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La Bible, document chiffré

Raymond Abellio : Les Sephiroth - Introduction

Tome II : Les Sephiroth et les 5 premiers versets de la Genèse

jeudi 16 décembre 2010

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

L’ouvrage que nous présentons constitue la deuxième partie de notre étude d’ensemble sur la Bible, document chiffré. La connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
du tome I, intitulé Clefs générales, est indispensable pour la lecture de cette seconde partie. Nous nous reporterons d’ailleurs fréquemment à cette étude antérieure, que nous désignerons sous le sigle CG.

Cette fois encore, nous avons cherché davantage à vérifier et à étendre l’emploi des clefs proposées qu’à bâtir un système. Il est bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
certain cependant que la science episteme
saber
savoir
ciência
science
ciencia
numérale n’est rien rien Le mot rien désigne une absence de chose(s), sans la notion de dénombrement ou de concept mathématique qui s’attache au nombre zéro. « Il n’y a rien ici » signifie qu’aucun objet n’est présent, sans a priori sur la nature des objets qui auraient pu se trouver à l’endroit considéré. tant qu’elle n’éclaire pas une métaphysique Metaphysik
métaphysique
metafísica
metaphysics
, une ontologie et une cosmologie Kosmologie
cosmologie
cosmologia
cosmología
cosmology
cosmo
cosmos
kosmos
. Des théories comme celle de la gravitation des trois trinité
trois
triade
ternaire
L’archétype divin de tous les ternaires positifs est la trinité védantine Sat, Chit, Ananda : Dieu, à partir de son Essence surontologique, est pur "Être", pur "Esprit", pure "Félicité". Quand la trinité est horizontale, elle exprime les facultés a priori divines ; quand elle est verticale, elle exprime les tendances cosmiques. [Frithjof Schuon]
personnes divines ou celle de l’incarnation incarnation
sárkosis
Le mot vient du grec sarx, qui signifie chair, et a été inspiré par la parole de l’évangéliste Jean : "et le Verbe s’est fait chair" (Jn 1,14). La théologie conçoit l’incarnation "du fils de Dieu" en tant qu’événement fondateur de la foi. [Le Goaziou]
achevée constituent, dans ce second ouvrage, un premier essai d’exploration de ces superstructures. De même ce que nous disons sur la contiguïté et la fusion des extrêmes, l’asymétrie énantiomorphique de la Trinité et la fermeture du cycle théogonique. Mais nous présentons ces théories comme des hypothèses de travail, et pas davantage, car malgré l’importance que nous devons et voulons accorder aux simples relevés mathématiques et génétiques, toute étude de ce genre qui ne s’accompagnerait pas, à chaque étape, d’un minimum de réflexion métaphysique, même aventurée, serait d’intérêt spirituel négligeable.

Indépendamment des développements a priori qu’appelle inévitablement, au stade où nous sommes encore, un pareil travail, j’ai pris comme support trois textes traditionnels :

- d’abord des fragments de l’Idra Rabba Kadisha, extraits du Zohar Zohar Le Sefer Ha Zohar (Livre de la Splendeur), aussi appelé Zohar, est un des ouvrages majeurs de la Kabbale. Rédigé en araméen. La paternité de l’ouvrage est discutée. Originellement attribué à Rabbi Shimon Bar Yochaï, Tana du IIe siècle, une autre école de pensée, considère qu’il fut rédigé par Moïse de León entre 1270 et 1280. Il s’agit d’une exégèse ésotérique et mystique de la Torah ou Pentateuque. .

- ensuite le début du Siphra di-Tzéniutha ou Livre occulte, également extrait du Zohar.

Ces deux textes sont, le second notamment, parmi les plus anciens de la Kabbale Kabbale La Kabbale (Qabalah - קבלה en hébreu) est une tradition mystique juive, présentée comme la « Loi orale et secrète » donnée par YHWH à Moïse sur le Mont Sinaï, en même temps que la « Loi écrite et publique » (la Torah). .

- enfin les cinq premiers versets de la Genèse genèse
genesis
génesis
génération
Même dans l’Iliade (XIV 201, 246), où son usage est attesté pour la première fois, génesis désigne non seulement la "naissance", mais aussi la "génération", "le fait de venir à l’être". [Luc Brisson]
, ouvrant ainsi l’étude de la Bible proprement dite.

