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Œuvres de Platon

Victor Cousin : L’Euthyphron

ARGUMENT PHILOSOPHIQUE.

dimanche 24 mai 2009

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

Dieu Dieu La conception exacte de Dieu varie en fonction des philosophies et des religions. Dieu désigne généralement un « être suprême » dont les qualités sont illimitées, l’individuation personnelle ou impersonnelle du principe de l’univers, c’est-à-dire sa raison « première » en tant qu’essence primordiale - Dieu est alors souvent considéré comme le démiurge ou créateur - et sa raison « dernière » en tant que finalité et sens de la vie, dans les religions monothéistes. n’étant que le bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
lui-même, l’ordre moral pris substantiellement, toutes les vérités morales s’y rapportent comme les rayons au centre centre
centro
center
, les modifications au sujet sujet
objet
La notion du « sujet », loin de n’être que psychologique, est avant tout logique et principielle et ne saurait se restreindre par conséquent à aucun ordre particulier ; la subjectivité évidente des facultés de sensation prouve déjà que le couple sujet-objet n’appartient pas au seul domaine de la psychologie. [Frithjof Schuon]
qui les fait être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
et qu’elles manifestent. Loin donc de se combattre, la morale et la religion religion Le contenu et la raison d’être des religions est le rapport entre Dieu et l’homme ; entre l’Être nécessaire et l’existence contingente. C’est ce rapport qui donne aux religions toute leur puissance et toute leur légitimité ; c’est au contraire leur revendication confessionnelle d’absoluité qui constitue leur relativité. (Frithjof Schuon) se rattachent intimement l’une à l’autre et dans l’unité l'unité "Il faut élever cette fine pointe de l’âme, selon laquelle nous sommes unité. Nous participons au Premier, duquel dérive pour toutes choses l’unification, selon l’unité et pour ainsi dire la fleur de notre essence, grâce à laquelle nous nous attachons principalement au Divin. Partout, en effet, ’c’est par le semblable qu’est appréhendé le semblable’, les principes les plus élevés d’unification des êtres par ce qu’il y a d’un dans l’âme. De toutes nos activités, c’est ici la plus haute : par elle nous devenons possédés de Dieu." (Proclus) de leur principe Principe
arche
arkhê
L’Univers total comporte quatre degrés fondamentaux : le Principe en soi, qui est "pur Absolu" ; le Principe déjà compris en Mâyâ, lequel est le Dieu créateur, législateur et salvateur ; le Principe réfléchi dans l’ordre créé, lequel est l’ordre "céleste", et aussi l’Avatâra ; et la création périphérique, qui est purement "horizontale" et "naturelle". [Frithjof Schuon]
réel et dans celle de l’esprit esprit
pneuma
L’esprit est constitué par l’ensemble des facultés intellectuelles. Dans de nombreuses traditions religieuses, il s’agit d’un principe de la vie incorporelle de l’être humain. En philosophie, la notion d’esprit est au cœur des traditions dites spiritualistes. On oppose en ce sens corps et esprit (nommé plus volontiers conscience par la philosophie et âme par certaines religions. En psychologie contemporaine, le terme devient synonyme de l’ensemble des activités mentales humaines, conscientes et non-conscientes.
humain qui les conçoit, et ne peut pas ne pas les concevoir simultanément. Mais quand l’anthropomorphisme, abaissant la théologie au drame, fait de l’éternel un dieu de théâtre, tyrannique et passionné, qui, du haut de sa toute puissance acte
puissance
energeia
dynamis
, décide arbitrairement de ce qui est bien et de ce qui est mal mal
kakos
Le mal est la "possibilité de l’impossible", sans laquelle l’Infini ne serait pas l’Infini. (Frithjof Schuon)
 ; c’est alors que la critique philosophique peut et doit, dans l’intérêt des vérités morales, s’autoriser de l’immédiate obligation qui les caractérise, pour les établir sur leur propre base, indépendamment de toute circonstance étrangère, indépendamment même de leur rapport Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
à leur source primitive, se plaçant ainsi à dessein sur un terrain moins élevé, mais plus sur, sachant perdre, quelque chose, pour ne pas tout perdre, et sauver au moins la morale du naufrage de la haute philosophie. Tel est le point Le point En géométrie, un point est le plus petit élément constitutif de l’espace géométrique, c’est-à-dire un lieu au sein duquel on ne peut distinguer aucun autre lieu que lui-même. de vue particulier sous lequel il faut envisager l’Euthyphron. Le devin Euthyphron représente une théologie insensée qui s’arroge le droit de constituer à son gré la morale ; Socrate, la conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
qui réclame son indépendance.

