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L’âme aimante

dimanche 7 décembre 2008

L’amour amour
eros
éros
amor
love
de Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
, par contre, est d’une libéralité sans limite Endlichkeit 
finitude
finitude
finitud
finite
limit
limite
 ; il présente et montre à l’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
tout ce qu’il est, voulant le lui donner librement. De son côté, l’âme aimante devient singulièrement dévorante et avide, et s’ouvrant toute grande, elle souhaite avoir tout ce qui lui est montré. Mais elle est créature et elle ne peut ni comprendre ni embrasser le tout de Dieu. Et c’est pourquoi elle doit tendre, aspirer de toutes ses forces et demeurer toujours altérée et affamée. Plus elle tend et s’élance avec ardeur, plus elle voit que la richesse de Dieu lui échappe ; et cela s’appelle courir vers ce qui fuit toujours. LE MIROIR DU SALUT salut Dans les religions qui constatent la rupture entre Dieu et les humains, le salut, salut de l’âme ou salut éternel est le rétablissement durable, éternel, des liens entre eux. ÉTERNEL. CHAPITRE XXIII

Voyez, il y a ainsi trois trinité
trois
triade
ternaire
L’archétype divin de tous les ternaires positifs est la trinité védantine Sat, Chit, Ananda : Dieu, à partir de son Essence surontologique, est pur "Être", pur "Esprit", pure "Félicité". Quand la trinité est horizontale, elle exprime les facultés a priori divines ; quand elle est verticale, elle exprime les tendances cosmiques. [Frithjof Schuon]
portes célestes ouvertes par Dieu à l’âme aimante et qui donnent accès à ses trésors. Et l’âme ouvre toutes ses puissances afin de donner à Dieu tout ce qu’elle est et de recevoir tout ce qu’il est lui-même ; mais ceci dépasse son pouvoir possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
. Car plus elle donne et reçoit, plus elle désire donner et recevoir elle ne peut ni se donner entièrement à Dieu, ni le recevoir pleinement ; car tout ce qu’elle reçoit, comparé à ce qui lui fait défaut, lui paraît peu de chose et comme rien rien Le mot rien désigne une absence de chose(s), sans la notion de dénombrement ou de concept mathématique qui s’attache au nombre zéro. « Il n’y a rien ici » signifie qu’aucun objet n’est présent, sans a priori sur la nature des objets qui auraient pu se trouver à l’endroit considéré. . LE LIVRE DES SEPT CLÔTURES CHAPITRE XIX

L’âme aimante comprend bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
cependant que l’honneur et la révérence envers Dieu constituent la vertu arete
excellence
vertu
vertue
virtude
virtue
virtud
la plus noble, en même temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. que le plus court chemin pour aller vers lui. Aussi préfère-t-elle à toutes bonnes œuvres et à toutes vertus un exercice constant et sans fin d’honneur et de révérence envers la majesté divine divin
divinité
divino
divindade
divindad
divine
divinity
. C’est là une vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. céleste qui plaît à Dieu ; et cette exigence de sa part, aussi bien que la réponse donnée par l’âme vivante, soulève toutes les puissances, le cœur coeur
kardia
cœur
coração
coración
heart
, le sentiment et tout ce qui vit en l’homme Mensch
homme
être humain
ser humano
homem
hombre
the man
anthropos
hommes
humanité
humanity
 ; en même temps que s’exaltent toutes les forces vitales, les veines se gonflent et le sang bouillonne sous ce désir désir
epithymia
epithymía
épithymétikon
épithymia
véhément de procurer la gloire de Dieu. LES SEPT DEGRÉS DE L’ÉCHELLE D’AMOUR SPIRITUEL CHAPITRE V

