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Credo des nouveaux philosophes scientifiques

lundi 8 décembre 2008

Pour l’instant contentons-nous de noter que tout ce qui n’était pas sensoriel devint irréel, tel fut le credo des nouveaux philosophes scientifiques. « Quiconque enfreignait la règle, en pratique ou en théorie, était dénoncé avec une vigueur impitoyable », dit Whitehead. Or : « Cette position des scientifiques relevait du « bluff » pur et simple, si tant est qu’ils croyaient eux-mêmes en leurs propres déclarations. » La science devint donc le scientisme, connu aussi sous le nom de positivisme ou de matérialisme scientifique, et c’est là que réside le « bluff » — celui d’une partie jouant le rôle du tout. Whitehead conclut : « De cette façon la philosophie moderne se retrouva ruinée. »

Elle fut ruinée pour avoir été nivelée, au même titre que la spiritualité avant elle. L’oeil de contemplation fut fermé, mais aussi, hélas, l’oeil de spéculation, de synthèse et de critique philosophiques propres. Whitehead est très explicite sur ce point, ainsi d’ailleurs que J. J. Van der Leeuw : « Le mépris mutuel de la philosophie et de la science est aussi nuisible que dépourvu de fondement, mais nous devons nous garder de poser à l’une une question relevant du domaine de l’autre (erreur catégorielle). Une réponse scientifique à une question philosophique sera forcément insatisfaisante et hors de propos, de même qu’une solution philosophique à un problème scientifique sera vide de sens et sans aucune valeur scientifique. Le meilleur moyen d’honorer ces deux disciplines consiste à reconnaître leurs sphères de connaissance respectives, à les coordonner pour leur plus grand bénéfice, et à ne jamais confondre leurs tâches respectives. » Ken Wilber, Les trois yeux de la connaissance


Voir en ligne : Ken Wilber, Les trois yeux de la connaissance

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