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Le Ministère de l’Homme-Esprit

Saint-Martin : Extraits sur l’âme

Louis-Claude de Saint-Martin

vendredi 16 octobre 2009

Âme humaine, tu avais oublié cette loi supérieure, lorsque, dans ton état de splendeur, tu te laissas égarer par un faux attrait ; mais cette loi inextinguible t’a poursuivie jusque dans ton abîme terrestre, parce que le principe des choses ne peut rien produire sans imprimer partout les éloquents caractères de sa langue divine. Le Ministère… : De l’Homme.

Âme humaine, ne perds pas un instant pour ranimer en toi toutes ces mesures, si tu les as laissé s’altérer. Fais que toutes ces puissances, chacune dans sa classe, procèdent toujours en avant de soi, sans regarder ni à droite, ni à gauche ; car c’est là ce que l’on appelle la voie de la justice. Le Ministère… : De la Parole.

Quand ensuite de louables écrivains et d’estimables défenseurs de la vérité veulent essayer de prouver qu’il y a un Dieu, et déduire de son existence toutes les conséquences qui en résultent, ne trouvant plus cette âme humaine assez régulièrement harmonisée pour leur servir de témoignage, ils se reportent sur la nature et sur des spéculations puisées toutes dans l’ordre externe. C’est pour cela que dans nos siècles modernes, nombre d’excellents esprits ont employé toutes les ressources de la logique, et ont mis à contribution toutes les sciences extérieures, pour tâcher d’établir solidement l’existence de la Divinité ; et cependant, malgré ces nombreux témoignages, jamais l’athéisme n’a eu plus de vogue et n’a autant étendu son empire. Le Ministère… : De la Nature

Mais en travaillant à nous rendre de nouveau images de Dieu, nous obtenons l’avantage inexprimable, non seulement de faire disparaître par intervalle notre privation et notre dégradation ; mais en même temps celui d’approcher et de jouir réellement de ce que les hommes avides de gloire appellent l’immortalité ; car le désir vague de l’homme du torrent, de vivre dans l’esprit des autres, est la preuve la plus faible et la plus fausse de toutes celles que le vulgaire emploie en faveur de la dignité de l’âme humaine. Le Ministère… : De la Nature

Je n’ai plus à démontrer à l’homme son effroyable transmigration ; je l’ai dit : un seul soupir de l’âme humaine est sur ce point un témoignage plus positif et plus péremptoire que toutes les doctrines de l’ordre externe, et que tous les balbutiements, et toutes les bruyantes clameurs de la philosophie de l’apparence. Le Ministère… : De la Nature

J’ai suffisamment montré aussi dans mes écrits, que l’âme humaine était encore plus sensible que la nature qui, dans le fait, n’est que sensitive. C’est pourquoi j’ai dit que cette âme humaine, ramenée à sa sublime dignité, était le véritable témoin de l’agent suprême, et que ceux qui ne savaient prouver Dieu que par le spectacle de l’univers, n’employaient là qu’une démonstration précaire et fragile, puisque l’univers est dans la servitude, et que l’esclave n’est point admis en témoignage. Le Ministère… : De la Nature

Que dis-je, l’intelligence de l’homme ? Serait-ce même avec les plus parfaits des livres qu’elle pourrait s’ouvrir ? Elle s’est obscurcie, elle s’est assimilée à celle de l’enfance. L’enfant, comme le sauvage, ne peut rien comprendre que par des signes substantiels ou même grossiers, et que par la vue de l’objet même qu’on veut lui faire connaître. Sa pensée n’est encore que dans ses yeux. Ne cherchez pas à traiter l’intelligence de l’homme autrement que celle de l’enfant et du sauvage. Développez en lui et devant lui les puissances actives de la nature, les puissances actives de l’âme humaine, les puissances actives de la Divinité, si vous voulez qu’il connaisse Dieu, l’homme et la nature. Sa raison est morte sur tous ces objets ; vous perdrez tous vos soins, si vous vous bornez à lui en parler. Le Ministère… : De la Nature

De tous les titres qui peuvent servir à caractériser l’homme ramené à ses éléments primitifs, nous n’en trouvons point qui remplisse mieux toute l’étendue de la pensée, et qui satisfasse autant les vastes et louables désirs de l’âme humaine, que celui d’améliorateur universel. Car elle éprouve, cette âme humaine, un besoin pressant jusqu’à l’importunité de voir régner l’ordre dans toutes les classes et dans toutes les régions, pour que tous les points de l’existence des choses concourent et participent à cette souveraine harmonie qui peut faire éclater la gloire majestueuse de l’éternelle unité. Le Ministère… : De la Nature

Quel est parmi les différents privilèges de l’âme humaine, celui que nous devons chercher d’abord à mettre en valeur comme étant le plus éminent de tous, et celui sans lequel nos autres droits seraient comme nuls ? C’est celui de pouvoir retirer Dieu, pour ainsi dire, de la magique contemplation où il est, de ses intarissables merveilles, qui ont été éternellement devant lui, qui naissent éternellement de lui, qui sont lui, et desquelles il ne peut pas plus se séparer, qu’il ne peut se séparer de lui-même. Le Ministère… : De la Nature

Le but final d’un mystère en général ne peut pas être de rester entièrement inaccessible. soit à l’intelligence, soit à ce doux sentiment d’admiration pour lequel notre âme est faite, et que nous avons déjà reconnu comme étant pour notre être immatériel un aliment de première nécessité. Le Ministère… : De la Nature

Par la manière dont les hommes ont administré ces deux différents domaines, ils ont laissé dessécher ces deux sources qui nous auraient produit des fruits délectables chacune selon son genre, c’est-à-dire, que la philosophie humaine qui a traité des sciences de la nature, à force de ne marcher qu’à leur surface, nous a empêchés de les connaître, et ne nous a pas mis dans le cas de goûter même les plaisirs de l’intelligence qu’elles eussent été toujours prêtes à nous procurer ; et que les instituteurs des choses divines, à force de les rendre ténébreuses et inabordables, nous ont empêché de les sentir, et par conséquent nous ont privé de l’admiration qu’elles nous auraient infailliblement apportée, si on les eût laissé approcher de nous. Le complément de la perfection du mystère est de réunir dans une juste et harmonieuse combinaison, ce qui peut à la fois satisfaire notre intelligence et nourrir notre admiration ; c’est celui dont nous aurions joui perpétuellement si nous avions conservé notre poste primitif. Car la porte par où Dieu sort de lui-même, est la porte par où il entre dans l’âme humaine. Le Ministère… : De la Nature

La porte par où l’âme humaine sort d’elle-même, est la porte par où elle entre dans l’intelligence. Le Ministère… : De la Nature

C’est aussi le seul moyen par lequel les plans divins peuvent se remplir, puisque l’homme est né pour être le principal ministre de la Divinité ; car aujourd’hui même le corps matériel que nous portons est bien supérieur à la terre. Notre esprit animal est bien supérieur à l’esprit de l’univers par sa jonction avec notre esprit animique, qui est notre vraie âme ; et notre esprit animique est bien supérieur aux anges. Le Ministère… : De la Nature

Mais comme l’âme ou le foyer radical de l’homme est le premier et le principal siège de cette substance, c’est en lui qu’elle cherche spécialement à se développer et à se montrer. Et si l’homme concourait avec elle par son action persévérante ; s’il sentait qu’il n’est, par sa nature première, rien moins qu’un oratoire divin où la vérité voudrait pouvoir à toute heure venir offrir l’encens pur à l’éternelle source de toutes choses, il n’est pas douteux qu’il verrait bientôt cette substance de vie étendre en lui de nombreuses racines, et répandre sur lui et tout autour de lui de nombreux rameaux chargés de fleurs et de fruits. Le Ministère… : De la Nature

Mais comme cette substance ne peut opérer dans ces trois actes que pour nous donner partout une vie nouvelle, elle ne peut faire ce grand oeuvre que par une triple transmutation, et en nous donnant une nouvelle âme, un nouvel esprit et un nouveau corps. Le Ministère… : De la Nature

