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Le Royaume Inconnu

Wion : URBAIN II LE PERE DES CROISADES

Frida Wion

samedi 2 août 2014

Extrait de « Le Royaume Inconnu ».

Nécessité de revenir sur l’histoire des Croisades pour expliquer l’apparition du Prêtre-Jean. - un orateur qui surgit fort a propos. - L’empereur de Byzance et les croisés.

Il n’est plus question de l’An Mille lorsque Urbain II monte sur le trône pontifical. Ce premier inventeur des expéditions extra-territoriales était d’origine française et avait vécu à l’école de Reims une éducation raffinée. Aristocrate adroit et plein d’élan, irréductible dans la poursuite de ses grands buts, il se montrait peu difficile sur le choix des moyens pour y parvenir, quant au reste, il savait avoir des égards, s’adapter aux situations avec souplesse, et arriver ainsi à la réalisation de ses plans, petit à petit, en combinant la perspicacité et l’obstination. Pour nous, il reste le Pape qui inventa les Croisades et s’adressa principalement aux Français pour les réaliser. La nation française en donnant le départ se mit en quelque sorte à la tête des plus grands événements du Moyen-Age, la gloire de la première expédition lui appartient tout entière, et la royauté, sans y prendre une part directe, put en tirer un grand avantage.

Il nous est facile maintenant de juger ainsi car nous avons le recul du temps. Ce que chaque génération connaît le moins, c’est l’esprit et le caractère des événements auxquels elle a pris part ; ainsi, l’Histoire, pour apprécier les temps écoulés et ce qu’ils ont laissé après eux, peut rarement invoquer leur jugement et s’aider de leur lumière.

Si donc, nous voulons savoir qui pouvait être le Prêtre-Jean, nous sommes obligés, non pas de revoir toute l’histoire des Croisades, mais de nous y reporter puisque les dates nous y obligent.

Revenons donc à Urbain II. Avant de monter sur le trône de Saint-Pierre en 1088, il avait passé une assez longue partie de sa jeunesse en Sicile. Ce pays que les historiens et les poètes de l’ancienne Rome nous présentaient comme un séjour de repos et de paix, comme le rendez-vous des plaisirs, comme la retraite fortunée des Muses latines, avait été dans le Moyen-Age le théâtre de toutes les calamités de la guerre et de tous les excès de la barbarie, au 10" et au 11e siècle ces belles contrées avaient été la proie de la domination des Grecs, des Arabes et des Francs.

Il avait gardé de ce séjour un enseignement très profitable, il avait eu des contacts directs avec les négociants, les envoyés plus ou moins officiels, les aventuriers, venant et allant au Levant. De ces relations plus ou moins bizarres il avait tiré des renseignements assez exacts sur ce qui se passait parmi les grandes puissances de ce temps.

Devenu Chef de la Chrétienté, il jugea que l’autorité romaine était de nouveau assurée dans le bassin occidental de la Méditerranée et que rien ne l’empêchait plus de l’étendre vers l’est malgré le schisme de 1054 qui avait séparé l’Eglise orientale de l’Eglise romaine.

Mais pour asseoir l’autorité du monde romain il ne pouvait le faire que par la conquête, et une conquête veut un but et des hommes. Il lui fallait donc avant tout s’assurer d’assez de troupes. Les guerriers qu’il pouvait enrôler facilement étaient des mercenaires qui s’éparpillaient un peu partout dans le monde suivant les demandes des capitaines, mais surtout en Espagne toujours en guerre contre les Maures. Il ne pouvait guère compter sur les Italiens qui considéraient la Papauté sans beaucoup d’égard et ne concevaient de nouvelles conquêtes que dans un but commercial et faites par les autres ; leurs flottes étaient prêtes à tous les trafics, et ils n’entendaient bien la louer qu’avec l’espoir de fructueux bénéfices.


Voir en ligne : Prêtre-Jean