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Histoire de la Philosophie - La Philosophie Byzantine

Le monachisme ascétique oriental

Basile Tatakis

mercredi 26 septembre 2007

Extrait de « Histoire de la Philosophie », Fascicule supplémentaire - La Philosophie Byzantine, de Basile Tatakis

Le monachisme sous la forme d’un ascétisme rigoureux prit, de bonne heure, un très grand développement dans l’Eglise orientale. Tel était son prestige qu’Empereurs et Patriarches devaient prendre en considération le point de vue des moines dans les grandes affaires ecclésiastiques et religieuses.

A tout ascétisme un certain mysticisme est sous-jacent. La première forme sous laquelle le mysticisme monastique se présenta en Orient fut d’une veine toute populaire, irrationnel, matérialiste même, où régnaient l’empirisme et le réalisme. Le thème fondamental sur lequel il se déroule et qui le consomme c’est la lutte âpre contre l’étreinte de la matière impure. Et, comme cet ennemi redoutable prend des formes multiples et subtiles, on doit être toujours prêt et apte à démêler dans tout acte, dans toute démarche de l’esprit et de l’âme, la part qui éventuellement vient de lui pour lui tenir tête. De là une analyse méticuleuse de différents cas, une vraie stratégie pour obtenir la victoire. Meurtrir le corps dans les exploits d’une ascèse impitoyable, tel paraît être le principal objectif, l’unique presque de la vie du moine. Si nous nous rappelons, d’autre part, que sur la terre tourmentée de l’Empire oriental les âmes ont toujours eu à se garder de la poussée constante de l’hérésie, vraie ou supposée, nous aurons les traits essentiels qui confèrent à la piété byzantine, en général, une figure mystérieuse et inquiète. Tout ceci oblige le moine à se maîtriser constamment, d’où les affinités du rythme de la pensée et du langage ascétiques avec les stoïciens et les cyniques. Il convient de noter ici, que le pessimisme, qui se dégage de la conception de l’impureté de la matière, est de source néoplatonicienne. Saint Maxime flagella ce pessimisme, comme nous allons le Voir, lui substituant un bel optimisme, qui fait penser à l’optimisme platonicien, puisqu’il cherche la justice et la sainteté dans la clarté de l’esprit et offre par là une base saine au mysticisme spéculatif.


Voir en ligne : Monachisme