Philosophia Perennis

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Dialectique existentielle du divin et de l’humain

Berdiaeff : LA SPIRITUALITÉ

Nicolas Berdiaeff

vendredi 12 décembre 2008

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

Chapitre IX LA SPIRITUALITÉ spiritualité Dans la tradition mystique ou ésotérique, le Spirituel est un individu qui met l’accent sur l’homme intérieur, l’esprit des textes, minimise les rites, les institutions religieuses, l’histoire, les dogmes, au profit de l’Adam intérieur, du Christ intérieur. La spiritualité c’est son activité. (adapté de Pierre Riffard)

La conquête de la spiritualité constitue la tâche principale de la vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. humaine. Mais il faut entendre la spiritualité dans un sens différent de celui qu’on lui attribue ordinairement. L’homme homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
a besoin de la spiritualité pour la lutte qu’il livre dans la vie. Seule la spiritualité rend possibles les grands sacrifices et les grands exploits. La joie que procure la lumière lumière La lumière semble avoir fait l’objet d’une interprétation symbolique dès que les hommes se sont mis à croire dans un au-delà. Depuis la possible déification du feu, devenu élément vital pour l’Homme préhistorique, puis l’un des quatre éléments de la philosophie de la Grèce antique, jusqu’à la théologie chrétienne de Dieu comme "lumière des lumières", l’illumination étant présente dans de nombreuses religions, on n’a eu de cesse que de lui accorder des origines et vertus surnaturelles. du soleil est une joie spirituelle. Le soleil lui-même est spirituel. La forme forme
idea
eidos
eîdos
idéa
En philosophie, on oppose la forme à la matière dans les cas généraux. Chez Aristote, c’est ce vers quoi tend tout changement : elle est à la fois l’acte, l’essence, la perfection, et le principe d’unité de chaque être. (Wikipédia)
du corps Körper
corpo
corps
soma
cuerpo
body
humain, le visage humain sont pénétrés de spiritualité. Celui-là même qui, en raison de l’état dans lequel se trouve sa conscience Gewissen
conscience
consciência
conciencia
consciencia
Bewusstsein
Bewußtsein
consciencidade
consciousness
superficielle ou par simple malentendu, se considère comme un matérialiste, peut, au fond, être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
pénétré de spiritualité. Cela est vrai de notre Tchernichevski [1], par exemple. Si une philosophie de la spiritualité devient possible, elle ne ressemblera en rien rien Le mot rien désigne une absence de chose(s), sans la notion de dénombrement ou de concept mathématique qui s’attache au nombre zéro. « Il n’y a rien ici » signifie qu’aucun objet n’est présent, sans a priori sur la nature des objets qui auraient pu se trouver à l’endroit considéré. à ce spiritualisme abstrait et d’école qui fut une des formes de la métaphysique Metaphysik
métaphysique
metafísica
metaphysics
naturaliste. L’esprit esprit
pneuma
L’esprit est constitué par l’ensemble des facultés intellectuelles. Dans de nombreuses traditions religieuses, il s’agit d’un principe de la vie incorporelle de l’être humain. En philosophie, la notion d’esprit est au cœur des traditions dites spiritualistes. On oppose en ce sens corps et esprit (nommé plus volontiers conscience par la philosophie et âme par certaines religions. En psychologie contemporaine, le terme devient synonyme de l’ensemble des activités mentales humaines, conscientes et non-conscientes.
n’est pas une substance substance
ousia
substances
Des points de vue philosophique ou métaphysique, la substance est la réalité permanente qui sert de substrat aux attributs changeants. La substance est ce qui existe en soi, en dessous des accidents, sans changements ; ce qui en fait un concept synonyme de l’essence. Elle s’oppose aux accidents variables, qui n’existent pas en eux-mêmes, mais seulement dans la substance et par la substance. Le terme vient du latin substare, se tenir debout ; de substantia, ce qui est dessous, le support.
 [2]. Il n’est pas seulement une réalité autre que celle du monde de la nature nature
physis
phusis
phúsis
Le grec phúsis dérive de la racine indo-européenne bhû-, qui a donné en sanskrit comme verbe : "devenir", "se produire", "avoir lieu" ; comme non : "terre", "sol", "lieu", "état", "condition". Peut désigner aussi bien l’origine, que le déroulement et le résultat de tout processus. (Luc Brisson)
, mais une réalité dans un sens tout à fait différent. L’esprit est liberté et libre énergie intervenant par irruption dans le monde historique et dans celui de la nature. On ne saurait, certes, refuser une vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
relative au dualisme, sans lequel l’indépendance de la vie spirituelle serait incompréhensible. Mais ce dualisme n’est pas celui de l’esprit et de la matière matière
hyle
La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l’état solide, l’état liquide, l’état gazeux. La matière occupe de l’espace et possède une masse. Ainsi, en physique, tout ce qui a une masse est de la matière.
, ou de l’esprit et du corps. Il est avant tout le dualisme de la liberté et de la nécessité nécessité Nécessité, en Grec Ananké, est mère des trois Moires :

