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Qui dit tradition, dit plénitude

lundi 24 novembre 2008

Qui dit tradition, dit plénitude : si certaines religions n’ont pas de, langue sacrée, cela prouve, non qu’elle leur fait défaut, mais qu’elles n’en ont pas besoin, c’est-à-dire qu’elles compensent ce manque apparent par des éléments qui leur sont propres [1]. Le sens exprimé par la parole est indépendant du langage lui-même ; cette indépendance doit donc se manifester quelque part, même si l’aspect contraire - la connexion entre le langage et son contenu - apparaît comme une norme relative [2] : il doit y avoir des révélations qui ne fixent de la parole divine que le contenu et non le vêtement linguistique, et qui « remplacent », si l’on peut dire, la langue sacrée par d’autres supports immuables. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)


Voir en ligne : Hyper-Schuon


[1Le Bouddhisme et le Christianisme possèdent chacun plusieurs langues liturgiques, mais qui ne sont pas la « chair » même de la révélation. Du reste, si on voulait voir là un manque, on devrait s’étonner tout autant du fait que l’Islam, contrairement à ce qui a lieu dans le Christianisme et le Judaïsme, n’exige aucun rite d’adhésion ; la, circoncision n’y est pas une condition indispensable.

[2D’une façon analogue, les castes même si elles sont naturellement inhérentes à toute collectivité intégrale, ne sauraient déterminer les individus d’une manière absolue, en sorte qu’il doit, y avoir des sociétés traditionnelles qui se placent à un autre point de vue, et même au point de vue inverse, celui de l’égalité des hommes devant Dieu, et qui de ce fait ignorent les classifications sociales.

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