L’extraordinaire accumulation des indices que fournit une étude même rapide de ces textes, fera naître, je le sais, des sentiments contradictoires : d’abord un sentiment de certitude — les clefs sont bonnes, incontestablement. Ensuite une déception : Nous avons beau beleza
belo
beauté
beau
beauty
belleza
avoir trouvé certains fils conducteurs de première importance qui relient l’un L'Un
hen
hén
L’Un, en philosophie ou en mystique, désigne le Principe suprême, souvent donné comme impensable et ineffable. Historiquement, cette notion prend tout son essor, en philosophie, à partir du néoplatonisme de Plotin au milieu du IIIe siècle. Grammaticalement, le mot « un » est ici employé comme substantif et avec majuscule (comme « Dieu » ou « Être »). Le mot s’oppose principalement à Multiple (dès Platon) et entre dans la liste des transcendantaux (avec Être, Bien, Vrai, Beau... qui sont au-delà des catégories et peuvent se convertir : Un = Bien = Beau). C’est l’Un-Dieu, l’Un-principe, mesure suprême.
à l’autre, infailliblement, tous les mots du texte, les stiques des versets et les versets entre eux, notre propre rythme vital a beau se trouver engagé et se reconnaître dans ces pulsations qui font osciller et avancer le texte, il y a trop de confirmations. Nous ne sommes plus en présence d’un manque mais d’un excès d’éléments. La Bible nous offre un écheveau de faits, de rencontres, de coïncidences, de rappels, aussi touffu qu’aux premiers expérimentateurs du XVIe siècle la nature nature
physis
phusis
phúsis
Le grec phúsis dérive de la racine indo-européenne bhû-, qui a donné en sanskrit comme verbe : "devenir", "se produire", "avoir lieu" ; comme non : "terre", "sol", "lieu", "état", "condition". Peut désigner aussi bien l’origine, que le déroulement et le résultat de tout processus. (Luc Brisson)
et avancer devient impossible si l’on se contente de répertorier des nombres nombres Les nombres principiels - ou les symboles numéraux - sont soit "horizontaux", soit "verticaux", suivant qu’ils indiquent, soit une différenciation, qui se reflète à chaque niveau universel, soit une projection, qui s’enfonce dans la relativité. [Frithjof Schuon] sans les rassembler en lois. Enfin le fatras allégorique du Zohar avec ses répétitions, ses retours, son insistance, ses interpolations, ajoute si bien à cette impression expérience
aisthesis
perception
aísthesis
sensation
experiência
sensação
percepção
impressão
impression
impresión
percepción
sensación
désagréable que le besoin d’une synthèse immédiate s’impose à l’esprit esprit
pneuma
espírito
spirit
mente
mind
.