C’est par ces différents actes que la vie parvient à substituer à l’essence corrompue de notre âme, de notre esprit et de notre corps, une essence pure. Le Ministère… : De la Nature

Mais il peut aussi en recevoir d’autres impressions, et y faire des observations d’une autre espèce ; c’est que le silence de tous ces objets porte sur l’âme une empreinte lamentable, et qui nous montre clairement la véritable cause de ce que nous avons désigné ci-dessus par le nom de la vanité. Le Ministère… : De la Nature

Aussi sent-on réellement au milieu de ces grands objets, que la nature s’ennuie de ne pouvoir parler, et une langueur qui l’emporte sur la mélancolie, vient succéder en nous à l’admiration, quand nous ouvrons notre âme à cette pénible pensée. Le Ministère… : De la Nature

Enfin vous la voyez d’avance chanter dans toute la nature et dans l’âme des hommes de vérité, les cantiques de jubilation qui couronneront tous ses désirs et tous les travaux de la prière. Car s’il est vrai que tout chante dans la nature, il est encore plus vrai que tout y prie, puisque tout y est dans le travail et dans la tourmente. Le Ministère… : De la Nature

Je terminerai là ce que j’avais à dire sur ce qui concerne les corps astronomiques, et je passerai au but principal de cet ouvrage, qui est de traiter du repos de la nature, du repos de l’âme humaine et du repos de la parole ; repos auquel doit concourir le ministère de l’Homme-Esprit. Le Ministère… : De la Nature

Nous pouvons donc maintenant avoir une idée fixe sur l’origine de l’homme. L’homme est né, et naît toujours dans la source éternelle qui est sans cesse dans l’enivrement de ses propres merveilles et de ses propres délices. Voilà pourquoi nous avons dit si souvent que l’âme de l’homme ne pouvait vivre que d’admiration, puisque selon l’auteur allemand que nous avons cité, nul être ne peut se nourrir que de la substance ou des fruits de sa mère. Le Ministère… : De l’Homme.

D’après cela, lorsque, depuis la chute nous demandons l’accomplissement de la volonté divine, cette demande a un sens très profond et en même temps très naturel, puisque c’est demander que le contrat divin reprenne toute sa valeur, que tout ce qui est désir et volonté provenant de Dieu vienne à son terme ; et, par cette raison, c’est demander que l’âme de l’homme refleurisse de nouveau dans son désir vrai, et dans sa volonté originelle qui la ferait participer au développement du désir et de la volonté de Dieu, de façon que nous ne pouvons demander à l’Agent suprême que sa volonté arrive, sans demander par cette prière, que toutes les âmes des hommes soient remises dans la jouissance de leur primitif élément, et en état d’être réintégrées dans le ministère de l’Homme-Esprit. Le Ministère… : De l’Homme.

Homme, pense donc à la sainteté de ta destination ; tu as la gloire d’avoir été choisi pour être en quelque sorte le siège, le sanctuaire et le ministre des bénédictions de notre Dieu, et ton coeur peut se remplir encore de ces délicieux trésors, en même temps qu’il peut les répandre dans l’âme de ses semblables ; mais plus ton ministère est important, plus c’est une chose juste que tu répondes de ton administration. Le Ministère… : De l’Homme.

Si l’homme était attentif à ses voies, il pourrait parvenir à produire le même effet, ou à sortir de lui d’une autre manière ; ce serait lorsqu’il se sentirait poussé au faux, de tâcher de ne pas oublier que le vrai ne cesse pas pour cela d’exister ; ce serait de dire à Dieu dans le fond de son être, qu’il y a encore quelque chose à faire pour l’amélioration de la nature et de l’âme humaine, et pour l’avancement de l’oeuvre divine, de la souveraine sagesse. Ce serait de lui représenter combien cette oeuvre est urgente, de lui demander de l’y employer, et de ne pas le laisser oisif ni abandonné à aucune autre oeuvre, que la tâche en question ne fût remplie. Le Ministère… : De l’Homme.

Or, les pouvoirs de l’action divine et vivante en nous ne s’étendent à rien moins qu’à nous faire ouvrir le centre intime de l’âme de tous nos frères passés, présents et à venir, pour signer tous ensemble le contrat divin ; enfin qu’à nous faire ouvrir le centre intérieur de tous les trésors spirituels et naturels répandus dans toutes les régions, et qu’à nous rendre, comme elle, pour ainsi dire, l’action des choses. Voilà pourquoi il y a tant d’hommes sans intelligence dans ce monde ; car il n’y en a point qui travaillent à devenir réellement l’action des choses : non est usque ad unum qui faciat bonum. Le Ministère… : De l’Homme.

Toutefois cet ennemi nous prouve par là que son crime primitif a été sûrement de vouloir s’emparer de la racine des choses et de la pensée de Dieu, puisqu’il veut sans cesse s’emparer de l’âme de l’homme, qui est la pensée de Dieu. Le Ministère… : De l’Homme.

Aussi, lorsque Dieu admet un homme au premier rang dans le ministère de l’Homme-Esprit, c’est pour le transformer en un agent pénétrant, vif, et dont l’action soit universelle et permanente ; car la voie de Dieu ne se manifeste pas ainsi pour des oeuvres indifférentes et passagères. Aussi tous les univers rassemblés ne devraient pas balancer à nos yeux le prix d’une semblable élection, si nous avions le bonheur qu’elle nous fût offerte, puisque nous pourrions alors travailler utilement au soulagement de l’âme humaine. Le Ministère… : De l’Homme.

Ajoutons que souvent mêmes pour ses élus, Dieu ne change point la marche pénible et désastreuse des choses d’ici-bas ; mais seulement il leur donne la force d’y résister : ce qui n’empêche pas que, dans tous les cas, et dans quelques mesures où les hommes se trouvent, Dieu ne s’occupe de leur âme et de leur esprit avec un soin que notre faible intelligence ne pourrait comprendre, et que nos langues ne pourraient exprimer tant il cherche à nous préserver des seuls et véritables dangers qui nous environnent, et que nous devions craindre ; et tant il voudrait nous voir réaliser le contrat divin qui accompagne notre origine, comme nous l’observerons dans un instant. Le Ministère… : De l’Homme.

Ce contraste est si déchirant qu’on ne peut, sans s’affliger, en contempler la perspective dans ces tendres et innocentes créatures, qui sous un dehors si intéressant, recèlent peut-être pour l’avenir toutes les altérations et toutes les honteuses dégradations de l’âme, du coeur et de l’esprit ; qui dans leurs faibles rameaux nourrissent peut-être une sève pestilentielle, dont l’explosion n’en sera que plus meurtrière pour être plus tardive, et différée à un autre temps ; enfin, qui portent peut-être dans leurs essences un suc actuellement doux et bienfaisant, mais qui peut devenir un jour le poison le plus amer et le plus corrosif. Le Ministère… : De l’Homme.

Il faudrait aussi lui apprendre à cette jeune plante, à mesure qu’elle avance dans sa croissance, que si la sagesse suprême ne peut pas se permettre de nous montrer ici-bas la Jérusalem céleste elle-même, telle qu’elle exista autrefois dans l’âme de l’homme, au moins elle veut bien quelquefois nous en laisser parcourir les plans, et que cela est suffisant pour nous remplir des plus douces consolations. Le Ministère… : De l’Homme.

Il serait bon de lui dire que la chasteté comprend à la fois la pureté du corps, la justesse de l’esprit, la chaleur du coeur, l’activité de l’âme et de l’amour ; car elle s’étend généralement sur tout ce qui est vertu, et elle est l’absence de tout vice. Le Ministère… : De l’Homme.

