Philosophia Perennis

Accueil > Tradition chrétienne > Robin : ÂNON ET ÂNESSE

SETH, LE DIEU MAUDIT

Robin : ÂNON ET ÂNESSE

Jean Robin

samedi 2 août 2014

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

Dans un domaine plus anecdotique, la Bible nous présente l’âne comme la monture des princes : « Bénissez le Seigneur, vous qui montez des ânesses blanches et luisantes », chantait Déborah aux puissants d’Israël (Livre des Juges, V, 10). Jaïr de Galaad, juge d’Israël, eut 40 fils et 30 petits-fils qui montaient 70 beaux ânons (ibid, XII, 13-14). C’est en allant à la recherche des ânesses du troupeau de Cis, son père, que Saül apprit de Samuel qu’il régnerait sur Israël (Livre de Samuel, IX et X). Zacharie annonce le Messie, Dominateur du Monde et guidant les armées du Ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
, en ces termes enthousiastes : « Tressaille de joie, exulte d’allégresse, ô fille de Sion, car voici que ton roi vient à toi. (...) Il arrive monté sur un ânon, sur le poulain d’une ânesse. » (Prophétie prophétie Annonce d’événements futurs par voyance, pressentiment ou conjecture IX, 9.) Toutefois, à une époque tardive, le sens de la traditio diadosis Selon René Guénon, la Tradition, est par essence d’origine « supra-humaine », c’est même très exactement là sa juste définition et rien de ce qui est traditionnel ne peut être qualifié de tel sans la présence de cet élément fondamental, vital et axial, qui en détermine le caractère propre et authentique. (Jean-Marc Vivenza, DICTIONNAIRE DE RENÉ GUÉNON) n s’estompe pour le grand nombre et la symbol symbolon
symbolisme
symboles
symbole
Étymologie grecque : sym-balleîn = « jeter ensemble ». Correspondance naturelle de signifiant à signifié, chez les ésotéristes. (Pierre Riffard)
ique séthienne (comme nous l’avons vu à propos du coq) semble relever essentiellement de l’ésotérisme esoterismo
ésotérisme
esoterism
esotérique
esotérico
Doctrine et pratique faisant passer à une gnose vécue, où se trouvent réunifiées l’intelligence du coeur et de la tête, du coeur et de l’esprit.. Fondé sur la « tradition primordiale », notion que nous retrouverons dans toutes les cultures, l’ésotérisme introduit à une métaphysique qui est en même temps une éthique. (selon A. von Heuer)
, même au sein du judaïsme. Une légende gnostique en fait foi
foi
faith
pistis
Croire sincèrement, c’est croire comme si on voyait ; c’est admettre avec tout notre être ; c’est donc se détacher du multiple, du divers, de tout ce qui n’est pas l’Un ; c’est toute la voie, jusqu’à l’union. [Schuon]
. Selon Épiphane (Hérésies, XXVI, 12) qui avait trouvé ce récit dans un manuscrit gnostique intitulé Gentia Marias, alors que, selon le rite du soir, Zacharie, père de Jean le Baptiste, encensait seul dans le sanctuaire, il eut la vision soudaine d’un homme homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
à la tête d’âne. Sortant du temple pour proclamer devant la foule la véritable identité du dieu Dieu La conception exacte de Dieu varie en fonction des philosophies et des religions. Dieu désigne généralement un « être suprême » dont les qualités sont illimitées, l’individuation personnelle ou impersonnelle du principe de l’univers, c’est-à-dire sa raison « première » en tant qu’essence primordiale - Dieu est alors souvent considéré comme le démiurge ou créateur - et sa raison « dernière » en tant que finalité et sens de la vie, dans les religions monothéistes. adoré dans le Temple, il fut privé de la parole. En ayant, par la suite, récupéré l’usage, il révéla imprudemment ce qu’il savait et fut mis à mort mort La mort d’un être vivant est l’arrêt irréversible de ses fonctions vitales : assimilation de nutriments, respiration, fonctionnement du système nerveux central. On la distingue d’un arrêt temporaire (hibernation, congélation). Elle est suivie de la décomposition de l’organisme mort sous l’action de bactéries ou de nécrophages. comme blasphémateur par le peuple...