Il n’est pas sûr qu’une étude purement analytique atteigne ici son but, le contraire est même très probable. Jamais n’apparut avec plus de force cette idée que le tout commande la partie, et que la connaissance du détail n’est concevable qu’en train de s’ordonner à une connaissance d’ensemble perpétuellement reportée dans l’avenir, et prenant sur toute connaissance partielle une hypothèque jamais levée. Le microcosme a beau répéter le macrocosme, le local contenir le global, les propriétés induites et les relations qu’un être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
, fût-il un nombre, soutient avec le milieu ambiant, se ramener à des propriétés intrinsèques et des caractères inhérents à l’être lui-même, il est désormais établi qu’un haut degré de pénétration mathématique mathématique Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l’aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres, les figures, les structures et les transformations. Les mathématiques désignent aussi le domaine de recherche visant à développer ces connaissances, ainsi que la discipline qui les enseigne. dans le détail ne peut pas garantir une pleine découverte. Déjà les mathématiciens savent que la réduction des propriétés de situation aux propriétés de structure structure D’une manière générale, la façon dont les éléments participants d’un système sont organisés entre eux. Un phénomène est dit structurel (opposé à conjoncturel) s’il est inhérent au mode d"organisation d’un système, d’une société. , c’est-à-dire des propriétés extrinsèques aux propriétés intrinsèques, ne pourra jamais être achevée [1]. Si la topologie par exemple ne peut se développer qu’en donnant raison à Leibniz, c’est-à-dire en réduisant la structure d’ensemble des monades à la loi du devenir interne d’une seule d’entre elles, il n’en demeure pas moins que cette même topologie rencontre constamment des faits qui donnent raison à Kant, et par delà Kant aux platoniciens, en ce sens que certaines propriétés des corps Körper
corpo
corps
soma
cuerpo
body
ne se laissent pas décrire en termes de relations mutuelles dans une structure qui ne serait propre qu’à ces corps, mais s’inscrivent dans un système de références privilégié et universel comme celui qu’établissent dans l’espace Raum
Räumlichkeit
räumlich
espace
espacialité
espaço
espacialidade
espacial
espacio
espacialidad
space
spaciality
spatial
les distinctions fondamentales de la droite droite
direita
right
et de la gauche gauche
esquerda
izquierda
left
, du haut et du bas, etc. Ainsi la démarche de la science science
epistêmê
episteme
sciences
Le sens originel du grec : se placer au-dessus de.... Parménide a ouvert la voie à la conception grecque de l’epistêmê en distinguant le monde de l’opinion et celui de la pensée pure et de l’être. (Y. Lafrance)
reste analytique dans un cadre qui échappe à l’analyse, non pour la rebuter mais pour l’obliger à avancer encore. C’est le même problème qu’a rencontré Husserl en poussant la phénoménologie phénoménologie
fenomenologia
phenomenology
phénomène
fenômeno
phenomenon
La phénoménologie de Edmund Husserl se définit d’abord comme une science transcendantale qui veut mettre au jour les structures universelles de l’objectivité.
jusqu’à cette réduction où la contradiction éclate et où l’existence Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
sent en elle-même quelque chose de plus qu’elle-même. Restons dans le cadre de notre étude. Des problèmes comme ceux de la création Création
Criação
criação
creation
creación
ex-nihilo et de la gravitation des nombres à l’intérieur des cycles, même s’ils arrivent à prendre une formulation mathématique précise, relèvent finalement d’une conception métaphysique d’ensemble, et dont il reste même à savoir si elle est de nature discursive ou illuminative. Autre exemple : Nous avons introduit la notion d’équivalence. En tant que concept mathématique, elle n’a ici aucune rigueur. Comment pourrait-on dire, mathématiquement parlant, qu’un nombre et son retournement, par exemple, sont « équivalents » : 26 et 62, 127 et 721 ? Il ne peut s’agir action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
que d’un concept d’approche, et tout notre effort doit être d’y introduire cette rigueur encore absente. Mais même si nous y arrivons et si un tel problème met en cause causa
cause
aitia
aitía
aition
une catégorie proprement mathématique — l’élucidation de la fonction du 9 en tant que facteur de périodicité, — il ressortit d’évidence evidência
évidence
evidence
evidente
evidencia
evident
et avant tout à l’interprétation métaphysique, et même cette interprétation finira pas achopper aux limites de la conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
claire. Il ne suffit pas de noter de nouvelles catégories Kategorien
catégories
categorias
categorías
categories
kategoriai
phénoménologiques pour atteindre le cour des choses, même si cette démarche est indispensable. Précisons notre pensée : en matière matière
hyle
La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l’état solide, l’état liquide, l’état gazeux. La matière occupe de l’espace et possède une masse. Ainsi, en physique, tout ce qui a une masse est de la matière.
de science numérale sacrée, deux voies s’offrent, toutes deux analytiques, et qui ne s’excluent nullement : celle d’une recherche mathématique pure finalement indépendante du support zoharique et biblique et s’appliquant à l’étude de l’ensemble infini Unendlichkeit
unendlich
Infinito
Infini
Infinite
infinito
infini
infinite
constitué par les valeurs secrètes des nombres, à la détermination des règles générales qui commandent les structures et les changements de structures dans les groupes numéraux et les cycles, enfin à l’exploration du transfini ; — et celle d’une analyse littérale de plus en plus accrochée aux détails les plus infimes des textes, mais cherchant toujours à découvrir sous la traduction démotique ou vulgaire, et d’une façon plus ou moins hasardeuse, le prolongement ontologique et cosmologique. Que la première soit plus noble que la seconde, si celle-ci se contente d’un simple épouillage exégétique, cela va de soi Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
 : C’est la première qui est conforme au génie occidental, qui est de retrouver la Tradition diadosis
tradition
tradição
tradición
, de l’expliciter, et de lui donner sa nouvelle forme forme
idea
eidos
eîdos
idéa
En philosophie, on oppose la forme à la matière dans les cas généraux. Chez Aristote, c’est ce vers quoi tend tout changement : elle est à la fois l’acte, l’essence, la perfection, et le principe d’unité de chaque être. (Wikipédia)
à la pointe des acquis de la connaissance claire, au moyen d’un langage langage Le langage est un ensemble de signes (vocaux, gestuel, graphiques, tactiles, olfactifs, etc.) doté d’une sémantique, et le plus souvent d’une syntaxe (mais ce n’est pas systématique[1]). Plus couramment, le langage est un moyen de communication. mathématique universel, et finalement en pleine objectivité et absolue rigueur. Et ce sont d’ailleurs les mathématiciens et non pas les exégètes qui provoqueront la révolution métaphysique, personne ne peut plus en douter depuis cinquante ans. Aujourd’hui, cette convergence des deux analyses n’est pas un fait acquis, mais probable. Cependant la Bible ne serait pas un livre sacré si sa compréhension n’exigeait pas, même sur ses lisières, la mise en jeu de certaines forces particulières, de nature synthétique, qu’on est accoutumé d’appeler non seulement intuitives mais illuminatives. Il reste bien entendu qu’à l’instant parfait de la fin fin
finalité
telos
télos
Le finalisme est une option théorique qui affirme l’existence d’une cause finale de l’univers, de la nature ou de l’humanité. Elle présuppose un dessein, un but ultime, une signification, immanents ou transcendants, présents dès leur origine. Cette perspective est aussi dite téléologique.
l’illumination parfaite se confond avec la pleine conscience analytique, mais ce n’est que le fruit de la fin : une suprême réussite. D’ici là, l’homme homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
est pris dans sa propre contradiction vitale, qui est d’ailleurs le secret de son dynamisme, il est enfermé dans cette perpétuelle oscillation entre vertige et conscience où tous ses pouvoirs se dressent et où leur antagonisme même les exerce et les multiplie. Les résultats qu’une telle tension permet de dégager à un instant donné sont forcément aussi imparfaits et provisoires que l’état de l’homme lui-même à cet instant. Provisoires, révisables, plus ou moins communicables, toujours perfectibles.