* Clotho présidait au passé (de klôthousa, filer),
* Lachésis au présent (de léxis,prédestination),
* Atropos au futur (d’atrepta, irréversible).
. L’esprit est liberté, et non nature. L’esprit n’est pas partie constitutive de la nature humaine : il est la plus haute valeur qualitative. La qualité spirituelle et la valeur spirituelle, au lieu Ort
lieu
lugar
location
locus
place
d’être déterminées par une nature quelconque, résultent de l’union de la liberté et de la grâce. L’esprit est révolutionnaire dans ses rapports avec le monde de la nature et de l’histoire ; venant d’un autre monde, il fait irruption dans ce monde-ci, dont il bouleverse l’ordre fondé sur la contrainte. Délivrance de l’esclavage, tel est la tâche fondamentale de la vie de ce monde. Mais les émancipateurs et libérateurs ont commis une erreur fatale, en admettant que la libération pouvait venir de la matière, de la nature. La liberté vient de l’esprit. Plus fatale encore fut l’erreur de ceux qui, tout en se posant en défenseurs de l’esprit, étaient persuadés que l’esprit, au lieu de se libérer, lie et soumet à l’autorité. Les uns et les autres avaient une fausse idée de l’esprit et préparaient la ruine de la spiritualité. L’esprit n’est pas seulement liberté, mais il est aussi sens, car le sens du monde est un sens spirituel. Lorsqu’on dit que le monde et la vie n’ont pas de sens, on reconnaît par là l’existence Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
d’un sens qui est au-dessus de la vie et du monde, c’est-à-dire que pour déclarer que la vie du monde n’a pas de sens, on se place au point de vue de l’esprit. Jaspers dit avec raison que l’esprit occupe une place paradoxale entre des choses contradictoires. L’esprit et la spiritualité réélaborent, transforment, transfigurent le monde de la nature et de l’histoire, en y apportant la liberté, en lui conférant un sens. Il se produit une objectivation objectivation L’objectivité est ce qui caractérise un objet, par opposition à ce qui caractérise un sujet. Elle caractérise ce qui est propre à l’objet ou, plus généralement, ce qui constitue un objet. Que ce soit au sens passif d’une constatation (description de ses constituants), ou au sens actif d’une objectivation (processus de constitution). Dans le premier cas on considère un objet déjà constitué, dans le second un objet en cours de constitution. de l’esprit qu’on considère comme une incarnation incarnation
sárkosis
Le mot vient du grec sarx, qui signifie chair, et a été inspiré par la parole de l’évangéliste Jean : "et le Verbe s’est fait chair" (Jn 1,14). La théologie conçoit l’incarnation "du fils de Dieu" en tant qu’événement fondateur de la foi. [Le Goaziou]
et une réalisation.

Mais l’esprit objectivé est un esprit devenu étranger à lui-même, ayant perdu son ardeur, sa force et sa jeunesse créatrices, un esprit adapté au monde du quotidien et au niveau moyen [3]. Contrairement à ce que prétend Hegel, il ne saurait être question d’esprit objectif. Il n’existe qu’un esprit subjectif ou, plutôt, un esprit qui est au delà du subjectif et de l’objectif. « Spiritualité objective », l’association de ces deux dualité
deux
dyade
Quand la dualité est horizontale, elle exprime les pôles "actif" et "passif" ; quand elle est verticale, elle exprime les degrés "absolu" et "relatif", dans l’Ordre divin d’abord et dans l’ordre cosmique ensuite. [Frithjof Schuon]
mots constitue un non-sens. La spiritualité est toujours « subjective », réfractaire à l’objectivation. L’esprit objectivé est un esprit tari et ossifié. La spiritualité est en dehors du monde phénoménal objectivé ; loin d’émaner de ce monde, c’est elle qui y fait irruption. Hegel avait tort de croire au développement progressif de l’esprit et de la spiritualité au cours de l’histoire. Ce n’est pas comme résultant du développement progressif de l’esprit au cours de l’histoire que se présentent à nous les sommets de la spiritualité dans le monde.

