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Clément d’Alexandrie - Le Pédagogue

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vendredi 14 mars 2008

AVANT-PROPOS.

Dans un des volumes précédents de la Bibliothèque chrétienne du XIXe siècle, nous ayons donné l’Exhortation aux Gentils de saint Clément d’Alexandrie. L’accueil que le public éclairé et pieux a fait à ce Traité nous a fait penser qu’il ne recevrait pas avec moins de faveur les deux ouvrages du même saint qui composent ce volume : le Pédagogue et Quel riche sera sauvé ?

Le Pédagogue est divisé en trois livres. Cet ouvrage, selon toute apparence, était destiné aux catéchumènes dont saint Clément dirigeait l’instruction dans l’Église d’Alexandrie. C’est pour cette raison qu’il l’intitule Pédagogue. On sait que le mot pédagogue ne se prenait pas chez les anciens dans l’acception que nous lui donnons. Le pédagogue était chargé de diriger les mœurs et dérégler la conduite des jeunes gens qui lui étaient confiés. Ces fonctions, loin d’être méprisées, étaient au contraire en grande vénération. Pedagogi non negligendi, dit Cicéron, sed quodam modo colendi. Si donc les pédagogues étaient l’objet d’une espèce de culte, saint Clément a pu sans inconvénient donner ce titre à J.-C ; car le pédagogue qu’il fait parler n’est rien moins que le Sauveur des hommes, le Verbe incarné. Sous le voile de ce nom divin, saint Clément trace des règles de conduite aux catéchumènes de l’école fondée par saint Marc, qui n’étaient pas, comme aujourd’hui, des enfants que l’on dispose à la première communion, mais des hommes faits, conquis la plupart sur le paganisme ou la philosophie. Saint Clément entre dans les détails les plus circonstanciés sur ce qui concerne la nourriture et les vêtements ; il indique même les heures du coucher et du lever, la manière de passer la nuit. En parlant du travail et du délassement, il marque les occupations qui regardent les hommes et celles qui conviennent aux femmes. Il recommande à tous la pureté, la modestie, la frugalité. Cet ouvrage n’est pas seulement précieux en ce qu’il représente ie tableau des mœurs chrétiennes au second siècle, il l’est encore par les règles de conduite qu’il nous trace à nous-mêmes après un si long temps écoulé, et pour les sentiments de piété qu’il inspire.

Le discours Quel riche sera sauvé, outre la profondeur de la doctrine, étincelle de beautés du, premier ordre pour l’éloquence de la chaire. Il finit par ce trait si connu de la vie de l’apôtre saint Jean : la conversion d’un voleur plongé dans toutes sortes de désordres.

PRÉFACE.

Les discours de saint Bernard sur le Cantique des cantiques sont peut-être les plus estimés de ses nombreux ouvrages. Tout ce que les saints Pères ont écrit pour former et corriger les mœurs et enflammer le zèle de la piété ; tout ce qu’ils ont dit pour faire haïr le vice et aimer la vertu ; tout ce qui touche enfin à la vie spirituelle, se trouve répandu dans ses discours. La solidité et la sublimité des doctrines chrétiennes, développées à l’aide de mystiques allégories, y laissent apercevoir leurs secrets d’une manière aussi haute que douce et aimable, en sorte que ces discours peuvent être considérés comme les plus chastes délices des hommes pieux.

Dans cet ouvrage, et principalement dans les dix-sept premiers discours que nous donnons au lecteur, la manière de penser et de s’exprimer de saint Bernard a de nombreux rapports avec celle de saint Clément Dans l’on et dans l’antre il s’agit de la règle delà piété et des mœurs, et tous deux y procèdent par l’allégorie. Tons deux font le même usage fréquent de la Sainte-Écriture, se plaisent par des similitudes à en dévoiler le sens caché. On ne s’étonnera donc point que nous ayons songé à les réunir dans le même volume, persuadés que nous sommes que leurs leçons se prêteront un mutuel secours pour faire entrer dans les âmes l’amour de la piété et la lumière qui conduit au salut.