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L’âme aimante

dimanche 7 décembre 2008

L’amour de Dieu, par contre, est d’une libéralité sans limite ; il présente et montre à l’âme tout ce qu’il est, voulant le lui donner librement. De son côté, l’âme aimante devient singulièrement dévorante et avide, et s’ouvrant toute grande, elle souhaite avoir tout ce qui lui est montré. Mais elle est créature et elle ne peut ni comprendre ni embrasser le tout de Dieu. Et c’est pourquoi elle doit tendre, aspirer de toutes ses forces et demeurer toujours altérée et affamée. Plus elle tend et s’élance avec ardeur, plus elle voit que la richesse de Dieu lui échappe ; et cela s’appelle courir vers ce qui fuit toujours. LE MIROIR DU SALUT ÉTERNEL. CHAPITRE XXIII

Voyez, il y a ainsi trois portes célestes ouvertes par Dieu à l’âme aimante et qui donnent accès à ses trésors. Et l’âme ouvre toutes ses puissances afin de donner à Dieu tout ce qu’elle est et de recevoir tout ce qu’il est lui-même ; mais ceci dépasse son pouvoir. Car plus elle donne et reçoit, plus elle désire donner et recevoir elle ne peut ni se donner entièrement à Dieu, ni le recevoir pleinement ; car tout ce qu’elle reçoit, comparé à ce qui lui fait défaut, lui paraît peu de chose et comme rien. LE LIVRE DES SEPT CLÔTURES CHAPITRE XIX

L’âme aimante comprend bien cependant que l’honneur et la révérence envers Dieu constituent la vertu la plus noble, en même temps que le plus court chemin pour aller vers lui. Aussi préfère-t-elle à toutes bonnes œuvres et à toutes vertus un exercice constant et sans fin d’honneur et de révérence envers la majesté divine. C’est là une vie céleste qui plaît à Dieu ; et cette exigence de sa part, aussi bien que la réponse donnée par l’âme vivante, soulève toutes les puissances, le cœur, le sentiment et tout ce qui vit en l’homme ; en même temps que s’exaltent toutes les forces vitales, les veines se gonflent et le sang bouillonne sous ce désir véhément de procurer la gloire de Dieu. LES SEPT DEGRÉS DE L’ÉCHELLE D’AMOUR SPIRITUEL CHAPITRE V

Ainsi la sublime hauteur s’est réduite à l’abaissement ; le Fils de Dieu s’est humilié et a revêtu la forme d’esclave, afin de nous élever jusqu’à la forme de Dieu. Il s’est humilié et mis au-dessous de tous les hommes il s’est méprisé lui-même et il a voulu nous servir jusqu’à la mort. C’est pourquoi, si vous voulez lui ressembler et le suivre là où on chante le cantique de l’humilité sincère, vous devez vous renier et mépriser vous-même, aimer et désirer le mépris, le dédain et l’oubli de tous les autres hommes ; car l’humilité reste insensible à ce qui flatte ou à ce qui est pénible, à l’honneur ou à la honte et à tout ce qui n’est pas elle. C’est le don le plus élevé et le joyau le plus beau que Dieu puisse donner à l’âme aimante, en dehors de lui-même. Elle est la plénitude de toute grâce et de tous les dons. Qui habite en elle lui est uni et il a trouvé la paix sans fin. LES SEPT DEGRÉS DE L’ÉCHELLE D’AMOUR SPIRITUEL CHAPITRE XII

L’Esprit de Dieu est la libéralité sans mesure ; il est clarté et feu qui embrase, faisant brûler et luire les sept dons, au sommet de l’âme, comme les sept lampes qui brillent devant le trône de la souveraine Majesté. Lui, l’amour divin, le clair soleil éternel, il émet ces sept rayons, tout brillants de clarté, qui échauffent, éclairent et fécondent le royaume de l’âme, semblables à sept planètes situées en son sommet comme dans le firmament, afin de régler et d’ordonner le royaume dans l’amour divin. L’âme aimante, c’est Samson dans sa force. Sa tête, c’est la volonté libre, et les dons du Saint-Esprit sont comme les sept boucles de cheveux qui en font l’ornement. Ils la remplissent de grâce, de force et de sagesse contre tout vice, et c’est pour cela que l’ennemi veut les retrancher . LE LIVRE DU ROYAUME DES AMANTS DE DIEU CHAPITRE VI