Il serait bon de lui dire que quand les déistes reconnaissent l’existence d’un Être suprême, et que cependant ils ne veulent pas qu’il s’occupe du gouvernement de ce monde, ni des hommes qui l’habitent, leur erreur ne vient que de ce qu’ils se sont fait matière et brutes ; qu’en effet Dieu ne se mêle pas de la matière ni des brutes, mais qu’il les fait diriger par ses puissances ; que d’un autre côté les déistes assoupissent leur âme de manière que Dieu ne l’approche plus et ne la mène plus, puisqu’il ne peut se plaire que dans son image et ne se mêler que de son image, et que c’est pour cela qu’ils disent que Dieu ne se mêle pas du gouvernement de l’espèce humaine, parce que véritablement dans l’état de dégradation et de ténèbres où les déistes se laissent descendre, il ne se mêle pas d’eux. Le Ministère… : De l’Homme.

Lorsque nous tombons de quelque endroit élevé, notre tête tourne si fort pendant la chute, que nous ne nous apercevons de rien ; ce n’est qu’au moment du choc que le sentiment vif de la douleur vient nous pénétrer ; encore souvent demeurons-nous sans mouvement et sans connaissance. Telle a été l’histoire de l’âme humaine lors de la prévarication. Elle perdit de vue la région glorieuse d’où elle se précipitait par sa chute, et l’homme tout entier se trouva comme mort et privé de l’usage de toutes les facultés de son être. Le Ministère… : De l’Homme.

Lorsque par la tendre effusion de l’amour suprême, les premiers traitements furent employés envers l’âme humaine, le mouvement lui fut rendu, et ce mouvement la mit à même de profiter, pour son instruction, du mouvement qui régissait l’univers ; car ces deux mouvements devaient être coordonnés. En effet, nous cherchons journellement à coordonner notre pensée avec tout ce qui agit dans cet univers ; et c’était véritablement une faveur particulière accordée à l’âme humaine, que celle qui lui fournissait les moyens de contempler encore la vérité dans les images de ce monde, après qu’elle s’était bannie du séjour de la réalité. Le Ministère… : De l’Homme.

Elle avait su pendant sa gloire, cette âme humaine, qu’elle ne devait avoir d’autre Dieu que le Dieu suprême ; et quoiqu’elle ne dût, en effet, connaître le complément de cette gloire qu’après qu’elle aurait atteint le complément de son oeuvre, cependant, pour peu que dans son état primitif elle eût goûté le charme des merveilles et des douceurs divines, elle ne devait pas ignorer que rien ne pouvait être comparé à leur principe. Le Ministère… : De l’Homme.

Néanmoins elle se laissa attendrir par le pouvoir d’un principe inférieur qui est ce monde physique universel, où les étoiles et les astres exercent un emploi si important que l’âme humaine devint corporellement soumise à leur régime. Mais quoiqu’elle fût tombée dans ce régime inférieur et qui tenait à sa dégradation, la source qui avait produit cette âme humaine, ne voulut point la perdre de vue et lui transmit, dans ce nouvel ordre de choses, le précepte fondamental de sa loi primitive. Le Ministère… : De l’Homme.

Mais dès que le jour s’annonce, la lumière de ces astres s’affaiblit pour nous ; elle s’évanouit tout à fait quand le jour a acquis son degré et sa force, et le soleil, en faisant disparaître, par sa seule présence, la vaine multiplicité de ces faux Dieux, semble dire à tout l’univers ce qui fut dit à l’âme humaine, lorsqu’elle sortit de sa glorieuse source : Vous n’aurez point d’autre Dieu devant moi. Le Ministère… : De l’Homme.

Oui, âme humaine, c’est sûrement ainsi que l’amour suprême s’est conduit avec toi, lorsqu’il a vu que les grands fléaux de la nature que tu avais provoqués par tes inadvertances, ne t’avaient pas rendu plus sage. Il s’est approché de toi avec tous les traits d’un zèle inquiet, et en prenant un ton menaçant, il t’a rappelé les anciennes ordonnances sur lesquelles ton origine et le contrat divin étaient fondés ; qu’il avait prononcées devant toi après t’avoir donné l’existence ; qu’il avait fait prononcer de nouveau à la nature, après que tu t’étais assujettie à son régime figuratif, et qui pourraient à tout moment retentir dans ton être le plus intime, puisque tu es toujours originairement l’organe de l’éternelle source divine, et puisque ce qu’elle a prononcé une fois ne peut plus cesser de se prononcer sans interruption et dans la durée de toutes les éternités. Le Ministère… : De l’Homme.

Indépendamment de mille autres leçons instructives que la nature est chargée par l’amour suprême de transmettre tous les jours et physiquement à l’âme humaine, nous sommes intimement convaincus que chaque chose, pour avoir seulement un nom parmi les hommes, doit avoir fait sa propre révélation. Ainsi les pratiques religieuses que l’on voit universellement en usage parmi les hommes, ne permettent pas de douter que cet amour suprême n’ait ouvert aussi en ce genre quelque espèce de voie de réhabilitation pour l’âme humaine, quoique d’énormes amas de décombres se soient tellement accumulés sur ces sources restauratrices, qu’à peine peuvent-elles être reconnaissables. Le Ministère… : De l’Homme.

Ce n’est point dire pour cela que les vertus pures et régulières soient renfermées et ensevelies dans le sang des animaux, comme plusieurs l’ont pensé et le pensent encore, puisqu’il en est même, tels que les Indiens, qui croient que des esprits de tout genre y sont placés pour les habiter ; mais c’est faire présumer seulement que toutes ces actions pures et régulières sont attachées aux classes et aux individus de ces animaux, et qu’en rompant la base qui les fixe, elles peuvent devenir utiles à l’homme ; c’est dans ce sens qu’il faut entendre le passage de nombres (ch. : .) que le sang a été donné pour l’expiation de l’âme ; car il ne faut pas confondre l’âme de la chair, et par conséquent l’âme des animaux avec les actions régulières et extérieures qui les gouvernent. Le Ministère… : De l’Homme.

Voilà pourquoi nous distinguons clairement deux classes de prophéties, les unes effrayant le peuple coupable par des menaces, les autres annonçant aux âmes de paix les jours de consolation promis à la terre. Nous remarquons aussi combien à cette époque l’objet des prophéties s’étend et se rapproche de cette régénération de l’âme humaine qui avait toujours été le but de toutes les manifestations divines antérieures, mais qui s’était tenu enveloppé dans les ordonnances figuratives. Le Ministère… : De l’Homme.

Tel fut le secret sublime que le réparateur vint révéler aux mortels ; tel fut le jour lumineux qu’il leur fit découvrir dans leur âme en s’immolant volontairement pour eux, en se laissant saisir par ceux même qu’il venait de renverser par le souffle de sa parole, et en priant pour ceux qui donnaient la mort à son corps ; et ce fut l’effusion de son sang qui compléta toutes ces merveilles, parce qu’en se plongeant dans l’abîme de notre ténébreuse région, le réparateur suivit toutes les lois de transposition qui la gouvernent et qui la composent. Le Ministère… : De l’Homme.

En effet, l’effusion du sang de la victime doit opérer en raison du rang et des propriétés de cette victime ; et si le sang des animaux ne pouvait délier que les chaînes corporelles du péché dans l’homme, puisqu’ils n’ont rien au-dessus de l’élémentaire ; si le sang des prophètes déliait les chaînes de son esprit en lui laissant entrevoir les rayons de l’étoile de Jacob, l’effusion du sang du réparateur devait délier les chaînes de notre âme divine, puisque ce réparateur était lui-même le principe de l’âme humaine, et lui dessiller assez les yeux pour qu’elle aperçût la source même où elle avait puisé la naissance, et qu’elle sentît que ce n’était que par l’immolation intérieure et volontaire de tout ce qui dans nous nage dans le sang et tient au sang, que nous pouvions satisfaire le désir et le besoin essentiel que nous avons de nous réunir à notre source divine. Le Ministère… : De l’Homme.

Il n’y avait que ce principe divin qui, à la suite de cette opération, pût attirer l’âme humaine hors de ses abîmes, et s’identifier, pour ainsi dire, avec elle, afin de lui faire goûter les délices de sa vraie nature ; il n’y avait que lui qui, étant dépositaire de la clef de David, pouvait d’un côté fermer l’abîme, et de l’autre ouvrir le royaume de la lumière, et rendre à l’homme le poste qu’il aurait dû toujours occuper. Le Ministère… : De l’Homme.