Il est par conséquent indispensable que si les mathématiciens acceptent de voir dans la Bible un terrain d’exercice mathématique, ils acceptent aussi de reconnaître qu’elle est bien davantage : le support d’une expérience spirituelle. Les progrès actuels que la technique techne
tékhnê
Une technique (du grec τέχνη, art, métier savoir-faire) est une ou un ensemble de méthodes, dans les métiers manuels elle est souvent associée à un tour de main professionnel.
ne cesse de provoquer dans le maniement des nombres et notamment le perfectionnement récent des machines à calculer et à intégrer qui mettent en jeu, sans le savoir, les deux problèmes les plus occultes de l’arith-mosophie, à savoir les propriétés de périodicité inhérentes au nombre 9 et le problème des rapports du zéro et du un au sein Sein
Seyn
l’être
estre
o ser
seer
the being
be-ing
el ser
esse
de la numération binaire considérée comme numération universelle et primordiale, ces progrès sont le garant que les mathématiciens, lorsqu’ils s’y intéresseront, feront faire tout de suite un pas en avant décisif à la génétique biblique. Il devient pour nous presque certain que tout nombre, pour livrer son sens métaphysique et se situer au sein d’une structure, doit être d’abord traduit dans la numération binaire, qui rend le mieux compte des rapports du Même et de l’Autre, au sens platonicien, ou bien de l’Être et du Néant néant La notion de néant est directement et indissociablement liée à la notion d’existence. Évoquer le néant revient à révoquer l’existence et réciproquement.

Le néant est un substantif définissant, selon l’usage, soit un état soit un caractère, l’article suivant s’attache à expliquer ces deux aspects.
. Une fois cette traduction effectuée, il restera à faire marcher du même pas la génétique et l’interprétation métaphysique, qui ne peut pas, elle, se contenter de recettes techniques. Mais l’histoire de l’homme ne pose que les problèmes qu’elle peut résoudre. La métaphysique, l’ontologie et la cosmologie avanceront aussi : la fusion viendra. A lui seul le premier verset de la Genèse propose déjà entre ses sept nombres des centaines de relations. Si la capacité d’organisation des mathématiciens cybernétistes se consacrait à la mise en ordre de cet apparent chaos, nul doute que le terrain serait ensuite plus facile. Il faut souhaiter ce rapprochement, cette collaboration des disciplines, et l’on verra alors, puisque les extrêmes se touchent partout, que la superspécialisation des modernes était une étape nécessaire pour l’abolition finale de la spécialisation.

Faisons encore deux remarques :

Il m’a bien fallu, dans une matière aussi neuve, utiliser une terminologie particulière qui risque de se révéler inadéquate à un stade plus avancé de la connaissance. La juste désignation des choses ne peut jamais être antérieure à leur pleine compréhension. Pour désigner certaines gravitations ou certains cycles, je parle par exemple de « complexes énantiomorphes ». Il va de soi que ces « complexes » ne sont pas ceux dont s’occupe la topologie et auxquels se rapportent, en mathématiques, les nombres de Betti et le théorème de dualité d’Alexander. Qui peut dire cependant où se situe la frontière entre science sacrée et science profane ? Elle s’effacera un jour. Aussi, d’une façon plus générale, souhaiterai-je qu’un certain matérialisme (qui ne rend pas infirmes les seuls athées) cesse d’être l’attitude normale du savant. Le nombre synthétique de la genèse deux + Terre terre L’ordre "terrestre", - qu’il s’agisse de notre terre ou d’autres mondes analogues qui nous restent forcément inconnus, l’ordre "terrestre" donc est ce monde purement "naturel" que nous avons mentionné plus haut. [Frithjof Schuon] se trouve être le nombre 48. Voilà un fait tiré de la science numérale. En voici un second : le premier mot de la même Genèse, qui est aussi le premier mot de la Bible, le fameux Bereschith (Dans le principe Principe
arche
arkhê
princípio
Princípio
Principio
Principle
), vaut 685, qui est égal à 137 X 5. Si nous essayons de signaler (sans arrière-pensée dogmatique, bien entendu) que le nombre 48 est aussi celui des chromosomes de la cellule humaine, et que le nombre 137, constamment rencontré dans la Bible, est aussi la constante cosmique d’Eddington, un des nombres importants de la haute physique moderne, ces rapprochements ne susciteront que sourires ou hostilité. Il nous faut bien les faire quand même, à tout hasard. Ce risque doit être pris, et il est faible : il n’engage en tout cas nullement une attitude spirituelle ou scientifique particulière. A moins de se confiner dans une phénoménologie dont je ne compte pas du tout nier l’actuel caractère révolutionnaire et contester les acquis définitifs, mais qui serait alors mal mal
kakos
Le mal est la "possibilité de l’impossible", sans laquelle l’Infini ne serait pas l’Infini. (Frithjof Schuon)
comprise, il faudra reconnaître qu’on ne peut plus mener séparément métaphysique et mathématiques et qu’à chaque instant leur fusion doit être illuminative. Lautman et Cavaillès, pour ne parler que des morts, ont amorcé cette réconciliation. Reste à savoir si cette synthèse n’est pas déjà présente dans les textes sacrés, et si justement ils ne sont pas sacrés parce qu’ils la contiennent.


