim : « La formule d’intention qui précède la prière se dirige vers Dieu, vient de lui, est formulée par amour pour lui. Si un accident se produit au cours de la prière, il vient de l’intention (qui était mauvaise) ; mais si même il se produit plusieurs accidents, on ne peut établir un rapport Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
entre eux et une intention qui est offerte et dirigée vers Dieu. » Il a dit encore : « Quant à la règle de conduite, les hommes se partagent en trois trinité
trois
triade
ternaire
trindade
três
tríade
ternário
trinity
three
triad
catégories Kategorien
catégories
categorias
categorías
categories
kategoriai
 : les gens du monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
pour lesquels cette règle consiste à se montrer éloquent, à mettre en sa mémoire les diverses connaissances, les bonnes manières, les noms des souverains, les poésies arabes ; les religieux pour lesquels cette règle consiste à discipliner les membres du corps Körper
corpo
corps
soma
cuerpo
body
, à se maintenir dans les limites fixées par Dieu, à renoncer aux passions, et à se mortifier ; les mystiques pour lesquels cette règle consiste à purifier son cœur, à garder le secret divin, à respecter ses engagements envers Dieu, à ménager ses instants sans prêter grande attention aux désirs désordonnés, à bien agir action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
en cas de demande, au moment où l’on se trouve en présence Anwesenheit
présence
parousia
presença
presence
parusía
de Dieu, au lieu où l’on s’approche de lui. » L’on rapporte encore qu’il a dit : « Tout défunt dont on déposera la bière devant ma sépulture obtiendra le pardon pardon
perdão
pardón
forgiveness
pardonner
perdoar
perdonar
forgive
de ses fautes » ; conformément à cette parole, tout mort Tod
mort
morte
muerte
death
qu’on transporte au cimetière de Tous est déposé d’abord devant sa sépulture, puis emporté pour l’inhumation. (Tadhkiratu’l Awliya, éd., R. A. Nicholson, London, 1905-7, II, p. 182.)

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.