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L’entrée en métaphysique

Gaboriau : SYNOPSE DU PARCOURS MÉTAPHYSIQUE

Florent Gaboriau

dimanche 17 mai 2009

Extrait de « L’entrée en métaphysique » de Florent Gaboriau. Casterman, 1962.

SYNOPSE DU PARCOURS MÉTAPHYSIQUE (Étude de ce que sont les
choses)

La Métaphysique consiste à décrypter ce monde, à découvrir
dans l’observation des phénomènes l’hypothèse sous-jacente cachée au regard sensible, puis à dire ce qu’il y a enfin (en Fin) à ce monde
d’Hypothèse Ultérieure, ultra-secrète.

Elle n’est rien d’autre, du début à la fin, du premier au
dernier Mot, que l’étude progressive des existences de ce monde. Ce
que sont les choses s’y dévoile peu à peu, au fur et à mesure que l’on
va du plus incontestable (où l’on s’affronte aux objets) à ce que la
substance du sujet a de plus secret, plus à ce qu’il y a finalement de
plus mystérieux dans la Nécessité (que certains appellent « Dieu »).

De même que le découpage ne rompt pas l’unité d’un film, mais
la reconstitue au contraire, le schéma suivant est à comprendre comme
un schème opératoire, indiquant les jalons d’un parcours où l’on va du
même pas, en vertu de la même méthode, jusqu’au bout de la même
question, posée à l’esprit par le réel (par-ce-monde-qui-nous-affronte
et dont-nous-sommes les interrogateurs).

CE - Le Réel est-il dans les phénomènes ? Oui, manifestement et apparemment, mais dans quelle mesure ?

QUE - Le Réel est-il plus profondément dans une substance ? (que sont les choses chacune pour leur compte). Déchiffrement ontologique, succédant à l’analyse phénoménologique.

SONT (les choses) - Le Réel est-il en Fin ce qu’il serait donc au Principe ? En d’autres termes, l’Arche de ces ’existences » est-elle plus profondément « secrète » que la substance et ses manifestations ?

1. Être-localisé (espace ou lieu).

2. Être-disposé (la position du corps).

3. Être-équipé (civilisation ou l’avoir et la
privation).

4. Être-daté (historique, ou le temps et
l’intemporel).

5. Être-qualifié (différents niveaux de
qualités ou de disqualifications).

6. Être-opérant (l’action : ouvrière,
immanente, etc.).

7. Être-pâtissant : signification de la
passion, de la folie, etc.

8. Être-relaté : ou « avoir un sens » ;

Notamment, le langage : système de références.

— approche phénoménologique du langage.

— la question « critique » : logos et postulat.

— la question « logique » : fécondité du
discours.

— fait du langage et théorie de l’analogie.

— l’analogie de l’étant.

— le « bonheur », la « vérité > », la « 
beauté », etc. Ou les Transcendantaux, chemin (d’analogie) et refus du
Transcendant (Univoque).

9. Être quantifié : ou l’étendue matérielle
serait-elle la substance du monde ?

1. La substance aux yeux du « physicien » : un
« devenir », objet de ses théories.

2. La substance en train d’être :

— fonction des « phénomènes » en devenir,
qu’elle soutient et qui sont ses « manifestations », ses « accidents »,
ses événements.

— composée : de forme, de matière et de
privation.

— essentiellement définie comme : rapport à
l’existence, « puissance » d’exister.

3. L’acte et la puissance :

— être-en-puissance comme tel.

— être-en-acte comme tel.

— Le « rien » (ou néant) et l’ « in(dé)flni »
(ou l’Inconnaissance de l’Acte pur).

— Les ascensions (d’acte) et les dégradations
(de puissance).

4. Le « sujet » (ou la subjectivité-substance
individuée).

— Le principe d’individuation.

— Le principe de subsistance (ou de
personnalité).

A. Condition de la personne (à partir de
l’effet « parole »).

B. Survie de la personne (son avenir de « 
substance séparée »

C. Vie présente de la personne :

a) « sujette » à naître ; socialisation
originelle et progressive de l’individu-personnel

b) « sujette » à agir (pour combler ou tromper
sa solitude)

— par voie de connaissance

— par voie d’affectivité

c) « sujette à (subir) mal ; erreur, péché, mort
(préoccupation, angoisse). Liberté ; nécessité (fatalité).

d) la sujétion ou le « secret » ultime de la
personne

— la « relation » (Vécue) « à tout ce qui existe » (même
non encore dé-montré) : relation d’acte à acte, fondée précisément sur
la « nature » (en « acte » d’être)

— l’ « action » conforme ou non, mais consécutive à
cette re-ligion ou liaison (ligation) de la nature en acte à l’Acte Pur.

1. Les phénomènes (devenir) ne s’identifient
pas avec la substanc (qui est) ; ni la substance elle-même avec
l’existence.

2. Existence de l’Ultime Secret (mystère) des
êtres :

— montrés à partir de leur « devenir »

— de leur cause matérielle

— de leur cause efficiente

— de leur cause formelle

— de leur cause finale

Ce qu’on évoque (ou invoque) sous le « nom » de Dieu est
une nécessité-qui-existe derrière toutes choses !

Comme on le pense bien, un autre découpage peut aussi bien
rendre compte du même processus (et nous userons d’une certaine liberté
à le modifier nous-même en cours de route).

Mais ce qui importe, c’est que l’axe de la recherche soit
polarisé par un tait : l’être. L’être des phénomènes d’abord : ce
...sont des choses qui existent et se manifestent en paraissant-être.
L’être de la substance en suite, puisqu’il est vrai qu’on se demande
aussi : que sont ces choses ? L’être de l’ultime hypothèse enfin — Être
Pur — si elle s’avère indéniable, au terme du parcours.

Ce qui s’impose dès l’abord, — quand on met le réel en « 
question » — conduit à ce qui se trouvera par la suite (logique)
sup-posé, et non moins certain pour être dévoilé au terme d’un
processus discursif (dont on aura examiné, au reste, la validité en
cours d’exercice).

L’ensemble de la recherche repose donc pour commencer sur une
Phénoménologie rigoureuse et attentive en même temps qu’ouverte atout
ce qui parait-être. Par une méthode dont nous pourrons mieux juger à
l’exercice, s opère dans chaque cas une sorte de réduction eidétique :
on analyse, c’est-à-dire qu’on dissout, pour vérifier ce qui reste et
ce que suppose donc l’apparence elle-même pour être telle. La
Phénoménologie analytique oppose ainsi a ce qui « prétend être »
prématurément un absolu, un perpétuel refus. Nombre d’absolus
théoriques se trouvent de la sorte dissous. Mais la voie n’est pas
fermée à une recherche ultérieure, elle est ouverte au contraire. La
phénoménologie introduit dès lors à l’hypothèse première dont
l’ontologie relève à son tour l’insuffisance pour acheminer d’un pas
inéluctable à la nécessité de ce qu’on pose en Fin, et qui est
positivement l’Horizon présent au cœur de toutes choses.


Voir en ligne : Heidegger et ses références