Il est généralement admis aujourd’hui qu’une période de restitution et de désoccultation des anciens textes est en train de s’ouvrir, en corrélation avec l’enrichissement constaté justement à l’autre pôle de la connaissance, c’est-à-dire dans les sciences profanes, et notamment en mathématiques. Le bouleversement des théories de la connaissance que provoque l’importance prise en mathématiques par la notion de structure trouve son corrélatif dans la transformation profonde de la science ou de la mystique des nombres, cette hésitation dans le vocabulaire étant d’ailleurs significative à la fois des prétentions et de l’incertitude de cette « science ».

Aujourd’hui on ne dit pas grand’chose lorsqu’on déclare que tout nombre est un idéogramme, c’est-à-dire le support symbol symbolon
symbolisme
symboles
symbole
Étymologie grecque : sym-balleîn = « jeter ensemble ». Correspondance naturelle de signifiant à signifié, chez les ésotéristes. (Pierre Riffard)
ique ou l’évocateur synthétique de plusieurs sens superposés. Un tel langage met même l’accent sur le caractère monadique du nombre, sa nature d’univers Univers L’Univers est un tissu fait de nécessité et de liberté, de rigueur mathématique et de jeu musical ; tout phénomène participe de ces deux principes. [Frithjof Schuon] clos, sa spécificité. Or, aujourd’hui, partout, le point Le point En géométrie, un point est le plus petit élément constitutif de l’espace géométrique, c’est-à-dire un lieu au sein duquel on ne peut distinguer aucun autre lieu que lui-même. de vue global dépasse en compréhension le point de vue local, ce qu’on peut exprimer en disant que la structure efface l’objet sujet
objet
La notion du « sujet », loin de n’être que psychologique, est avant tout logique et principielle et ne saurait se restreindre par conséquent à aucun ordre particulier ; la subjectivité évidente des facultés de sensation prouve déjà que le couple sujet-objet n’appartient pas au seul domaine de la psychologie. [Frithjof Schuon]
. Un nombre doit nous apparaître bien plus comme un point de rencontre, d’ouverture ou de fermeture de cycles extrinsèques que comme un noud statique ne jouissant que de propriétés inhérentes, bien qu’un monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
de purs rapports soit finalement impensable. Tel est le paradoxe de l’idée-nombre : le problème de l’unicité du nombre se pose sur le champ d’une globalité qui la nie, de même que la conscience de chaque homme se tient en pleine autonomie sur le champ indistinct de la conscience cosmique.

Rappelons ici quelques exemples fondamentaux :

Le nombre 111, en tant qu’opérateur de quantité, nous apparaît, en numération décimale, comme le total de cent-onze unités interchangeables. Au contraire, en tant que caractéristique de structure, il exprime la juxtaposition synthétique (mais insécable) de la tri-unité primordiale dans son statisme. Et ses clivages sont alors 1-1-1 et 1-11, qui sont également interprétables en termes ontologiques ou métaphysiques : le premier clivage équilibre le triangle, le deuxième le déséquilibre et re-crée un haut et un bas, ou bien une droite et une gauche.

