Philosophia Perennis

Accueil > Tradition chrétienne > Wojtyla : La conception de la personne et de l’acte

PERSONNE ET ACTE

Wojtyla : La conception de la personne et de l’acte

Karol Wojtyla

samedi 2 août 2014

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

 Essais de restitution de la subjectivité de l’homme homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)

Si cette disparité de l’expérience expérience
aisthesis
perception
aísthesis
sensation
experiência
sensação
percepção
impressão
impression
impresión
percepción
sensación
de l’homme, sur quoi nous attirons l’attention depuis le début, fait difficulté dans l’interprétation et la conception de l’être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
humain, il faut également reconnaître qu’elle crée en ce domaine une possibilité possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
particulière et ouvre une vaste perspective. Sur la base de l’expérience totale de l’homme, la personne se révèle à nous à travers l’acte acte
puissance
energeia
dynamis
justement parce que, dans cette expérience, l’homme est donné non seulement de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. Dès lors qu’il est donné non seulement comme homme-sujet sujet
objet
La notion du « sujet », loin de n’être que psychologique, est avant tout logique et principielle et ne saurait se restreindre par conséquent à aucun ordre particulier ; la subjectivité évidente des facultés de sensation prouve déjà que le couple sujet-objet n’appartient pas au seul domaine de la psychologie. [Frithjof Schuon]
, mais aussi dans toute l’expérience de sa subjectivité — comme « Je » — s’ouvre devant nous la possibilité d’une interprétation de l’homme comme objet de notre expérience qui restitue en même temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. dans sa véritable dimension la subjectivité de l’homme. Cela est d’une signification capitale pour la conception de la personne et de l’acte que nous nous proposons d’exposer dans cette étude.

J’irais jusqu’à dire que l’expérience de l’homme, avec son clivage caractéristique — mais pour lui seul — entre l’aspect de l’intériorité et de l’extériorité, semble être à l’origine de ces clivages puissants entre les courants principaux de la pensée philosophique, le courant objectif et le courant subjectif, la philosophie de l’être et la philosophie de la conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
. Ramener cette division au seul double aspect de l’expérience humaine, à la dualité des données de cette même expérience, serait évidemment simplifier les choses à l’excès. Nous n’avons d’ailleurs pas l’intention de poursuivre en ce sens dans cette étude dont le sujet est strictement défini. Néanmoins, du point de vue de notre sujet, du point de vue de la personne et de l’acte que nous tâchons de comprendre et d’interpréter sur la base de l’expérience de l’homme (« l’homme agit »), il faut être convaincu que toute manière de porter à l’absolu Absolu
Absoluto
Absolute
Absoluteness
l’un L'Un
hen
hén
L’Un, en philosophie ou en mystique, désigne le Principe suprême, souvent donné comme impensable et ineffable. Historiquement, cette notion prend tout son essor, en philosophie, à partir du néoplatonisme de Plotin au milieu du IIIe siècle. Grammaticalement, le mot « un » est ici employé comme substantif et avec majuscule (comme « Dieu » ou « Être »). Le mot s’oppose principalement à Multiple (dès Platon) et entre dans la liste des transcendantaux (avec Être, Bien, Vrai, Beau... qui sont au-delà des catégories et peuvent se convertir : Un = Bien = Beau). C’est l’Un-Dieu, l’Un-principe, mesure suprême.
des deux aspects de l’expérience de l’homme doit céder devant le besoin de leur mutuelle relativisation. Si quelqu’un demandait pourquoi il en est ainsi, nous répondrions que cela résulte de l’essence essence
ousía
ousia
essência
essentia
esencia
essence
même de cette expérience qu’est l’expérience de l’homme. Nous comprenons l’homme grâce à la relation Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
mutuelle des deux aspects de l’expérience, et c’est en prenant appui sur elle que nous construisons, sur la base de l’expérience de l’homme (« l’homme agit »), la conception de la personne et de l’acte.


Voir en ligne : Karol Wojtyla