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Il n’y a pas de sens « accomodatice »

lundi 24 novembre 2008

Si chaque mot de l’Ecriture a un sens, - ce que la tradition atteste, - ce sens doit pouvoir être discerné, avec l’aide du Saint-Esprit, et il l’a été, en fait, par nombre d’hommes inspirés.

Il n’y a pas de sens « accomodatice » chez les commentateurs inspirés ; un sens herméneutique est toujours vrai ; si l’interprétation est fausse, il n’y a pas lieu de l’appeler « accomodatice ». [1] (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)


Voir en ligne : Hyper-Schuon


[1« Le Saint-Esprit enseigne toute vérité ; il est vrai qu’il y a un, sens littéral que l’auteur avait en vue, mais comme Dieu est l’auteur de l’Ecriture sainte, tout sens vrai est en même temps sens littéral ; car tout ce qui est vrai provient de la Vérité elle-même, est contenu en elle, dérive d’elle et est voulu par elle. » (Maître Eckhart.) D’après maître Eckhart encore, les apôtres symbolisent respectivement les douze puissances de l’âme, à savoir cinq sens internes, cinq externes, la raison et la volonté ; quand, par exemple, il est dit dans l’Ecriture que les apôtres Pierre et Jean « courent ensemble vers le tombeau » (du Christ), cela signifie que la raison et la volonté (ou la doctrine et l’amour) se pénètrent réciproquement dans l’âme spirituelle afin d’atteindre l’essence des choses. - Rappelons également ce passage de Dante : « Les Ecritures peuvent être comprises et doivent être exposées selon quatre sens (littéral, allégorique, moral, anagogique)... Le quatrième est appelé anagogique, c’est-à-dire qui surpasse le sens. C’est ce qui arrive lorsqu’on expose spirituellement une Ecriture qui, tout en étant vraie dans le sens littéral, signifie en outre les choses supérieures de la Gloire éternelle, ainsi qu’on peut le voir dans le psaume du Prophète où il est dit que lorsque le peuple d’Israël sortit d’Egypte, la Judée fut rendue sainte et libre. Bien qu’il soit manifestement vrai qu’il en fut ainsi selon la lettre, ce qui s’entend spirituellement n’est pas moins vrai, à savoir que lorsque l’âme sort du péché, elle est rendue sainte et libre dans sa puissance. » (Convivio, II, 1.) D’après Maïmonide, c’est l’obscurité même de nombreux passages scripturaux qui indique d’une manière providentielle la pluralité de sens dans l’Ecriture. « Malheur, dit le Zohar, à l’homme qui prétend que l’Ecriture ne nous apprend que de simples histoires... S’il en était ainsi, nous pourrions, nous aussi, faire une Ecriture, qui serait même supérieure à l’Ecriture sainte, étant donné que les livres profanes peuvent renfermer des idées transcendantes. » - « C’est aussi une forme de silence dit saint Basile - que l’obscurité dont se sert l’Ecriture, pour rendre difficile à saisir l’intelligence des doctrines, au profit des lecteurs. »

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