Il n’y a que le renouvellement de notre être ici-bas qui nous procure réellement ce que les hommes attendent en vain de leurs superstitions et de leurs idoles ; et encore ce renouvellement n’est-il que la préparation à notre régénération parfaite qui, comme on l’a vu, n’a lieu qu’à la séparation de nos principes corporels, ou par l’effusion de notre sang. Aussi après notre mort, nous sommes comme suspendus au grand trinaire, ou au triangle universel qui s’étend depuis le premier être jusqu’à la nature, et dont chacune des trois actions tire à soi chacun de nos principes constitutifs divins, spirituels et élémentaires, pour les réintégrer si nous sommes purs, et pour rendre à notre âme la liberté de remonter vers sa source. Et c’est là ce que le Christ a laissé opérer physiquement sur lui par son supplice et dans son tombeau. Le Ministère… : De l’Homme.

Mais si nous ne sommes pas purs, l’ennemi qui ne s’oppose pas à la séparation des parties corporelles qui ne sont que de forme, s’oppose à la réintégration des principes sur lesquels l’âme lui a laissé prendre empire ; et il retient le tout sous sa domination, au grand détriment de la malheureuse âme qui s’en est rendue la victime. Le Ministère… : De l’Homme.

Or, nous ne pouvons faciliter cette réintégration des principes, qu’autant que nous avons fait renaître dans notre âme une éternelle vierge, dans qui puisse s’incorporer le fils de l’homme avec ses vertus et ses puissances, comme nous ne pouvons faire renaître en nous cette éternelle vierge, qu’en ranimant en nous notre corps primitif ou l’élément pur. Et c’est ici où nous allons observer et voir écrites dans l’homme toutes les lois des sacrifices figuratifs dont nous nous sommes occupés jusqu’à présent, et dont l’homme est l’objet, lors même qu’il paraît n’en être que l’organe et l’instrument. Le Ministère… : De l’Homme.

L’homme étant en lui-même un petit abrégé des deux mondes physique et divin, il est certain que son corps renferme les essences de tout ce qu’il y a dans la nature, comme son âme renferme les essences de tout ce qu’il y a dans la divinité. Ainsi il doit y avoir dans son corps des correspondances avec toutes les substances de l’univers, et par conséquent avec les animaux purs et impurs, et avec tout ce qui pouvait tomber sous les règlements des sacrifices ; et quoique nous ne discernions point en nous ces essences, nous pouvons croire à la réalité de leurs correspondances avec l’extérieur, par les formes et tableaux sensibles que ces essences présentent à notre pensée, et par tous les symboles et images que les esprits bons et mauvais empruntent journellement et physiquement pour notre instruction et notre épreuve. Le Ministère… : De l’Homme.

Mais quand l’âge prophétique fut arrivé, ce fut alors que les premiers germes de la charité se semèrent dans Israël, comme l’institution des sacrifices avait semé en lui les premiers germes de l’esprit. Ce peuple qui, jusqu’à cet âge prophétique, s’était considéré seul, et avait dédaigné tous les peuples, commença à sentir par l’âme de ses prophètes, le zèle du retour des nations à la vérité. Le Ministère… : De l’Homme.

Aussi c’est le vide de son esprit qui le fait tomber dans le découragement, en lui faisant croire qu’on ne répare point le temps perdu. Cela peut être vrai pour les choses qui ne se font que dans le temps et par le temps ; mais en est-il de même des choses qui se font par l’esprit et pour l’esprit ? Si l’esprit n’a point de temps et ne connaît point de temps, un seul acte opéré par l’esprit et pour l’esprit, ne peut-il pas rendre à l’âme tout ce qu’elle aurait négligé d’amasser, ou même tout ce qu’elle aurait perdu par sa négligence ? C’est ici, surtout, où il faut nous souvenir de la onzième heure ; mais aussi il faut voir que si celui qui y fut appelé reçut même beaucoup plus que son salaire, c’est parce qu’il avait au moins travaillé pendant cette onzième heure, sans quoi il n’aurait rien reçu du tout, et ainsi nous n’aurions rien à prétendre au salaire, si cette onzième heure qui nous reste après avoir passé en vain les autres heures, nous ne la remplissions pas en travaillant à l’oeuvre de l’esprit. Depuis la chute, nous ne pouvons être tous que des ouvriers de la onzième heure, qui a commencé en effet à l’instant où nous avons été déchus de nos droits. Les dix heures qui précèdent cette époque sont restées loin de nous et comme perdues pour nous, de façon que notre vie terrestre toute entière n’est réellement pour nous que la onzième heure de notre éternelle et véritable journée, qui embrasse le cercle universel des choses. Jugeons d’après cela si nous avons un instant à perdre. Le Ministère… : De l’Homme.

Ranimons donc notre courage. Si notre réhabilitation spirituelle demande, dans le vrai, tous nos soins, nous pouvons aussi la regarder comme assurée, pour peu que nous nous déterminions à l’entreprendre, car la maladie de l’âme humaine, si je puis me permettre de m’exprimer ainsi, n’est qu’une espèce de transpiration arrêtée ; et la sagesse suprême ne cesse de faire passer jusque dans nous de salutaires et puissants sudorifiques qui tendent sans cesse à rétablir la circulation et l’ordre dans nos liqueurs. Le Ministère… : De l’Homme.

De son côté, cette enveloppe matérielle ayant été perpétuellement imprégnée des fruits de leur oeuvre, a subi presque imperceptiblement la décomposition journalière de ses ressorts, et si les plans restaurateurs avaient été suivis, elle aurait subi communément sans douleur sa propre démolition finale. Peut-on donc concevoir rien de plus doux que toutes ces progressions que la sagesse suprême a établies pour la réhabilitation de l’homme ? Mais si telles sont les jouissances que le dévouement au Ministère de l’Homme-Esprit nous présente, même ici-bas, qu’est-ce que ce dévouement ne doit donc pas promettre à l’âme humaine, lorsqu’elle a déposé sa dépouille mortelle ? Nous voyons qu’ici-bas nos corps sont destinés à jouir de toutes leurs facultés, et à se communiquer entre eux. Lorsqu’ils ne jouissent d’aucune de leurs facultés, ils ne se communiquent rien, comme on le voit pour les enfants du premier âge. Le Ministère… : De l’Homme.

Or, si malgré notre dégradation et le peu de trésors que nous pouvons nous communiquer sur la terre les uns aux autres, nous sommes cependant si transportés lorsque nous pouvons seulement entrevoir dans les vertus de nos semblables, ce que c’est que la beauté d’une âme, ce que c’est que sa sublime dignité ; enfin, lorsque nous apercevons ces faibles rameaux qu’il est permis à l’homme de manifester encore aujourd’hui, quoique ce ne soit que par intervalle, jugeons des joies qui doivent nous attendre dans la région vraie, lorsque nos âmes harmonisées et dégagées de leur corps terrestre se trouveront toutes ensemble, qu’elles se communiqueront mutuellement toutes les merveilles qu’elles auront acquises pendant leur onzième heure, et toutes celles qu’elles ne cesseront de découvrir dans la région de l’infini. Le Ministère… : De l’Homme.

Sans doute, ce simple tableau pourrait suffire pour enflammer ton courage, et pour exciter ton dévouement ; car quel plus beau mobile que celui qui porte l’homme à travailler à faire sabbatiser l’âme humaine ? Mais ce mobile deviendra bien plus pressant et plus actif, quand tu penseras que ton oeuvre ne se borne pas à la postérité entière, passée, présente et future, du premier homme, et qu’elle peut s’étendre jusqu’à ce premier homme lui-même, par les rapports que cette postérité conserve avec lui ; car il a tellement souffert par le contact de l’atmosphère désharmonisée que nous habitons, qu’il n’aurait pas pu en supporter le choc jusqu’à présent, si la main suprême n’en eût tempéré les premières atteintes. Le Ministère… : De l’Homme.

