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Bouddha et Shankara

lundi 24 novembre 2008

Il y a un certain rapport complémentaire entre la réaction bouddhique et la réaction shankarienne : le Bouddhisme a réagi contre un Brahmanisme devenu quelque peu sophistique et pharisaïque, et Shankara a réagi contre, les simplifications doctrinales du Bouddhisme, simplifications non pas erronées en soi, certes, mais contraires à la métaphysique traditionnelle de l’Inde. Si la spiritualité brahmanique n’avait pas subi d’obscurcissement, l’expansion pacifique du Bouddhisme n’eût pas été possible ; de même, si la perspective bouddhique n’était pas centrée sur l’homme et ses fins dernières, Shankara n’eût pas eu à la rejeter au nom d’une doctrine centrée sur le Soi.

C’est là la grande différence le Bouddha délivre en éliminant ce qui est humain, après l’avoir défini comme souffrance ; Shankara délivre par la seule connaissance de ce qui est réel, pur Sujet, pur Soi. Mais éliminer tout ce qui est humain ne va pas sans métaphysique, et connaître le Soi ne va pas sans élimination de ; l’humain : le Bouddhisme est une thérapie spirituelle qui, comme telle, exige une métaphysique [1], tandis que l’Hindouisme est une métaphysique qui, avec la même nécessité, implique une thérapie spirituelle. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)


Voir en ligne : Hyper-Schuon


[1« Selon l’enseignement du Bouddha, il y a deux ordres de vérités : la vérité suprême, et celle des apparences. Ceux qui n’ont pas encore trouvé la différence des deux vérités n’ont pas compris le sens le plus profond de la doctrine. » (Nâgârjuna, dans le Mâdhyamikashâstra.)

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