Le peu qui nous est parvenu du fonds traditionnel n’est justement valable que dans la mesure où il se réfère à des structures. On connaît la célèbre chaîne des doubles et des triples du Timée, où Platon enferme tous les rapports cosmiques. Cette chaîne s’écrit :

1 - 2 - 3 - 4 - 9 - 8 - 27

On sait aussi que traditionnellement les diverses cosmogonies des anciens peuples révèlent leur communauté d’origine en se fondant toutes sur une série de rapports : entre le ternaire et le quaternaire, le sénaire et le septénaire, le novénaire et le dénaire, et même le rapport Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
encore plus difficilement interprétable entre l’octonaire et le novénaire. Les rapports du ternaire au quaternaire sont ceux du triangle au carré carré
quadrado
square
, de l’Esprit à la Matière, de l’invisible au visible. Les rapports du sénaire au septénaire sont ceux de la création accomplie dans le temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. et parvenue à son état ultime d’organisation et de multiplicité spécifique à la création accomplie hors du temps et rentrée dans le repos repos
repouso
stillness
quietud
quietness
divin divin
divinité
divino
divindade
divindad
divine
divinity
. Le sénaire exprime le dynamisme maximum, le paroxysme existentiel, le pour-soi. Le septénaire marque le retour au statisme intemporel, à l’indétermination essentielle au sein de l’Être absolu Absolu
Absoluto
Absolute
Absoluteness
ou du Non-Être, la disparition dans l’en-soi. Mais tandis que ces rapports se situent dans l’archétype, ceux du novénaire et du dénaire prennent place Ort
lieu
lugar
location
locus
place
dans une involution plus avancée et même terminale. Ce sont les rapports du Fils incarné et du Père, lorsque le Fils rentre dans le sein de l’Absolu. Le neuf est un facteur convertible universel entre l’existence et l’essence essence
ousía
ousia
essência
essentia
esencia
essence
et son ambivalence est fondamentale : il marque, dans le Fils, la suprême spécification, la pleine individualité, et annonce pourtant, dans sa néantisation par le dix, la plus intime participation participation Traduit métochè et désigne le pouvoir qu’on les énergies incrées de créer et de modeler les êtres. (glossaire de La Philocalie) au Soi global.

Dans le premier tome de mon travail j’ai montré comment le septénaire platonicien du Timée, qui contient six intervalles, exprime la dialectique dialectique
dialegesthai
dialegein
dialética
dialéctica
dialectic
existentielle du retour à l’essence par le jeu des rapports réciproques et involuants du pour-soi et du pour-autrui. Ainsi les structures prennent-elles entre autres un sens ontologique. Dans cette même chaîne, le bouclage final et extra-mondain du 1 initial et du 27 final exprime l’octave, principe du recommencement sur un autre plan de manifestation Offenbarkeit
manifestação
manifestation
manifestación
Bekundungsschichten
. J’ai d’ailleurs également signalé que toute jonction d’un nombre avec l’unité l'unité "Il faut élever cette fine pointe de l’âme, selon laquelle nous sommes unité. Nous participons au Premier, duquel dérive pour toutes choses l’unification, selon l’unité et pour ainsi dire la fleur de notre essence, grâce à laquelle nous nous attachons principalement au Divin. Partout, en effet, ’c’est par le semblable qu’est appréhendé le semblable’, les principes les plus élevés d’unification des êtres par ce qu’il y a d’un dans l’âme. De toutes nos activités, c’est ici la plus haute : par elle nous devenons possédés de Dieu." (Proclus) annonce une incarnation et toute séparation une émanation. Ici l’incarnation recommencée s’exprime par l’apparition du nombre 28, valeur secrète de 7. Dans l’état intermédiaire et intemporel du bouclage proprement dit 1-27, nous obtenons un complexe résumant la totalité de l’Être à la fois en-soi et pour-soi, mais c’est un être brisé dont on ne peut dire ni qu’il existe, ni qu’il n’existe pas. Il implique ce que Sartre appelle un néant d’extériorité et il n’a de sens que considéré comme mode divin inconcevable en termes phénoméniques : c’est le complexe de la théogenèse, de la gravitation intérieure de Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
, de la sortie de l’Ungrund. En utilisant des clefs guématriques nouvelles, j’ai montré que le mot hébreu bara, qui est le deuxième mot de la Genèse et signifie créa tout en étant le moteur du Bereschith, vaut également 127. A titre de nombre brut, 127 nous renseigne mal : il faut le cliver selon 1-27. Les gravitations de ce complexe, c’est-à-dire les rapports en son sein du 1 et du 27 constituent d’ailleurs la trame de tout le début de la Genèse et probablement de celle-ci dans sa totalité. Rien que dans les cinq premiers versets, des dizaines de relations apparaissent comme des variations sur ce schéma. Le mystère mystère
mysterion
mystères
Du grec musterion, fermer les yeux ou la bouche. Désigne un secret, les pratiques et les rites réservées aux initiés, un objet de difficile connaissance, et l’initiation des doctrines secrètes. (V. Siret)
de la numération décimale veut que les nombres bruts in et 127 interviennent aussi d’une façon systématique par d’autres clivages posant ainsi comme en topologie le problème de la monade ou de l’opérateur quantitatif indépendamment des structures universelles, sans d’ailleurs qu’il soit jamais possible de réduire la structure d’ensemble des monades à la loi du devenir interne d’une seule d’entre elles. Ainsi le double caractère quantitatif et qualitatif du nombre pose-t-il le problème le plus mystérieux, celui de la synthèse vivante la plus difficilement réductible en concepts.