Ce sera en outre pour l’intérêt de la triste demeure des hommes. Car ici-bas lorsque Dieu ne trouve point d’âme humaine où il puisse se placer et par laquelle il puisse agir, c’est alors que les désordres s’engendrent et se succèdent sur la terre d’une manière déchirante pour ceux qui aiment le bien, et cela montre que le crime du premier homme fut de s’être rendu vide de Dieu, pour ne suivre que son propre esprit ténébreux. Mais ces abus auxquels sa postérité se livre, font que si l’esprit de l’homme se porte ainsi tout d’un côté, la force divine se porte de l’autre à son tour toute entière, et que par son grand poids elle se fait jour à la fin dans quelques âmes humaines d’où elle s’étend ensuite au dehors pour contenir l’excès du mal et arrêter les désordres ; sans cela, l’univers serait déjà renversé. Le Ministère… : De l’Homme.

D’ailleurs ces âmes ne sont-elles pas abondamment payées par le bonheur d’avoir été en témoignage ? Car ce sont ceux qui auront été en témoignage, qui seront reconnus au temps à venir pour de fidèles serviteurs, et c’est particulièrement dans l’âme des hommes que nous devons aller en témoignage. Ces témoignages que nous aurons semés dans les âmes des hommes, ressusciteront avec elles, et serviront, à leur tour, de témoignage pour nous, afin que non seulement on oublie et on efface nos propres dettes, mais que même on nous distribue notre salaire. Le Ministère… : De l’Homme.

Ouvriers du Seigneur, employez tous vos efforts pour que l’on vous envoie en témoignage, et pour que vous ne restiez pas sans consolations et sans espérances au temps à venir. Heureux ! Si vous pouvez vous dire chaque jour : je n’ai point perdu ma journée ; j’ai porté un témoignage dans l’âme d’un homme, (et cela dans le secret de votre être, et même sans que les yeux matériels de l’homme en aient connaissance) ; et j’ai accru par là l’état de mes futures créances ! Le Ministère… : De l’Homme.

Vous pourrez même espérer qu’en faveur de ces témoignages, Dieu vous paiera dès ce monde, non seulement par les joies qu’il versera dans votre âme, mais même par les assistances marquées qu’il vous enverra, et par les oeuvres divines et merveilleuses qu’il fera sortir de vos mains, comme une sorte de récompense, ou comme un retour et un échange des services que vous lui aurez rendus d’avance dans le ministère de l’Homme-Esprit. Le Ministère… : De l’Homme.

Voilà ce que peuvent opérer les ouvriers du Seigneur qui auront été en témoignage dans l’âme de leurs semblables ; voilà comment nous pouvons faire que Dieu participe à toutes nos oeuvres, et participer nous-mêmes à toutes les siennes. Le Ministère… : De l’Homme.

Il est très vrai que si la parole ne soutenait pas l’univers dans son existence et ne le dirigeait pas dans tous ses mouvements, il s’arrêterait à l’instant dans sa marche, et réitérerait dans la non-apparence ; Il est très vrai que si la parole ne soutenait pas les animaux et les plantes, ils rentreraient aussitôt dans leur propre germe, et leur germe dans l’esprit temporel de l’univers ; Il est très vrai que si la parole ne soutenait pas l’action et le jeu de tous les phénomènes de l’univers, il ne s’en manifesterait plus aucun à nos yeux ; Il est également vrai pour le spirituel, qui si la parole ne soutenait pas la pensée et l’âme de l’homme, comme elle soutient tous les êtres de l’univers, notre pensée retomberait à l’instant dans les ténèbres, et notre âme dans l’abîme au-dessus duquel nous ne surnageons journellement, malgré nos crimes, que par l’incommensurable et miséricordieuse puissance de la parole ; ainsi, à moins de nous dévouer volontairement à la démence, et d’être sciemment nos premiers ennemis, nous ne devrions pas cesser un instant de nous porter vers le principe des choses, et de nous appuyer sans interruption sur la parole, sans quoi c’est renier notre existence et renoncer à être utiles aux diverses régions qui attendent les bienfaits du ministère de l’Homme-Esprit. Le Ministère… : De la Parole.

Car si ce feu de l’abîme ne prépare pas ainsi les voies, la parole de l’angoisse divine n’entrera point en nous, et si la parole de l’angoisse n’entre point en nous, nous ne pourrons rien comprendre aux angoisses de l’universalité des choses, et nous ne pourrons pas leur tenir de consolateur. Oui, si nous n’avons pas en activité en nous la substance de vie, comment pourrons-nous juger et sentir ce qui est mort autour de nous ? Ainsi, ce n’est plus seulement du sabbat de la nature, ni du sabbat de l’âme humaine, dont il devient urgent de nous occuper ; c’est encore de faire sabbatiser la parole elle-même, puisque nous ne pouvons nier que par l’usage nul, faux ou pervers que l’homme fait de la parole divine, elle ne soit sur son lit de douleur, pour ne pas dire sur son lit de mort ; et l’homme ne pourra lui apporter aucun soulagement qu’il ne sente naître en lui les angoisses successives de la parole. Le Ministère… : De la Parole.

C’est en avançant ainsi qu’elle voit s’étendre de plus en plus ses angoisses et ses tribulations ; aussi les psaumes seraient bien autre chose que ce qu’ils sont, si l’on les faisait à présent. Car la parole est le désir divin personnifié humainement et en action. A mesure qu’elle perce et qu’elle se montre à l’atmosphère humaine, à mesure aussi elle est réduite à ne trouver pour sa nourriture et sa subsistance que du fiel et de l’amertume. Mais quel dédommagement pour elle quand elle rencontre quelque âme de désir et qui cherche à être réellement régénérée selon la nouvelle loi de l’esprit et de la vérité ! Le Ministère… : De la Parole.

C’est alors que tu pourras dire "Mon âme a rencontré l’ami de sa vie, ils se sont embrassés, et ils ne se sépareront plus. Ce n’est point dans les faubourgs et dans les places de la ville qu’elle a été chercher cet ami ; elle n’a point eu besoin non plus de le demander aux gardiens de Jérusalem". Le Ministère… : De la Parole.

"Car j’étais une âme accablée sous le poids de sa propre misère, le désespoir était prêt à s’emparer de moi. Mais quand j’ai vu s’approcher le consolateur, j’ai entendu sortir de sa bouche ces douces paroles : "Pourquoi perdre la confiance ? Dieu ne t’a-t-il pas dit de pardonner à ton frère septante fois sept fois ? Si Dieu t’a jugé capable d’avoir une pareille indulgence pour tes frères, crois-tu qu’il ne soit pas capable d’en avoir autant pour toi ?" Le Ministère… : De la Parole.

"Maintenant cette porte vivante est ouverte, et cette porte vivante, c’est vous-même ; vous ne pouvez donc plus vous défendre de sauver l’homme qui vous cherche, vous êtes vous-même le prophète qui est placé devant vous pour implorer la grâce de votre peuple, et vous vous êtes contraint vous-même à délivrer mon âme lorsqu’elle vous expose sa détresse et sa misère." Le Ministère… : De la Parole.

Mais l’homme de désir ne tardera pas à gémir encore ; " Pourquoi pleures-tu, ô mon âme ? pourquoi pleures-tu ? Quel est le nouvel objet de ta douleur ? " Le Ministère… : De la Parole.

Voyez l’ennemi de cette vérité chercher sans cesse à convertir en acides corrosifs et en poisons ces ruisseaux salutaires, afin que les serviteurs cessent d’être consolés, et qu’ils finissent par être infidèles. Voyez l’âme de l’homme repousser elle-même ces présents qui lui sont envoyés, et se détourner des festins de jubilation pour aller se repaître de serpents. Voyez la terrible justice étouffant partout avec violence tous les agents du désordre qui se montrent comme en sortant de dessous la terre. Le Ministère… : De la Parole.