Ainsi la sublime hauteur s’est réduite à l’abaissement ; le Fils de Dieu s’est humilié et a revêtu la forme forme
eidos
eîdos
aspecto
perfil
aspect
d’esclave, afin de nous élever jusqu’à la forme de Dieu. Il s’est humilié et mis au-dessous de tous les hommes il s’est méprisé lui-même et il a voulu nous servir jusqu’à la mort mort La mort d’un être vivant est l’arrêt irréversible de ses fonctions vitales : assimilation de nutriments, respiration, fonctionnement du système nerveux central. On la distingue d’un arrêt temporaire (hibernation, congélation). Elle est suivie de la décomposition de l’organisme mort sous l’action de bactéries ou de nécrophages. . C’est pourquoi, si vous voulez lui ressembler et le suivre là où on chante le cantique de l’humilité humilité
tapeinophrosyne
humble
humiliation
Selon Jean-Claude Larchet (Thérapeutique des maladies spirituelles), consiste pour l’homme à reconnaître ses limites, sa faiblesse, son impuissance, son ignorance, et aussi à s’abaisser volontairement, "à se regarder comme un néant malgré la grandeur et le nombre de ses mérites" (St. Jean Chrysostome).
sincère, vous devez vous renier et mépriser vous-même, aimer et désirer le mépris, le dédain et l’oubli de tous les autres hommes ; car l’humilité reste insensible à ce qui flatte ou à ce qui est pénible, à l’honneur ou à la honte et à tout ce qui n’est pas elle. C’est le don le plus élevé et le joyau le plus beau beleza
belo
beauté
beau
beauty
belleza
que Dieu puisse donner à l’âme aimante, en dehors de lui-même. Elle est la plénitude de toute grâce et de tous les dons. Qui habite en elle lui est uni et il a trouvé la paix paix
paz
peace
sans fin. LES SEPT DEGRÉS DE L’ÉCHELLE D’AMOUR SPIRITUEL CHAPITRE XII

L’Esprit esprit
pneuma
espírito
spirit
mente
mind
de Dieu est la libéralité sans mesure ; il est clarté et feu Feuer
fogo
feu
fire
pyr
qui embrase, faisant brûler et luire les sept dons, au sommet de l’âme, comme les sept lampes qui brillent devant le trône de la souveraine Majesté. Lui, l’amour divin, le clair soleil éternel, il émet ces sept rayons, tout brillants de clarté, qui échauffent, éclairent et fécondent le royaume de l’âme, semblables à sept planètes situées en son sommet comme dans le firmament, afin de régler et d’ordonner le royaume dans l’amour divin. L’âme aimante, c’est Samson dans sa force. Sa tête, c’est la volont voluntas Notre volonté n’est pleinement humaine que par sa participation opérative aux vérités concernant Dieu et nos fins dernières. [Frithjof Schuon] é libre, et les dons du Saint-Esprit Esprit-Saint
Saint-Esprit
Espírito Santo
Holy Ghost
Holy Spirit
Le Saint-Esprit représente, comme la Vierge, le mystère du divin Amour. [Frithjof Schuon]
sont comme les sept boucles de cheveux qui en font l’ornement. Ils la remplissent de grâce, de force et de sagesse sophia
sagesse
sabedoria
wisdom
sabedoría
σοφία
contre tout vice vice
vices
kakíai
Le vice désigne d’une manière générale et non morale ce qui est défectueux, le défaut. En morale, c’est un penchant devenu habitude que la morale religieuse ou sociale réprouve (en matière sexuelle mais pas seulement), ou un défaut excessif. Wikipédia
, et c’est pour cela que l’ennemi veut les retrancher . LE LIVRE DU ROYAUME DES AMANTS DE DIEU CHAPITRE VI

qui tout brûle dans l’âme aimante. LE LIVRE DES DOUZE BÉGUINES CHAPITRE XLIV

Ici commence le deuxième mode des exercices d’amour. L’Esprit de Dieu y dit à l’âme aimante : « Donne-moi, moi je te donne. » Alors l’âme tombe dans un tout humble abaissement d’elle-même au-dessous de tout ce qui est créé et elle dit : « Seigneur, non pas ma gloire, mais votre gloire doit être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
procurée. » Cet humble abaissement c’est l’habitation de Dieu avec tous ses dons. Et il montre à l’âme aimante sa grandeur grandeur
grandeza
greatness
éternelle au-dessus de tous les dons et de tout ce qui est créé. LE LIVRE DES DOUZE BÉGUINES CHAPITRE LXXVII