Ce deuxième tome de notre ouvrage comprend deux parties : la première consacrée à l’étude des séphiroth de la Kabbale, la deuxième aux cinq premiers versets de la Genèse. Nous y apportons deux nouvelles clefs qui s’ajoutent ainsi aux trois déjà fournies dans le tome I. Ce sont les clefs Solve et Coagula et Ajoutez et Multipliez, modes opératoires particuliers mais d’emploi constant sur les parties affinitives des valeurs secrètes. On remarquera que la troisième clef qui concerne la transmutation des éléments (tome I, ch. iv) n’est qu’un cas particulier de solve et coagula appliqué au groupement des lettres-mères. L’importance de ces dernières nous justifie d’examiner à part le problème qu’elles posent.

Dans le présent volume, nous poursuivons l’étude des deux nombres fondamentaux de la Genèse qui sont, on le sait, 29 et 38, respectivement principe de la vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. christico-terrestre et de la vie intermédiaire (céleste ou cosmique). Mais nous y retrouvons aussi, et d’une manière qui apparaîtra de plus en plus systématique, le nombre 37, que nous avons appelé le nombre générateur, valeur des mots je suis (Ehïeh), dont le Zohar enseigne le caractère éminent. Ce nombre est l’incarnation de 1-27.

Mais une importante nouveauté de l’ouvrage réside dans l’apparition des nombres 47 ou 74 directement émanés de la valeur secrète de 38, qui est 741. Qu’est-ce que 74 ? C’est la duplication de 37, c’est-à-dire, au sein du ternaire fondamental 3 x 37 = m qui représente la Tri-unité statique la plus haute, le groupement particulier de deux personnes sur trois. Nous verrons que ce groupement joue un rôle considérable dans des domaines apparemment fort divers et bien que nous soyons encore sur la lisière d’une immense terre Terre
Terra
Earth
Tierra
inconnue, nous n’hésiterons pas à proposer un embryon de système. Tout se passe comme si les deux personnes « inférieures » de la Trinité, ën se séparant de la première demeurée statique, se mettaient à graviter ensemble, et c’est cette gravitation qui crée la manifestation. Il nous semble dès maintenant acquis que le passage de la génétique à la symbolique des nombres ne pourra s’effectuer que par le moyen de cette théorie des trois personnes, qui est basée sur l’étude du complexe triangulaire 37 x 3. Nous retrouverons partout les nombres 74 et 47. C’est le complexe 37 x 2 qui anime la Schékinah, Présence réelle de Dieu dans les mondes inférieurs, ainsi que Malcouth, dernière séphirah, qui est le symbole symbolon
symbolisme
symboles
symbole
Étymologie grecque : sym-balleîn = « jeter ensemble ». Correspondance naturelle de signifiant à signifié, chez les ésotéristes. (Pierre Riffard)
de la Mère d’en bas, de la Vierge vierge
virginité
parthenía
parthenos
Les Père l’entende dans son sens large d’"une continence parfaite", d’"un renoncement absolu à l’exercice de la sexualité". [Jean-Claude Larchet]
-Fiancée ou de l’Épouse du Cantique, la Vierge noire des diverses traditions. Les nombres bruts de la Schékinah et de Malcouth nous renseignent peu sur la nature profonde de ces entités. Mais l’un comme l’autre sont animés par 37 x 2 et facilement réductibles à ce couple. Ainsi se vérifie l’enseignement du Zohar qui voit dans Malcouth la figure de la Schékinah d’en bas. Mais c’est ce même couple qui, directement, est présent dans le tohu va-bohu, l’Abîme et la Nuit des premiers versets de la Bible. Il apparaît ainsi, non seulement pour caractériser le pôle inférieur de la manifestation mais la dualité qui habite ce pôle et lui confère son caractère dynamique, écartèle la matière dans son ambivalence, et finalement s’associe dans le sens perpendiculaire à l’axe polaire Haut-Bas, pour crucifier l’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
universelle sur le corps du monde. Cependant l’axe Haut-Bas est aussi l’axe Dieu-Homme. Une des plus solides confirmations métaphysiques de notre symbolisme cosmologique est apporté alors par le calcul du nombre d’Ha-Adam, l’homme universel, qui se trouve lui aussi égal à 47, retournement du nombre 74. Ainsi l’homme prend son sens ambigu, à la fois dans cette parenté glorieuse avec la Schékinah et cette compromettante connaturalité avec la Nuit. Mais le Jour qui vaut 57 sort de la Nuit justement par une incarnation qui fait passer 74 à l’état de 75 et un renversement épigénétique qui porte l’homme de l’état de 47 (Mem final = 30) à l’état de 57 (Mem final — 40). Ainsi les temps sont-ils accomplis. A l’origine comme à la fin nous trouvons indistinctement le nombre 57 qui est la valeur de Ain (Néant) premier mot de l’Ain-Soph, mais aussi celle de Ani (Moi), affirmation de l’individu réunifié.