Illustres écrivains, célèbres littérateurs, vous ne concevez pas jusqu’où s’étendraient les droits que voue auriez sur nous, si vous vous occupiez davantage de les diriger vers notre véritable utilité. Nous nous présenterions nous-mêmes à votre joug : nous ne demanderions pas mieux que de vous voir exercer et étendre votre doux empire. La découverte d’un seul des trésors renfermés dans l’âme humaine, mais embelli par vos riches couleurs, vous donnerait des titres assurés à nos suffrages, et des garants irrécusables de vos triomphes. Le Ministère… : De la Parole.

Le christianisme n’est que l’esprit même de Jésus-Christ dans sa plénitude, et après que ce divin réparateur a eu monté tous les degrés de la mission qu’il a commencé à remplir dès la chute de l’homme, en lui promettant que la race de la femme écraserait la tête du serpent. Le christianisme est le complément du sacerdoce de Melchisédec ; il est l’âme de l’évangile ; c’est lui qui fait circuler dans cet évangile toutes les eaux vives dont les nations ont besoin pour se désaltérer. Le Ministère… : De la Parole.

Le christianisme est l’installation complète de l’âme de l’homme au rang de ministre et d’ouvrier du Seigneur : le catholicisme borne l’homme au soin de sa propre santé spirituelle. Le Ministère… : De la Parole.

Le christianisme est une active et perpétuelle immolation spirituelle et divine, soit de l’âme de Jésus-Christ, soit de la nôtre. Le catholicisme, qui se repose particulièrement sur la messe, n’offre en cela qu’une immolation ostensible du corps et du sang du réparateur. Le Ministère… : De la Parole.

Le christianisme devient un continuel accroissement de lumières, dès l’instant que l’âme de l’homme y est admise : le catholicisme, qui a fait de la sainte cène le plus sublime et le dernier degré de son culte, a laissé les voiles s’étendre sur cette cérémonie, et même, comme je l’ai remarqué en parlant des sacrifices, il a fini par insérer dans le canon de la messe les mots, Mysterium fidei, qui ne sont point dans l’évangile, et qui contredisent l’universelle lucidité du christianisme. Le Ministère… : De la Parole.

La principale difficulté ne serait pas, à mon avis, de prouver aux incrédules l’existence de Dieu et celle de l’âme même ; surtout si l’on prenait ses preuves dans l’Homme-Esprit. Aussi nombre de philosophes, en prenant ce flambeau pour guide, ont prouvé ces deux faits par des raisonnements, tels que les demande la secte des athées ; en un mot, par des raisonnements que les esprits positifs peuvent comparer à ce qu’ils appellent des démonstrations par A et B. Le Ministère… : De la Parole.

Et cela ne doit pas surprendre, puisque malgré toutes les rêveries des athées et des. matérialistes, la seule impuissance, que l’on soit dans le cas de reconnaître dans Dieu, c’est celle de ne pouvoir se cacher ; et que l’âme de l’homme, qui est son image, se montre perpétuellement dans tous nos actes, même dans les efforts que nous faisons pour la nier. Le Ministère… : De la Parole.

En effet, le raisonnement et la logique ne prouvent que l’existence de Dieu et celle de l’âme. La chose religieuse doit avoir pour objet de prouver leurs rapports et de les réunir l’un à l’autre ; cette réunion ne peut se faire sans un concours intérieur de notre part, et sans l’action volontaire de notre être. La simple croyance à l’existence de Dieu et de l’âme ne demande point un pareil concours. Le Ministère… : De la Parole.

Voilà pourquoi il est plus aisé de guérir un matérialiste et un athée qu’un déiste. Dans le vrai, comment persuader un déiste de la source naturelle de la chose religieuse, de son utilité, de sa nécessité, si ce n’est en en faisant reposer la base sur l’état infirme et ténébreux de l’homme dégradé ? Mais comment s’étendre jusque-là après le tort que la philosophie humaine a fait à l’homme ? Comment trouver des hommes en état de faire faire ce chemin à leurs semblables ? Ne soyons donc plus surpris que les tentatives journalières, en faveur de la chose religieuse, soient si peu fructueuses. Convenons même que quand il s’agit d’attaquer le matérialisme et l’athéisme, les instituteurs ordinaires n’ont encore que des armes bien impuissantes, puisqu’ils ne prouvent Dieu que par l’univers, et qu’ils ne prouvent l’âme que par les livres théologiques. Comment prouveraient-ils donc l’âme et Dieu, s’il n’y avait ni livres, ni univers ? Ils n’étudient point les choses éternelles ; ils n’étudient point la parole ; ils n’étudient point son action universelle, ni pourquoi c’est cette action seule qui porte la vie. Comment verraient-ils donc la source divine de l’homme pensant et immortel ? Comment verraient-ils sa liaison naturelle avec son principe ? Comment verraient-ils l’objet profond de la chose religieuse, et comment nous apprendraient-ils à admirer notre Dieu dans son économie restauratrice, et dans la sublimité de sa sagesse ? Il reste donc à démontrer immédiatement aux réfractaires l’altération de la famille humaine, et l’espèce de cette altération ; puis les secours que la bonté suprême a envoyés dès l’origine, et qu’elle envoie journellement aux mortels pour les soulager dans leur infortune ; puis le caractère de ces secours ou celui de la chose religieuse en général, et enfin les droits que les ministres de cette chose religieuse prétendent chacun dans leur ressort posséder exclusivement pour diriger leurs semblables, et les moyens qu’ils disent exister en eux pour donner le repos aux âmes et leur faire accomplir les véritables lois du Créateur. Le Ministère… : De la Parole.

Vous donc, ministres de cette parole, croyez-vous qu’elle n’ait aucun reproche à vous faire ? Vous qui l’avez mise comme en tutelle, et qui avez appauvri votre pupille, sans vous enrichir de ses trésors, ne pourrait-elle pas vous dire que si vous n’obtenez rien d’elle, c’est que vous ne lui demandez rien ; et que si vous ne lui demandez rien, c’est que vous croyez avoir tout ? N’avez-vous jamais ravalé cette parole, en réduisant son administration à des institutions figuratives, à des discours et à une pompe extérieure, en ne nous offrant jamais les merveilleux fruits de ses fertiles domaines, et en enseignant que le temps des merveilles de cette parole est passé, comme si cette parole était caduque, et comme si le besoin que nous avons de ses fruits n’était pas aussi urgent depuis votre règne qu’il l’était auparavant, et qu’il le sera jusqu’à la consommation des choses ? N’avez-vous jamais fait, à l’égard de cette parole, ce que le réparateur reprochait aux prêtres juifs : savoir, de s’être emparés de la clef de la science, et non seulement de n’y être point entrés, mais même d’avoir empêché ceux qui voulaient y entrer ? N’avez-vous jamais paralysé l’oeuvre divine, en resserrant dans d’étroites limites les hommes de désir qui, par vos dons et vos lumières, auraient du devenir des ouvriers du Seigneur ? Voue voyez ce que l’industrie humaine fait produire chaque jour aux simples substances de la nature par les superbes découvertes qui se font sous vos yeux dans les sciences. Avez-vous réfléchi, d’après cela, à tous les prodiges que vous auriez pu attendre de l’âme de l’homme, si, au lieu de la contraindre dans ses mouvements, et de la retenir dans des entraves, vous vous étiez occupés de seconder ses élans divins, et de lui ouvrir les sublimes régions de la liberté où elle a pris la naissance ? N’avez-vous jamais fait rétrograder par vos institutions le réparateur dans le temple dont il avait annoncé d’avance la destruction, et dans lequel on ne voit pas qu’il ait reparu une seule fois depuis qu’il fut sorti du tombeau, quoique depuis cette glorieuse époque il se soit montré fréquemment à ses disciples ? N’avez-vous jamais neutralisé le moyen curatif de l’âme humaine, en vous contentant de lui parler vaguement de détruire en elle le vieil homme, mais en ne lui enseignant point à faire naître en elle le nouvel homme, et en ne lui aidant point à opérer en elle cette renaissance qui n’est autre chose que le renouvellement de son contrat divin ; renouvellement que vous deviez seconder efficacement par tous les moyens qui sont en vous ? N’avez-vous jamais fait comme ceux des professeurs spiritualistes, mystiques et pieux, qui défendent que l’on marche par la raison ? Mais pourquoi défendent-ils que l’on marche par la raison ? C’est qu’ils n’ont pas fait attention que s’il y a une raison humaine qui est contre la vérité, il y a aussi une raison humaine qui est pour elle. Ils sont sages et prudents lorsqu’ils nous défendent la première espèce de raison, car, en effet, elle est l’ennemie de toute vérité, comme on le voit aisément aux outrages que font à cette vérité les docteurs dans les sciences externes qui sont l’objet et le résultat de la simple raison de ce monde naturel. La principale propriété de cette espèce de raison est de craindre l’erreur, et de ne se livrer qu’avec défiance à ce qui est la vérité. Toujours occupée de scruter les preuves, elle ne laisse presque jamais à l’esprit le temps de goûter le charme des jouissances vives. Elle a une marche ombrageuse qui empêche que le goût du vrai ne pénètre jusqu’à elle. Voilà ce qui entraîne à la fin les sociétés savantes dans l’incroyance, après les avoir retenues si longtemps dans les doutes. Le Ministère… : De la Parole.

