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Servitium.

samedi 29 novembre 2008

Le verbe servio, servire a aussi en latin le sens positif d’être fidèle. Mais la signification négative - être serviteur - prévaut ; c’est ce sens, de toute façon, qu’on retrouve dans servitium, qui désignait précisément l’esclavage, le servage, car dérivé de servus = esclave. Dans les temps modernes, le verbe “ servir ” s’est répandu de plus en plus en perdant cette connotation négative et avilissante, au point qu’on a pu faire du service en tant que “ service social ”, surtout parmi les peuples anglo-saxons, l’objet d’une éthique, de la seule éthique vraiment moderne. De même qu’on n’a pas compris qu’il était absurde de parler de “ travailleurs intellectuels ”, de même on a pu voir dans le souverain “ le premier serviteur de la nation ”.

Nous avons dit que les Romains ne se présentent pas du tout à nous comme un peuple d’“ oisifs ”. En ce qui concerne le point qui nous occupe, on peut dire aussi qu’ils nous offrent les exemples les plus élevés de loyalisme politique, de fidélité à l’État et aux chefs. Mais l’atmosphère est très différente. La transformation dé l’âme des mots n’est pas le produit du hasard. Que des mots comme labor, servitium, otium se soient imposés dans l’usage courant avec leur sens moderne, c’est un signe subtil, mais éloquent, d’un changement de perspective qui s’est fait à rebours de toute orientation virile, aristocratique, qualitative. (EVOLA - L’Arc et la Massue)


Voir en ligne : EVOLA - L’Arc et la Massue

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