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Les Idées Éthiques, Sociales et Politiques de Paracelse

Fussler : L’origine et la provenance de l’homme selon Paracelse

Jean-Pierre Fussler

mardi 9 décembre 2014

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

L’homme homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
est d’abord, pour Paracelse, un être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
naturel. Il a un corps Körper
corpo
corps
soma
cuerpo
body
qui le lie à la terre terre L’ordre "terrestre", - qu’il s’agisse de notre terre ou d’autres mondes analogues qui nous restent forcément inconnus, l’ordre "terrestre" donc est ce monde purement "naturel" que nous avons mentionné plus haut. [Frithjof Schuon] et le rend périssable. Ce corps fait de chair chair
sarx
carne
carnal
carnalidade
carnalidad
carnality
charnel
et de sang constitue la part « animale » de son être. Il a été formé par Dieu Dieu La conception exacte de Dieu varie en fonction des philosophies et des religions. Dieu désigne généralement un « être suprême » dont les qualités sont illimitées, l’individuation personnelle ou impersonnelle du principe de l’univers, c’est-à-dire sa raison « première » en tant qu’essence primordiale - Dieu est alors souvent considéré comme le démiurge ou créateur - et sa raison « dernière » en tant que finalité et sens de la vie, dans les religions monothéistes. à partir du « limbe » (« aus dem limbo »). Ce « limbe » est la matière matière
hyle
La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l’état solide, l’état liquide, l’état gazeux. La matière occupe de l’espace et possède une masse. Ainsi, en physique, tout ce qui a une masse est de la matière.
originelle, le ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
et la terre Terre
Terra
Earth
Tierra
, la terre comme matière « première » de l’homme, qui est à la base de l’existence Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
corporelle, cette dernière pouvant être désignée aussi par ce terme. Il marque donc l’origine matériellement et biologiquement déterminée de l’homme, à laquelle ce dernier ne peut échapper. Paracelse souligne toujours fortement cette détermination. Lorsqu’il écrit, notamment dans la Philosophia philosophia La philosophie première était, dans le Bas Moyen Âge (XIIe et XIIIe siècles), la métaphysique générale. Aujourd’hui, la philosophie première s’apparente plus particulièrement à l’une de ses parties : l’ontologie, c’est-à-dire la science de l’être, de l’étant. sagax, que le limon de la terre (« limus terrae », en référence à Genèse genèse
genesis
génesis
génération
Même dans l’Iliade (XIV 201, 246), où son usage est attesté pour la première fois, génesis désigne non seulement la "naissance", mais aussi la "génération", "le fait de venir à l’être". [Luc Brisson]
2, 7) est la matière de l’homme, il veut signifier la même idée . Mais l’expression désigne « simplement la matière, sans la corporéité qui est associée à l’idée de limbe ». L’homme, être vivant, renferme dans ce corps un « esprit esprit
pneuma
L’esprit est constitué par l’ensemble des facultés intellectuelles. Dans de nombreuses traditions religieuses, il s’agit d’un principe de la vie incorporelle de l’être humain. En philosophie, la notion d’esprit est au cœur des traditions dites spiritualistes. On oppose en ce sens corps et esprit (nommé plus volontiers conscience par la philosophie et âme par certaines religions. En psychologie contemporaine, le terme devient synonyme de l’ensemble des activités mentales humaines, conscientes et non-conscientes.
vital », force une qui rend possible l’accomplissement de ce que la vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. exige. La matière dont il est fait est composée des quatre quatre
quaternité
Quand la quaternité est horizontale, elle se réfère aux qualités universelles ; quand elle est verticale, elle indique les degrés de l’Univers - l’enfoncement dans la relativité. [Frihtjof Schuon]
éléments : terre, eau, air, feu feu Dans la philosophie chinoise, il fait partie des cinq éléments avec le métal, l’eau, le bois et la terre.