Je peux ajouter encore que chaque désir agit sur sa propre enveloppe ou sur son enceinte pour se manifester ; que plus l’on prend l’exemple dans un ordre relevé, plus l’enveloppe est susceptible de sentir et de participer au désir qui est renfermé en elle ; que c’est par cette raison que l’homme peut être admis au sentiment et à la connaissance de toutes les merveilles divines, parce que son âme est l’enveloppe et le réceptacle du désir de Dieu. Le Ministère… : De la Parole.

Je ne peux plus cacher ici que le désir divin qui se fait sentir dans l’âme humaine, a pour but d’établir l’équilibre entre Dieu et elle, puisqu’un désir vient d’une séparation de substances analogues qui ont besoin d’être unies ; or, cet équilibre n’est pas un effet mort et inerte, mais un développement actif des propriétés divines qui constituent l’âme humaine, en tant qu’elle est un extrait divin universel. Le Ministère… : De la Parole.

Mais si ces notions étaient éteintes dans l’âme humaine, c’était à vous, ministres des choses saintes, à les y faire renaître ; si ce désir était affaibli dans les hommes, c’était à vous à lui rendre ses forces, en lui en retraçant d’avance les avantages. Quel beau rôle vous auriez eu à faire en travaillant ainsi à opérer dans un ordre si supérieur la réunion de ce qui est séparé et qui se désire ! Vous voyez qu’un simple désir animal, tel que la faim, a pour but d’établir l’équilibre entre notre corps élémentaire et la nature, afin de mettre ce corps en état de manifester et d’accomplir toutes les merveilles élémentaires ou les propriétés corporelles dont la nature l’a composé, en tant qu’il est l’extrait de cette nature. Que n’aurait-on donc pas à attendre de ce désir puisé dans un autre ordre, et de ce besoin sacré, dont la source suprême a composé notre essence ? Homme, si tu veux faire une utile spéculation, observe que ton corps est une expression continuelle du désir de la nature, et que ton âme est une expression continuelle du désir de Dieu ; observe que Dieu ne peut être un instant sans désirer quelque chose, et que Dieu ne doit pas avoir un désir que tu ne puisses connaître, puisque tu devrais les manifester tous. Tâche donc d’étudier continuellement les désirs de Dieu, afin de n’être pas traité un jour comme un serviteur inutile. Le Ministère… : De la Parole.

La première est que depuis l’altération, nous sommes dans une véritable prison, qui est notre corps, pendant qu’il devrait être encore plus notre préservatif ; et même au lieu de diminuer selon leurs forces et leur industrie le poids de leurs fers, la plupart des hommes concourent à ce que leur âme devienne de la nature de leur prison, en se matérialisant comme ils le font. Ainsi l’âme humaine étant devenue par là pour ainsi dire, prison elle-même, on peut voir quelle est aujourd’hui sa lamentable situation. On peut voir aussi pourquoi elle est dans sa propre servitude, au lieu d’être au service de son maître. Le Ministère… : De la Parole.

On rendit, au contraire, une parole pure au premier des humains après son crime ; on lui en rendit une plus glorieuse et plus triomphante au milieu des temps ; que sera donc celle qu’on lui rendra à la fin des temps, lorsque la parole pourra se donner dans son complément et dans l’éternelle plénitude de son action ? On voit ici que comme tout est amour, et comme la parole est l’hymne continuel et universel de l’amour, cette parole remplit toutes les voies de l’homme par des progressions douces, appropriées à tous les degrés de son existence. C’est pour cette raison que pour l’âme humaine tout commence par le sentiment et l’affection, et que c’est par là que tout se termine. Le Ministère… : De la Parole.

Dans ce tableau, nous apercevons comment l’homme prouve Dieu, et peut être utile à Dieu, puisqu’il eu dû être le témoin universel. Nous voyons aussi combien cet homme doit lui être cher, en raison de cette sublime destination. Car selon que je l’ai exposé souvent, il est certain que s’il n’y avait point de Dieu, nous ne pourrions plus avoir de quoi admirer ; mais que s’il n’y avait point d’âme spirituelle immortelle, Dieu n’aurait plus d’objet permanent qui pût être comme le foyer et le réceptacle complet de son amour. Le Ministère… : De la Parole.

Qu’il songe donc que l’occupation continuelle de Dieu, c’est de séparer le pur de l’impur, et que le temps entier est consacré à ce grand oeuvre. C’est ainsi qu’il l’opère en nous dès le moment de notre naissance, et même dès notre incorporation, puisque dès lors il ne cherche qu’à délivrer graduellement notre âme de sa prison ; et cependant il n’opère cette délivrance qu’à la fin de notre vie : encore cela dépend-il de la manière dont nous avons vécu. Le Ministère… : De la Parole.

Il brise les tables de la loi, parce que ce peuple n’est pas digne de les entendre. Dans sa colère, il extermine tous les prévaricateurs qui engagent l’âme humaine à se prostituer avec les nations, et qui sont armés contre la parole. Le Ministère… : De la Parole.

Oui, si nous ne sommes pas des êtres égarés et liés par notre ennemi, nous pouvons tellement ouvrir les pores de notre esprit, de notre coeur et de notre âme, que la vie divine les pénètre tous, qu’elle nous imprègne de l’élément pur, que, malgré le dépérissement auquel l’âge expose nos organes matériels, nous exhalions tous les parfums de la région à venir, et que nous soyons ainsi des organes ambulants de la lumière et de la gloire de notre souveraine source : et telle était notre primitive destination, puisque nous devions être unis et animés de l’esprit et de la parole qui produit d’elle-même toutes ces choses. Le Ministère… : De la Parole.

Eh bien ! ministres des choses saintes, c’est vous que le Seigneur a envoyés à l’entrée de l’âme de l’homme, et à qui il a ordonné de lui faire connaître les lois et les ordonnances du Seigneur. Le Ministère… : De la Parole.

Vous devriez donc vous tenir à l’entrée de l’âme de l’homme, et là vous devriez dire à cette âme toutes les paroles que le Seigneur vous a ordonné de lui dire ; car s’il a choisi l’homme pour être le prophète de Dieu, comment ne pourrait-il pas se choisir des hommes pour être les prophètes de l’homme ? Aussi le prophète de l’homme n’est-il que le serviteur des serviteurs de Dieu. Le Ministère… : De la Parole.

Tenez-vous donc à l’entrée de cette âme de l’homme, et dites-lui ce que le Seigneur vous aura dit, sans en retrancher la moindre parole, pour voir s’ils écouteront et s’ils se convertiront en quittant leur mauvaise voie, afin que le Seigneur se repente du mal qu’il avait résolu de leur faire, à cause de la malice de leur coeur. Le Ministère… : De la Parole.