Atteindre à la spiritualité, c’est se libérer du pouvoir possibilité
potentialité
Toute-Possibilité
pouvoir
poder
power
C’est infini ce qui n’est déterminé par aucune frontière ; c’est tout d’abord la Potentialité ou la Possibilité en soi, et ipso facto la Possibilité des choses, donc la Virtualité. Sans la Toute-Possibilité, il n’y aurait ni Créateur ni création, ni Mâyâ ni Samsâra. [Frithjof Schuon]
du milieu social et naturel, ce qui équivaut, pourrait-on dire, à l’irruption du nouménal dans les phénomènes. L’accroissement de la spiritualité dans l’homme n’est pas l’effet d’une évolution evolução
évolution
evolution
evolución
Fait référence à une philosophie du développement graduel et continu de la nature et/ou du monde vivant et/ou de l’humanité. (selon J.-J. Matras)
s’effectuant conformément à certaines lois. Là où agit la liberté, il n’y a pas de processus nécessaire, et la création Création
Criação
criação
creation
creación
est exclusive de l’évolution, au sens naturaliste du mot. La spiritualité est un problème qui se pose à l’homme et de la solution duquel dépend son attitude à l’égard de la vie. Et le paradoxe consiste en ce que c’est d’une force spirituelle immanent immanence La perspective d’immanence part elle aussi de l’axiome que Dieu seul possède et les qualités et la réalité ; mais sa conclusion est positive et participative, c’est-à-dire qu’on dira que la beauté d’une créature - étant de la beauté et non son contraire - est nécessairement celle de Dieu, puisqu’il n’y en a pas d’autre ; et de même pour toutes les autres qualités, sans oublier, à leur base, le miracle de l’existence. La perspective d’immanence n’anéantit pas - comme celle de transcendance - les qualités créaturielles, au contraire elle les divinise, si l’on peut s’exprimer ainsi. [Frithjof Schuon] e à l’homme lui-même que dépend l’accroissement de sa spiritualité, autrement dit que cet accroissement ne peut être que le résultat de ses états spirituels. L’inférieur ne donne jamais naissance au supérieur ; mais il faut qu’il en contienne l’ébauche, qu’il le renferme à l’état potentiel. Le développement spirituel est une actualisation du possible. Même des expériences de la vie qui, en apparence, ne comportent rien de spirituel peuvent éveiller les fores spirituelles de l’homme : tel peut être l’effet d’une maladie, de la misère, d’une injustice, d’une trahison. Mais le fait est que la force spirituelle permet d’affirmer qu’elle existait déjà précédemment à l’état caché, latent. La liberté qui s’oppose à la nature est toujours esprit. L’erreur de la théorie naturaliste de l’évolution consistait en ce qu’elle croyait l’inférieur capable d’engendrer le supérieur, le matériel capable de créer le spirituel. Originellement, la force spirituelle de l’homme n’est pas seulement humaine, mais à la fois humaine et divine. La spiritualité est un état dans lequel l’humain et le divin divin
divinité
Ce terme désigne la qualité d’être un dieu ou une déesse (une déité), ou Dieu (la Déité). Il est alors synonyme de divinité en tant que substantif.
se trouvent unis. Dans les profondeurs de sa spiritualité l’homme se trouve en contact avec le divin, et c’est de la source du divin qu’il reçoit un appui. Contrairement à ce que pensaient Hegel et beaucoup d’autres avec lui, l’histoire spirituelle du monde n’est pas soumise à une évolution nécessaire. L’histoire du monde nous présente une objectivation de l’esprit. Mais l’objectivation de l’esprit équivaut à sa diminution. L’objectivation s’oppose à la transcendan transcendance Sous le rapport de la transcendance, Dieu seul est le Bien ; lui seul possède, par exemple, la qualité de beauté ; au regard de la Beauté divine, la beauté d’une créature n’est rien, comme l’existence elle-même n’est rien à côté de l’Etre divin ; c’est là la perspective de transcendance. [Frithjof Schuon] ce, c’est-à-dire au mouvement mouvement Selon Aristote, il existe deux types de mouvements, le mouvement naturel ramenant les objets vers leurs lieux d’origine, et le mouvement violent, impulsé par un objet à un autre. vers Dieu Dieu La conception exacte de Dieu varie en fonction des philosophies et des religions. Dieu désigne généralement un « être suprême » dont les qualités sont illimitées, l’individuation