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Les trois yeux de l’âme

lundi 8 décembre 2008

Saint Bonaventure, le grand Docteur séraphique de l’Église, philosophe apprécié des mystiques occidentaux, enseignait que les hommes et les femmes possèdent au moins trois moyens d’accéder à la connaissance — « trois yeux », comme il disait (selon Hugh de Saint Victor, un autre mystique célèbre) : l’oeil de chair, par lequel nous percevons le monde extérieur de l’espace, du temps et des objets ; l’oeil de raison, par lequel nous acquérons une connaissance de la philosophie, de la logique et du mental lui-même ; et l’oeil de contemplation, par lequel nous nous élevons jusqu’à une connaissance des réalités transcendantes.

Saint Bonaventure ajoute que toute connaissance est une sorte d’illumination. Il y a l’illumination extérieure et inférieure (lumen exterius et lumen interius), qui éclaire l’oeil de chair et nous donne accès à la connaissance des objets tangibles. Il y a la lumen interius, qui éclaire l’oeil de raison et nous donne accès aux vérités philosophiques. Et il y a la lumen superius, la lumière de l’Etre transcendant qui éclaire l’oeil de contemplation et révèle une vérité salutaire, « une vérité qui mène à la libération ».

Selon Saint Bonaventure, nous trouvons dans le monde extérieur un vestigium ou « vestige de Dieu » — l’oeil de chair perçoit ce vestige (qui apparaît sous forme d’objets séparés dans l’espace et le temps). En nous-mêmes, dans notre psyché — en particulier dans la « triple activité de l’âme » (mémoire, raison et volonté) — nous trouvons une imago de Dieu, laquelle nous est révélée par l’oeil mental. Enfin, grâce à l’oeil de contemplation, éclairé par la lumen superius, nous accédons à l’ensemble du domaine transcendant, au-delà du sens et de la raison — à l’Ultime Divin, lui-même. Ken Wilber, Les trois yeux de la connaissance


Voir en ligne : Ken Wilber, Les trois yeux de la connaissance

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