Oh que parfaite est l’obéissance ! que noble est la volonté ! que vraie est la charité ! Celle-ci en effet partant l’un L'Un
hen
hén
L’Un, en philosophie ou en mystique, désigne le Principe suprême, souvent donné comme impensable et ineffable. Historiquement, cette notion prend tout son essor, en philosophie, à partir du néoplatonisme de Plotin au milieu du IIIe siècle. Grammaticalement, le mot « un » est ici employé comme substantif et avec majuscule (comme « Dieu » ou « Être »). Le mot s’oppose principalement à Multiple (dès Platon) et entre dans la liste des transcendantaux (avec Être, Bien, Vrai, Beau... qui sont au-delà des catégories et peuvent se convertir : Un = Bien = Beau). C’est l’Un-Dieu, l’Un-principe, mesure suprême.
cœur pur et d’une foi
foi
faith
pistis
sincère sait bannir toute crainte, crainte servile s’entend, et non crainte filiale. Quoi de surprenant ? Car l’amour est fort comme la mort plus il aime et plus il porte. La charité parfaite sait supporter tout en égalité d’âme ; elle ne craint pas de perdre l’agréable, ni ne redoute l’incommode, à moins que sa ferveur n’en puisse être diminuée ou éteinte. Ce qui ne peut certainement jamais arriver, si l’on poursuit en aimant ce que l’on sait plaire au bien-aimé. Bien plutôt l’amour trouve sa seule nourriture en cela que l’âme aimante se conforme au vouloir de son bien-aimé. Mais au contraire plus une créature raisonnable se laisse attirer par la satisfaction de son propre goût, plus aussi elle s’éloigne misérablement de l’amour éternel. Et cela parce que les détracteurs du vrai amour ne l’ont pas encore appris par expérience expérience
aisthesis
perception
aísthesis
sensation
experiência
sensação
percepção
impressão
impression
impresión
percepción
sensación
, ils condamnent par ignorance ignorance
ignorância
ignorancia
ce qu’ils ne savent goûter. Car par attachement leur propre avantage ils éloignent d’eux-mêmes cet amour ardent et ainsi ils acquièrent d’autant moins de perfection perfection
perfeição
perfección
, qu’ils s’attachent d’une façon moins parfaite au bien éternel et immuable, imprégnés qu’ils sont de leur propre volonté. Et ce désordre, bien qu’il leur semble agréable et commode, serait comme un châtiment pour le vrai amour. SUR LA VIE ET LES MIRACLES DU FRÈRE JEAN RUYSBROECK LE DÉVOT ET PREMIER PRIEUR DE GROENENDAEL CHAPITRE XI

Cette lumière lumière La lumière semble avoir fait l’objet d’une interprétation symbolique dès que les hommes se sont mis à croire dans un au-delà. Depuis la possible déification du feu, devenu élément vital pour l’Homme préhistorique, puis l’un des quatre éléments de la philosophie de la Grèce antique, jusqu’à la théologie chrétienne de Dieu comme "lumière des lumières", l’illumination étant présente dans de nombreuses religions, on n’a eu de cesse que de lui accorder des origines et vertus surnaturelles. est le premier élément requis pour que l’on puisse voir surnaturellement, et de là naît le second élément, qui vient de l’âme. C’est en un instant, le libre retour de la volonté, qui alors donne naissance à la charité, le lien d’amour entre Dieu et l’âme. Ces deux éléments tiennent tellement l’un à l’autre qu’ils ne peuvent s’achever séparément. Lorsque Dieu et l’âme s’unissent dans l’unité l'unité "Il faut élever cette fine pointe de l’âme, selon laquelle nous sommes unité. Nous participons au Premier, duquel dérive pour toutes choses l’unification, selon l’unité et pour ainsi dire la fleur de notre essence, grâce à laquelle nous nous attachons principalement au Divin. Partout, en effet, ’c’est par le semblable qu’est appréhendé le semblable’, les principes les plus élevés d’unification des êtres par ce qu’il y a d’un dans l’âme. De toutes nos activités, c’est ici la plus haute : par elle nous devenons possédés de Dieu." (Proclus) d’amour, il y a Dieu qui, au-dessus du temps, répand sa lumière, et l’âme, qui, en un court moment, sous l’impulsion de la grâce, donne son libre retour : et du même coup, en cette âme naît la charité, à la fois de Dieu et de l’âme elle-même ; car la charité est un lien d’amour entre Dieu et l’âme aimante. L’ORNEMENT DES NOCES SPIRITUELLES - Livre I - La vie active : PROLOGUE

Ainsi se créent une aptitude et une capacité à recevoir le don de vie intérieure affective. Lorsque le vase est prêt, on y verse la liqueur précieuse, et il n’est pas de vase plus noble que l’âme aimante, ni de liqueur plus précieuse que la grâce de Dieu. Voici donc une âme qui voue à Dieu tous ses actes et toute sa vie, avec intention simple et toute droite droite
direita
right
, et qui, au-dessus de toute intention, au-dessus de soi-même Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
et de toutes choses, prend son repos repos
repouso
stillness
quietud
quietness
en cette haute unité, où Dieu et l’esprit aimant sont unis sans intermédiaire. L’ORNEMENT DES NOCES SPIRITUELLES - Livre II - LA VIE INTÉRIEURE CHAPITRE II Jan van Ruysbroeck


Voir en ligne : Christologie

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