Socrate s’empresse de reconnaître qu’il y a une harmonie essentielle entre la morale et la religion, que tout ce qui est bien plait à celui que nous devons concevoir comme le type et la substance substance
ousia
substances
Des points de vue philosophique ou métaphysique, la substance est la réalité permanente qui sert de substrat aux attributs changeants. La substance est ce qui existe en soi, en dessous des accidents, sans changements ; ce qui en fait un concept synonyme de l’essence. Elle s’oppose aux accidents variables, qui n’existent pas en eux-mêmes, mais seulement dans la substance et par la substance. Le terme vient du latin substare, se tenir debout ; de substantia, ce qui est dessous, le support.
de la raison dianoia
la raison
La raison est une faculté de l’esprit humain dont la mise en œuvre nous permet de fixer des critères de vérité et d’erreur, de discerner le bien et le mal et de mettre en œuvre des moyens en vue d’une fin donnée. Cette faculté a donc plusieurs emplois, scientifique, technique et éthique.
éternelle ; mais il demande pourquoi le bien plait à Dieu, s’il pourrait ne pas lui plaire, et s’il serait possible que le mal lui plut ? Non. Pourquoi donc le bien ne peut-il pas ne point plaire à Dieu ? C’est, en dernière analyse, par cela seul qu’il est bien ; toutes les autres raisons qu’on en peut donner supposent toujours celle-là et y reviennent. Il faut donc convenir que le bien n’est pas tel parce qu’il plait à Dieu, mais qu’il plait à Dieu parce qu’il est bien , et que par conséquent ce n’est pas dans des dogmes religieux qu’il faut chercher le titre primitif de la légitimité des vérités morales. Ces vérités, comme toutes les autres, se légitiment elles-mêmes, et n’ont pas besoin d’une autre autorité que celle de la raison qui les aperçoit et qui les proclame. La raison est à elle-même sa propre sanction. Cette conception du bien, et, pour parler le langage langage Le langage est un ensemble de signes (vocaux, gestuel, graphiques, tactiles, olfactifs, etc.) doté d’une sémantique, et le plus souvent d’une syntaxe (mais ce n’est pas systématique[1]). Plus couramment, le langage est un moyen de communication. du temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. de Socrate, cette conception du saint en lui-même, dégagé des formes extérieures qu’il peut revêtir, des circonstances qui l’accompagnent des conséquences même nécessaires qui en dérivent, considéré dans ce qu’il y a de propre et d’absolu Absolu
Absoluto
Absolute
Absoluteness
, dans sa grandeur grandeur
grandeza
greatness
et sa beauté beleza
belo
beauté
beau
beauty
belleza
immédiates, est un exemple de Vidée dans le système de Platon.

Telle est la partie un peu générale de l’Euthyphron. Mais son objet spécial est la querelle particulière de la morale avec la théologie positive d’alors, fondée sur la pluralité des dieux. Socrate prouve aisément que l’unité de la morale périt dans le polythéisme ; que si le bien ou le saint est ce qui plaît aux dieux, ces dieux étant divers, et souvent en guerre guerre
guerra
war
entre eux, il est impossible de savoir si ce qui est agréable aux uns est agréable aux autres, et d’avoir une règle fixe. Nous ne reproduirons pas ici cette controverse, qui a perdu aujourd’hui toute importance philosophique ; mais on ne saurait la suivre et l’étudier avec trop de soin dans Platon, comme un monument de la morale que la théologie païenne avait faite à l’humanité homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
, et du courage avec lequel Socrate attaqua cette morale et le système religieux dont elle émanait. Sous ce rapport, l’Euthyphron présente un haut intérêt historique. On ne peut se défendre d’une attention presque solennelle en lisant aujourd’hui ce petit dialogue, quand on songe que c’est là le premier manifeste d’indépendance de la conscience et de la raison ; la première discussion où le sentiment moral ait osé se séparer des formes religieuses qui le corrompaient, et revendiquer, au nom de sa propre dignité et de celle de la nature nature
physis
phusis
phúsis
Le grec phúsis dérive de la racine indo-européenne bhû-, qui a donné en sanskrit comme verbe : "devenir", "se produire", "avoir lieu" ; comme non : "terre", "sol", "lieu", "état", "condition". Peut désigner aussi bien l’origine, que le déroulement et le résultat de tout processus. (Luc Brisson)
humaine, le droit imprescriptible d’être par lui-même saint et sacré.


Voir en ligne : Platonisme