Chez les alchimistes en occident, il fait partie des quatre éléments inertes de base composant chaque matière avec l’eau, l’air et la terre.
, à la base desquels se trouvent trois trinité
trois
triade
ternaire
L’archétype divin de tous les ternaires positifs est la trinité védantine Sat, Chit, Ananda : Dieu, à partir de son Essence surontologique, est pur "Être", pur "Esprit", pure "Félicité". Quand la trinité est horizontale, elle exprime les facultés a priori divines ; quand elle est verticale, elle exprime les tendances cosmiques. [Frithjof Schuon]
principes : le soufre, le sel et le mercure. Chez l’homme, ils ont été transformés en chair et en sang, « l’homme est... reflet des quatre éléments » que la philosophie doit connaître connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
. Il a aussi, outre ce « corps élémentaire », un « corps sidéral » qui vient de l’astrum (ou gestirn) qui est la réalité invisible des astres, réalité spirituelle que Dieu nous a donnée à tous les nivaux : vie végétative, vie consciente. L’homme intérieur en ce sens n’est cependant pas encore l’homme éternel, car ce deuxième corps est mortel comme le premier. L’homme est donc à la fois du ciel et de la terre : « toutes les qualités du monde, l’homme les a en lui ». C’est pourquoi Paracelse aime dire — reprenant une formulation traditio diadosis Selon René Guénon, la Tradition, est par essence d’origine « supra-humaine », c’est même très exactement là sa juste définition et rien de ce qui est traditionnel ne peut être qualifié de tel sans la présence de cet élément fondamental, vital et axial, qui en détermine le caractère propre et authentique. (Jean-Marc Vivenza, DICTIONNAIRE DE RENÉ GUÉNON) nnelle — que l’homme est « microcosme » (kleine Welt, microcos-mus), fils du « macrocosme » dont il est extrait et qu’il contient ou condense en lui . Citons un texte explicitant cette idée :

« l’homme est le petit monde, semblable au grand, non pas dans sa configuration et dans sa substance substance
ousia
substances
Des points de vue philosophique ou métaphysique, la substance est la réalité permanente qui sert de substrat aux attributs changeants. La substance est ce qui existe en soi, en dessous des accidents, sans changements ; ce qui en fait un concept synonyme de l’essence. Elle s’oppose aux accidents variables, qui n’existent pas en eux-mêmes, mais seulement dans la substance et par la substance. Le terme vient du latin substare, se tenir debout ; de substantia, ce qui est dessous, le support.
matérielle, mais dans toutes les forces et dans les vertus qu’il possède. On lui donne aussi le noble nom de microcosme, pour autant qu’il contient tous les phénomènes célestes, la nature nature
physis
phusis
phúsis
Le grec phúsis dérive de la racine indo-européenne bhû-, qui a donné en sanskrit comme verbe : "devenir", "se produire", "avoir lieu" ; comme non : "terre", "sol", "lieu", "état", "condition". Peut désigner aussi bien l’origine, que le déroulement et le résultat de tout processus. (Luc Brisson)
terrestre, les propriétés aquatiques et les caractères aériens. Il contient la nature de tous les fruits de la terre, de tous les minerais de l’eau l’eau
água
water
, toutes les constellations et les quatre vents du monde. Il n’y a sur terre rien rien Le mot rien désigne une absence de chose(s), sans la notion de dénombrement ou de concept mathématique qui s’attache au nombre zéro. « Il n’y a rien ici » signifie qu’aucun objet n’est présent, sans a priori sur la nature des objets qui auraient pu se trouver à l’endroit considéré. dont la nature et le pouvoir possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
ne soient aussi en l’homme. Voilà la noblesse, la subtilité, la vivacité du limbe duquel Dieu a crée l’homme à son image image
eikon
eikón
Il n’y a pas de théophanie qui ne soit préfigurée dans la constitution même de l’être humain, car celui-ci est "fait à l’image de Dieu" ; l’ésotérisme entend actualiser ce que Dieu a mis de divin dans ce miroir de lui-même qu’est l’homme. (Frithjof Schuon, Résumé de métaphysique intégrale)
 ».


Voir en ligne : Paracelso