Pourtant, redisons-le encore, pour les Juifs, l’âne est à tous égards le signe de la victoire. [1] Le Scilo ou Messie correspond au Tharthak syrien, l’Ane royal, au manteau de pourpre. C’est pourquoi saint Matthieu (XXVIII, 28) en fait vêtir Jésus. Si l’on se reporte à l’ancienne prophétie de Jacob sur Juda, l’âne est l’accessoire de la victoire (Genèse genèse
genesis
génesis
génération
Même dans l’Iliade (XIV 201, 246), où son usage est attesté pour la première fois, génesis désigne non seulement la "naissance", mais aussi la "génération", "le fait de venir à l’être". [Luc Brisson]
, XLIX, 10-12) : « Le sceptre ne se départira pas de Juda ni le bâton souverain d’entre ses cuisses (allusion dépourvue d’équivoque à la possession du talisman de Seth, le phallus d’Osiris) jusqu’à ce que vienne le Scilo et que les peuples lui obéissent.

Alors il attachera son âne à la Vigne et l’ânon au meilleur cep. » Et encore : « Il lavera dans le vin son vêtement et son manteau dans le sang des raisins. » [2] Le sens cosmologique de cette prophétie apparaît si l’on sait que Juda, comme Joseph, est personnifié par la constellation ou signe du Lion [3], qui précède justement la Vierge vierge
virginité
parthenía
parthenos
Les Père l’entende dans son sens large d’"une continence parfaite", d’"un renoncement absolu à l’exercice de la sexualité". [Jean-Claude Larchet]
sur le zodiaque zodíaco
zodiaque
zodiac
. En outre, dans la constellation de la Vierge, l’étoile Epsilon n’est autre que la Vendangeuse... Quant à l’étoile Alpha de cette même constellation, c’est aussi le Crieur ; ce qui n’est pas sans évoquer Jean (Joannès) le Baptiste, le Précurseur aux cheveux roux [4], la « voix qui crie dans le désert ».

Les Romains n’ignoraient rien rien Le mot rien désigne une absence de chose(s), sans la notion de dénombrement ou de concept mathématique qui s’attache au nombre zéro. « Il n’y a rien ici » signifie qu’aucun objet n’est présent, sans a priori sur la nature des objets qui auraient pu se trouver à l’endroit considéré. de la vénération des Juifs pour l’âne. Ainsi Martial (Epig. XI, 94) fait-il prêter serment en ces termes à un poète juif : « Jure par l’âne, circoncis ! » (Jura, verpe, per ancarium). D’autres auteurs, tels Flavius Josèphe (Cont. Apionem, II, 7), Tacite (Hist. V. 3), Plutarque (Sympos. IV, 2, 10), Minutius Félix (Octa-vitts, IX) sont parfaitement au fait de cette représentation divine. Et plus intéressant encore, Tertullien (Apologet. XVI) qualifie le Dieu des chrétiens d’Onokoïtès (couchant avec l’âne). C’est à plusieurs titres en effet que, chez les chrétiens aussi, l’âne joue un grand rôle. Pour en comprendre l’aspect cosmogonique ou plus précisément « astrologique », il convient de prendre les choses d’un peu loin.


Voir en ligne : JEAN ROBIN


[1C’est au solstice d’été, sous le signe du Cancer ou des Anes, que les jours sont les plus longs.

[2Allusion au manteau écarlate que l’on retrouvera dans l’Apocalypse mais avec une signification inversée relative à la « face obscure » de Seth.

[3Haïlé Sélassié, le dernier empereur d’Éthiopie, qui disait descendre de Salomon, était appelé le « Lion de Juda ».

[4En Égypte, les « hommes typhoniens » étaient réputés avoir les cheveux roux.