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THEOLOGIA GERMANICA

Theologia Germanica : Préambule

Jean-Jacques Anstett

dimanche 3 août 2014

Extrait de « THEOLOGIA GERMANICA »

Ici commence le Francfortois [1] & expose des choses fort élevées & fort belles sur une vie parfaite [2].

Jésus. Marie. Jean [3]

Avant-propos au sujet du Francfortois.

Ce petit livre, le Dieu tout-puissant & éternel l’a dicté [4] par l’intermédiaire d’un homme sage, perspicace, vraiment juste, son ami (v. Amis de Dieu), qui fut autrefois un chevalier teutonique, prêtre & custode dans la maison des chevaliers teutoniques à Francfort (v. Chevaliers teutoniques ; il enseigne une ample connaissance aimable de la vérité divine &, en particulier, comment & à quoi on peut discerner les vrais & bons amis de Dieu & aussi les mauvais & faux esprits libres (v. Frères du Libre Esprit qui sont si nuisibles à la Sainte Eglise [5]. Fin de l’avant-propos. Ce livre, lis-le.

Ce qu’est le parfait & ce que sont les parties, & comment on délaisse les parties quand vient le parfait.


Voir en ligne : Theologia Germanica


[1Cet incipit est destiné à distinguer le texte de la TG de celui des quatre autres manuscrits qui le précédaient dans la même liasse.

[2Cette indication résume en quelque sorte la teneur & l’intention de la TG ; elle tient lieu de titre ; c’est seulement l’édition de Luther en 1518 qui donnera à l’opuscule le titre sous lequel on le désignera communément désormais.

[3S’il est normal que le copiste commence son travail par une pieuse invocation, celle-ci n’est pas d’une formulation courante. Il va de soi que Jésus soit invoqué le premier, ne serait-ce que parce que l’imitation de la vie du Christ est la condition d’une vie parfaite. Puisque la Vierge est la patronne de l’Ordre teutonique, il va également de soi qu’elle soit invoquée. Mais, après Jésus & sa Mère, ce n’est pas Joseph qui est invoqué, mais Jean : est-ce parce que Jean, le disciple préféré, est par excellence un ami de Dieu ? est-ce parce que la vénération de Joseph est peu répandue au Moyen Age, Grégoire XVI ne devant en étendre la fête à toute l’Eglise qu’en 1621 ?

[4Il ne s’agit pas d’une prétention à quelque inspiration littérale, mais de l’affirmation que le Francfortois ne fera rien entendre qui ne soit la parole & la volonté de Dieu.

[5Cette mention & cette qualification de l’Eglise figurent également dans le texte publié par Luther & elles sont reprises chapitre 25. Elles ne sont évidemment pas des garanties d’orthodoxie pour les idées développées : le texte de Luther fut inscrit à l’index à Louvain en 1546, à Rome en 1621.