Il restera à savoir comment au sein du nombre 38, principe de la vie céleste ou cosmique et valeur du mot haïa. (être vivant) s’opèrent ces gravitations. Nous savons que vs 38 = 741. L’unité qui prépare l’incarnation finale au sein de 74 est donc déjà présente de façon immanent immanence La perspective d’immanence part elle aussi de l’axiome que Dieu seul possède et les qualités et la réalité ; mais sa conclusion est positive et participative, c’est-à-dire qu’on dira que la beauté d’une créature - étant de la beauté et non son contraire - est nécessairement celle de Dieu, puisqu’il n’y en a pas d’autre ; et de même pour toutes les autres qualités, sans oublier, à leur base, le miracle de l’existence. La perspective d’immanence n’anéantit pas - comme celle de transcendance - les qualités créaturielles, au contraire elle les divinise, si l’on peut s’exprimer ainsi. [Frithjof Schuon] e dans le sein de 38. Cependant nous savons aussi qu’il est équivalent de poser 74 = 37 x 2 et de poser 38 (CG, page 201). Ainsi, par le paradoxe de l’immanence immanence La perspective d’immanence part elle aussi de l’axiome que Dieu seul possède et les qualités et la réalité ; mais sa conclusion est positive et participative, c’est-à-dire qu’on dira que la beauté d’une créature - étant de la beauté et non son contraire - est nécessairement celle de Dieu, puisqu’il n’y en a pas d’autre ; et de même pour toutes les autres qualités, sans oublier, à leur base, le miracle de l’existence. La perspective d’immanence n’anéantit pas - comme celle de transcendance - les qualités créaturielles, au contraire elle les divinise, si l’on peut s’exprimer ainsi. [Frithjof Schuon] -transcendan transcendance Sous le rapport de la transcendance, Dieu seul est le Bien ; lui seul possède, par exemple, la qualité de beauté ; au regard de la Beauté divine, la beauté d’une créature n’est rien, comme l’existence elle-même n’est rien à côté de l’Etre divin ; c’est là la perspective de transcendance. [Frithjof Schuon] ce, cette unité complémentaire qu’appellent le nombre de la Nuit et le nombre de l’Homme est-elle depuis toujours présente en eux tout en leur étant étrangère. Il restera à savoir comment s’opère Cette gravitation 47 <> 1 et comment le nombre synthétique 48 en rend compte, ainsi que de gravitations plus complexes. Peut-être le rapprochement avec la formule chromosomique de l’homme et ses différents jeux internes lors des générations de mâles et de femelles apparaîtra-t-elle alors comme beaucoup moins arbitraire, et on s’apercevra que les clivages-clefs de 48 selon la science numérale sont aussi les clivages-clefs dans la répartition des chromosomes ordinaires et des chromosomes sexuels.

Septembre 1949.

Cet ouvrage était terminé lorsque nous avons pu prendre connaissance du livre posthume de P. D. Ouspensky, Fragments d’un enseignement inconnu (Stock, Paris 1950), qui résume l’enseignement du maître caucasien G. Gurdjieff récemment décédé à Paris. G. Gurdjieff n’a pas révélé les sources de sa connaissance, et, dans le travail d’Ouspensky, il n’est pas question d’exégèse biblique. Toutefois, l’application de ce qu’ils appellent la loi des Trois Forces (active, passive et neutralisante) sur la chaîne d’involution dont la Terre fait partie, et qui comprend successivement l’Absolu, Tous les mondes, Tous les soleils, le soleil, Toutes les planètes, la terre et la lune (c’est un septénaire calqué sur l’algorithme général) les conduit à soumettre la terre à 48 forces. Le nombre 48 apparaît ici aussi comme caractéristique d’un certain état synthétique appelé Terre (qui ne comprend pas seulement la vie physique de la terre mais sa vie organique). On étudiera cette concordance et on la situera dans le cadre du septénaire platonicien et de la loi d’octave où s’inscrit toute l’involution.


Voir en ligne : Sophia Perennis


[1A. Lautman : Essai sur les Notions de structure et d’existence en mathématiques. Ch. II (Hermann éd., 1938).