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Abou-Ali Djouzjâni.

mardi 9 décembre 2008

Cette colonne des saints, cette crème des êtres purs, cet homme agréé pour remplir les fonctions d’imâm, objet d’une vénération particulière, Abou-Ali Djouzjâni (qu’Allah l’ait en sa miséricorde !) fut l’un des plus grands cheikhs, l’un des héros de la voie mystique. Il atteignit le suprême degré de la purification intérieure et composa plusieurs ouvrages. Il fut estimé et bien connu par ses exercices spirituels, agréé et renommé pour ses paroles mémorables. C’était un disciple de Tir-midhi le docteur. Voici l’une de ses pensées : « Le séjour des créatures humaines est l’arène de l’insouciance ; ils se fondent sur l’hypothèse et le soupçon, mais ils s’imaginent qu’ils agissent conformément à la vérité et que leurs paroles sont fondées sur les mystères et les révélations. » Autre pensée : « La profession de l’unité divine comporte trois éléments : crainte, espoir, amour ; l’accroissement de la crainte est représenté par l’abandon du péché, abandon causé par la perception des menaces de Dieu ; celui de l’espoir dépend des bonnes actions causées par la considération des promesses de Dieu ; celui de l’amour dépend de la multiplication des litanies causée par la contemplation des faveurs divines. Partant, celui qui craint ne cesse point de fuir (le mal), celui qui espère ne cesse point de rechercher (les bonnes actions), celui qui aime ne cesse point de se réjouir en invoquant le Bien-Aimé céleste. Il s’ensuit que Ja crainte est un feu brillant, l’espoir une lumière éclatante, l’amour la lumière par excellence. » Autre pensée : « Parmi les indices de la véritable félicité, l’on trouve ceci : le fidèle s’acquitte facilement de l’obéissance ; il ne lui est pas pénible de se conformer à la Loi par ses actes ; il aime les gens de bien, se montre conciliant à l’égard de ses frères, est capable de donner généreusement pour l’amour du prochain, de se mettre à la disposition des croyants et de bien disposer de son temps. » Autre pensée : « Il est un malheureux, celui qui fait apparaître derechef les péchés que Dieu lui avait fait oublier. » Autre pensée : « L’élu de Dieu est celui qui renonce à soi-même mais se rend durable par sa contemplation de la vérité divine, celui dont les actes sont remis au pouvoir de Dieu sans qu’il se réserve son libre-arbitre, celui qui ne s’appuie sur nul autre que Dieu. » Autre pensée : « Le parfait mystique est celui qui abandonne entièrement son cœur au divin Maître, et son corps aux créatures. » Autre pensée : « Penser que tout bien vient de Dieu, c’est connaître parfaitement Dieu ; penser que tout mal vient de la concupiscence, c’est le principe de la parfaite connaissance de l’âme. » Autre pensée : « A celui qui se montre assidu au seuil du divin Maître, que faut-il sinon que Dieu lui ouvre la porte ? A celui qui se montre patient en présence de Dieu, que faut-il en outre, sinon s’unir à Dieu ? » Autre pensée : « Maintiens-toi dans l’obéissance à Dieu sans aspirer à obtenir le don des miracles, car c’est toi qui désires ceux-ci, tandis que Dieu ne veut que ton obéissance. » Autre pensée : « Le contentement constitue le palais dé la soumission à Dieu, la patience est la porte de ce palais, l’abandon à Dieu en forme le réduit ; la mort reste à la porte, le loisir se tient dans le palais, la quiétude dans le réduit. » Autre pensée : « L’avarice (bohrl) se compose de trois consonnes : b qui est l’initiale de malheur (bèlâ), hr qui est celle de dommage (hrosrân), l qui est celle de blâme (lawm). » (Attar, Tadhkiratu’l Awliya, éd., R. A. Nicholson, London, 1905-7, II, p. 118.)

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