Homme, vois quelle est la sublimité et l’étendue de tes privilèges ! L’univers est dans la souffrance ; l’âme de l’homme est sur son lit de douleur. Le coeur de Dieu attend de toi que tu procures l’accès à sa parole, dans l’univers, et dans l’âme de l’homme. Ainsi tu as le pouvoir de rendre le repos à l’univers, à l’âme de l’homme, et au coeur de Dieu. Le Ministère… : De la Parole.

Homme, n’entends-tu pas comme ils te demandent leur repos, comme ils te sollicitent de ne pas le retenir, comme ils t’adressent ces touchantes supplications : dis une parole et mon âme sera guérie ! supplication que toi-même devrais sans cesse avoir à la bouche envers celui qui, le premier, t’a tendu les bras pour te secourir dans ta détresse. Le Ministère… : De la Parole.

Dis-la donc, homme, cette parole, car tu n’auras pas toi même le repos que tu ne l’aies prononcée. Fais que le coeur de l’homme ne se renferme plus dans sa froide enceinte ; fais que le centre de l’âme humaine s’entrouvre. Elle est si grande, que c’est à son propre repos et à sa propre gloire qu’est attaché le repos de toutes les régions ; non seulement tu es par là comme le souverain et le dominateur établi sur les oeuvres de Dieu ; mais tu es même constitué et établi par l’éternelle charité divine, pour que ton zèle et ton amour deviennent l’aiguillon du zèle et de l’amour de l’éternelle puissance ; pour que ton coeur devienne, en quelque sorte, le Dieu de ton Dieu. Le Ministère… : De la Parole.

Mais aussi dès que ton coeur peut être, en quelque sorte, ici-bas, le Dieu de ton Dieu, vois ce qui doit résulter quand tu t’arrêtes. Oui, l’homme ne peut cesser un instant son oeuvre sublime, que tout ne souffre de sa paresse et de son indolence. Respecte ton emploi, ô homme ! glorifie-toi de ton saint ministère, mais trembles. Tu es comptable de l’harmonie de la nature, du repos de l’âme de tes semblables, et des joies ineffables de celui qui est ; et qui s’appelle le TOUJOURS. Le Ministère… : De la Parole.

Homme, ta dégradation même ne te dispense pas de cette permanence de ta prière ; tes mains devaient autrefois être perpétuellement élevées vers le ciel. Le décret divin te condamne à les baisser laborieusement jusqu’à terre pour en faire sortir ta subsistance ; mais pendant que tu remplis cette pénible tâche, tu peux élever encore les mains de ton âme vers la source universelle de la lumière ; ce ne sont que les mains de ton corps qui sont condamnées au travail terrestre. Garde-toi surtout de les employer à l’injustice. L’homme du torrent, non seulement n’élève plus ses mains vers le ciel, non seulement il ne les abaisse plus jusqu’à terre pour subir le décret ; mais il dérobe, afin de se soustraire à ce décret souverain, et par ce crime social, il viole à la fois la loi céleste, la loi terrestre et la loi de famille, ou celle de la fraternité. Le Ministère… : De la Parole.

"Oh ! non, tu me mets à de trop rudes épreuves ! elles excèdent la force de ma nature, il ne lui est pas donné de les supporter, ni de résister à de pareilles douleurs. Quelle est donc l’immensité inépuisable de ton âme éternelle et divine, ô puissance suprême, puisque l’âme humaine, qui n’en est qu’un reflet, peut sentir approcher de soi de semblables douleurs ! Le Ministère… : De la Parole.

Pourquoi laisses-tu approcher de l’âme humaine des douleurs si aiguës ? Pourquoi aussi sont-elles d’un genre qui ne lui permet qu’il peine d’avertir ses semblables de leur infortune ? Il faut qu’elle leur taise, en quelque façon, leurs propres maux ; il faut qu’elle renferme en elle-même ses plus épouvantables angoisses, comme tu renfermes dans ton coeur ineffable toutes les angoisses que lui font sentir les paroles fausses et réfractaires de l’universelle humanité." Le Ministère… : De la Parole.

"Tu aimes à être violenté ; je ne te donnerai point de relâche que tu n’aies rendu la respiration à ma parole, pour qu’elle puisse gémir librement sur la désharmonie de la nature, sur les malheurs de l’homme et sur les angoisses de ton âme divine. " Le Ministère… : De la Parole.

Prends le flambeau vivant qui peut tout consumer, puisqu’il peut tout produire, et va mettre le feu à toutes les essences corrompues de cet univers qui le rendent un obstacle à ta prière. N’est-ce pas toi, homme, qui as été cause que toutes les essences corrompues de cet univers se sont ainsi pesamment entassées et accumulées sur toi ? N’est-ce donc pas toi qui dois concourir à leur clarification ? Que dis-je ? N’est-ce pas toi qui dois l’opérer toi-même ? N’est-ce pas toi qui es cause que ces fragiles substances se sont étendues devant toi comme un fantôme, et qu’elles te dérobent la vue du temple de la prière ? N’est-ce donc pas à toi à les pulvériser et à en faire disparaître jusqu’aux moindres vestiges ? Quelle gloire et quelle consolation pour toi, homme de désirs, si, par tes efforts et tes larmes tu peux coopérer à cette grande victoire, ainsi qu’au repos de l’âme humaine, et au repos de la parole ! Tous ceux qui auront coopéré comme toi à ces sublimes oeuvres, seront placés un jour comme des épées signalées et redoutables dans les arsenaux du Seigneur ; ils y seront suspendus à jamais aux voûtes éternelles de ses temples ; et au-dessus de chacune de ces brillantes épées sera écrit un nom immortel qui en proclamera les triomphes et les services pendant la durée de toutes les éternités. Le Ministère… : De la Parole.

Homme de désir, c’est alors qu’étant agilisé, sanctifié et harmonisé dans toute ton universalité, tu seras, par ton unité partielle, l’image de l’universelle unité ; c’est alors que par la sainte analogie qui se trouvera entre l’agent suprême et toi, ton âme entrera naturellement dans le sanctuaire de ce Dieu suprême ; et quand il la verra entrer ainsi naturellement dans son sanctuaire, il ne pourra s’empêcher de l’accueillir et de s’enivrer d’amour pour sa beauté, car tu seras aussi une de ses merveilles. Le Ministère… : De la Parole.

Saisis donc cet instant salutaire où tout sera divinisé pour toi et autour de toi ; fais entendre un soupir au milieu de cette enceinte de bonheur et de joie. A ce soupir, l’agent suprême tournera avec intérêt ses yeux sur toi. De la part de Dieu, arrêter ses regards sur une âme, c’est la chercher jusque dans ses profondeurs ; c’est l’inviter par une tendre prévenance, à exprimer elle-même tout ce qui se passe en elle. Approche toi donc encore plus près de lui dans ce moment, et dis-lui : "Seigneur, je n’apporte que des gémissements au milieu de tes célestes délices ; ma voix ne saurait former que des cris de douleur au sein de l’allégresse divine. Eh ! toi-même, Seigneur, quand tu auras entendu les justes motifs de mon amertume, puisses-tu suspendre tes transports et tes ravissements !" Le Ministère… : De la Parole.

"Viens faire reprendre à la nature ses merveilleux ornements, viens arracher l’âme humaine à la mort, en l’empêchant de s’empoisonner elle-même." Le Ministère… : De la Parole.

"Puisque tu as permis à mon âme de pénétrer jusque dans ton sanctuaire, et d’y apporter les gémissements de la terre, les malheurs des hommes et les angoisses qu’éprouve de leur part ton divin Envoyé, elle n’est sûrement pas la seule qui désire fixer tes yeux sur cet abîme de désolations ; et il en existe, sans doute, à plusieurs autres qui sont prêtes à remplir tes ordres souverains, à se dévouer à l’administration de tes bienfaits, et à voler partout où tu voudras les appeler à une oeuvre à la fois si urgente et si immense." Le Ministère… : De la Parole.


Voir en ligne : Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe inconnu