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René Alleau : ÉNIGMES ET SYMBOLES DU MONT SAINT-MICHEL

jeudi 10 juillet 2014

Extraits de l’introduction du livre de René Alleau : ÉNIGMES ET SYMBOLES DU MONT SAINT-MICHEL

Par la beauté de son architecture militaire et monastique, par la ferveur du culte angélique et du chevaleresque idéal qu’il évoque, le Mont-Saint-Michel est apparu, au cours des siècles, aux pèlerins et aux touristes, aux artistes et aux historiens, comme un haut lieu du christianisme mais aussi comme un chef-d’oeuvre de l’Art sacré universel, comparable aux pyramides égyptiennes par l’ampleur de ses proportions, la science et la foi de ses constructeurs.

Cependant, parmi les nombreux ouvrages consacrés à la célèbre abbaye depuis le XVIIe siècle jusqu’à notre époque, sans en excepter les remarquables travaux d’érudition récemment publiés à l’occasion du millénaire monastique, aucun n’a eu pour objet principal d’étudier le Mont-Saint-Michel en tant que monument inspiré par l’ésotérisme antique et médiéval, afin d’essayer, dans cette perspective, d’en interpréter les symboles et d’en déchiffrer les énigmes. Tel est le but du présent essai, suivi d’une étude historique sur l’Ordre de Saint-Michel par M. Charles de Cossé-Brissac.

Ce sanctuaire dont les contreforts, les arcs-boutants, les pinacles, semblent inciter l’esprit à une perpétuelle ascension, paraît destiné, en effet, à la méditation sur son enseignement symbolique autant qu’à la recherche des dates et des faits qui se rapportent à ses aspects matériels et à leurs changements. Les plus ignorants des pèlerins médiévaux, les plus humbles des « michelots » d’autrefois, dans leur quête du surnaturel manifesté miraculeusement dans le monde visible, voyaient d’un tout autre regard que celui des érudits modernes « le château de Monseigneur Saint-Michel, premier chevalier, qui, pour la querelle de Dieu, victorieusement, batailla contre l’ancien ennemi de l’humain lignage et le trébucha du ciel »...

A l’un de ses juges, Cauchon en personne, interrogeant Jeanne d’Arc sur ses apparitions et qui lui demandait insidieusement si saint Michel était nu, la « Vierge lorraine » répliqua :

- Pensez-vous que Dieu n’ait pas de quoi le vêtir ?

- Avait-il des cheveux ?

- Pourquoi les lui aurait-on coupés ?

- Et que vous a-t-il dit ?

- De vous répondre hardiment. Il me dit encore : « Prends tout en gré, n’aie pas trop grand souci de ton martyre ; tu viendras finalement au Royaume du Paradis. »

Seul l’Archange pouvait faire cette promesse. N’était-il pas, après le Christ, le « Chef admirable de l’Eglise », Ecclesiae Dei post Christum dux admirabilis (Ms. Bib. Nat. N. Acq. Lat. 424 ; collecte du texte de l’office du 29 septembre) et le « Préposé au Paradis », Michael praeposite Paradisi (Secund. Noct. ant.) ?


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