qui tout brûle dans l’âme aimante. LE LIVRE DES DOUZE BÉGUINES CHAPITRE XLIV

Ici commence le deuxième mode des exercices d’amour. L’Esprit de Dieu y dit à l’âme aimante : « Donne-moi, moi je te donne. » Alors l’âme tombe dans un tout humble abaissement d’elle-même au-dessous de tout ce qui est créé et elle dit : « Seigneur, non pas ma gloire, mais votre gloire doit être procurée. » Cet humble abaissement c’est l’habitation de Dieu avec tous ses dons. Et il montre à l’âme aimante sa grandeur éternelle au-dessus de tous les dons et de tout ce qui est créé. LE LIVRE DES DOUZE BÉGUINES CHAPITRE LXXVII

Oh que parfaite est l’obéissance ! que noble est la volonté ! que vraie est la charité ! Celle-ci en effet partant l’un cœur pur et d’une foi sincère sait bannir toute crainte, crainte servile s’entend, et non crainte filiale. Quoi de surprenant ? Car l’amour est fort comme la mort plus il aime et plus il porte. La charité parfaite sait supporter tout en égalité d’âme ; elle ne craint pas de perdre l’agréable, ni ne redoute l’incommode, à moins que sa ferveur n’en puisse être diminuée ou éteinte. Ce qui ne peut certainement jamais arriver, si l’on poursuit en aimant ce que l’on sait plaire au bien-aimé. Bien plutôt l’amour trouve sa seule nourriture en cela que l’âme aimante se conforme au vouloir de son bien-aimé. Mais au contraire plus une créature raisonnable se laisse attirer par la satisfaction de son propre goût, plus aussi elle s’éloigne misérablement de l’amour éternel. Et cela parce que les détracteurs du vrai amour ne l’ont pas encore appris par expérience, ils condamnent par ignorance ce qu’ils ne savent goûter. Car par attachement leur propre avantage ils éloignent d’eux-mêmes cet amour ardent et ainsi ils acquièrent d’autant moins de perfection, qu’ils s’attachent d’une façon moins parfaite au bien éternel et immuable, imprégnés qu’ils sont de leur propre volonté. Et ce désordre, bien qu’il leur semble agréable et commode, serait comme un châtiment pour le vrai amour. SUR LA VIE ET LES MIRACLES DU FRÈRE JEAN RUYSBROECK LE DÉVOT ET PREMIER PRIEUR DE GROENENDAEL CHAPITRE XI

Cette lumière est le premier élément requis pour que l’on puisse voir surnaturellement, et de là naît le second élément, qui vient de l’âme. C’est en un instant, le libre retour de la volonté, qui alors donne naissance à la charité, le lien d’amour entre Dieu et l’âme. Ces deux éléments tiennent tellement l’un à l’autre qu’ils ne peuvent s’achever séparément. Lorsque Dieu et l’âme s’unissent dans l’unité d’amour, il y a Dieu qui, au-dessus du temps, répand sa lumière, et l’âme, qui, en un court moment, sous l’impulsion de la grâce, donne son libre retour : et du même coup, en cette âme naît la charité, à la fois de Dieu et de l’âme elle-même ; car la charité est un lien d’amour entre Dieu et l’âme aimante. L’ORNEMENT DES NOCES SPIRITUELLES - Livre I - La vie active : PROLOGUE

Ainsi se créent une aptitude et une capacité à recevoir le don de vie intérieure affective. Lorsque le vase est prêt, on y verse la liqueur précieuse, et il n’est pas de vase plus noble que l’âme aimante, ni de liqueur plus précieuse que la grâce de Dieu. Voici donc une âme qui voue à Dieu tous ses actes et toute sa vie, avec intention simple et toute droite, et qui, au-dessus de toute intention, au-dessus de soi-même et de toutes choses, prend son repos en cette haute unité, où Dieu et l’esprit aimant sont unis sans intermédiaire. L’ORNEMENT DES NOCES SPIRITUELLES - Livre II - LA VIE INTÉRIEURE CHAPITRE II Jan van Ruysbroeck


Voir en ligne : Christologie

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