personnelle ou impersonnelle du principe de l’univers, c’est-à-dire sa raison « première » en tant qu’essence primordiale - Dieu est alors souvent considéré comme le démiurge ou créateur - et sa raison « dernière » en tant que finalité et sens de la vie, dans les religions monothéistes. . Mais ce serait une erreur de voir dans le processus d’objectivation de la spiritualité, telle qu’elle se traduit dans l’évolution de la civilisation, un processus purement négatif. Dans les conditions de ce monde phénoménal le processus en question a également une signification positive. Il a pour effet le refoulement de la nature animale, sauvage, barbare de l’homme, l’épanouissement de sa conscience. Mais c’est là un processus tout à fait élémentaire et qui ne permet pas d’atteindre les sommets de la spiritualité. Il nous est d’ailleurs impossible de savoir exactement où se manifeste la vraie spiritualité, car elle peut également se manifester ailleurs que sur les sommets de la civilisation. Il importe aussi de savoir que la spiritualité ne s’oppose pas au corps et à l’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
, mais qu’elle s’en empare et les transfigure. C’est que l’esprit est avant tout une force de libération et de transfiguration. L’homme doué d’une forte spiritualité n’est pas du tout un homme retiré de la vie du monde et de l’histoire. Il se montre, au contraire, actif au sein même de la vie du monde et de l’histoire, mais il s’est affranchi du pouvoir de cette vie et s’applique à la transformer. Une spiritualité qui se détourne du monde pluraliste, comme le font certaines formes de spiritualité, celles de l’Inde, de Plotin, de l’ascèse ascèse
askesis
askêsis
ascese
ascesis
ascetismo
ascetism
monastique, ne peut être considérée comme chrétienne, parce qu’elle est en opposition avec le caractère à la fois divin et humain du christianisme et avec l’amour amour
eros
éros
amor
love
du prochain prêché par le Christ. La spiritualité chrétienne n’est pas seulement une ascension ascensão
ascension
, mais aussi une descente, et seule cette spiritualité, à la fois ascendante et descendante, est humaine. Il y a aussi une spiritualité inhumaine, hostile à l’homme, et des déviations de ce genre ont été souvent observées. L’homme doit assumer la responsabilité non seulement de sa propre destin Schicksal 
Geschick
Ge-schick
schicksalhaft
destin
co-destin
fado
destiny
destino
fate
destinal
ée et de celle de ses proches, mais aussi de celle de son peuple, de l’humanité et du monde. Il lui est interdit de s’isoler de son peuple et du monde pour se retirer sur d’inaccessibles sommets spirituels. Le danger de l’orgueil orgueil
hyperephanía
arrogance
infatuation
Selon Jean-Claude Larchet (Thérapeutique des maladies spirituelles), les Pères envisagent l’orgueil comme très proche de l’amour-propre. Comme celui-là il a deux composantes : l’une se manifeste dans les rapports de l’homme avec ses semblables et l’autre concerne la relation de l’homme à Dieu.
nous guette sur le chemin qui mène à la spiritualité, et les avertissements à ce sujet sujet
objet
La notion du « sujet », loin de n’être que psychologique, est avant tout logique et principielle et ne saurait se restreindre par conséquent à aucun ordre particulier ; la subjectivité évidente des facultés de sensation prouve déjà que le couple sujet-objet n’appartient pas au seul domaine de la psychologie. [Frithjof Schuon]
n’ont pas manqué. Ce danger est, lui aussi, la conséquence de la rupture du lien qui unit l’humain au divin. Un exemple de cet orgueil orgueil
hyperephanía
arrogance
infatuation
Selon Jean-Claude Larchet (Thérapeutique des maladies spirituelles), les Pères envisagent l’orgueil comme très proche de l’amour-propre. Comme celui-là il a deux composantes : l’une se manifeste dans les rapports de l’homme avec ses semblables et l’autre concerne la relation de l’homme à Dieu.
nous est offert par les brahmanes qui se prétendent surhommes. Il est propre également à certaines formes de l’occultisme. Ce qu’il faut chercher à acquérir, c’est la spiritualité humaine qui soit en même temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. divine. Il y a plusieurs types de spiritualité : il y a la spiritualité chrétienne et la spiritualité extra-chrétienne, et au sein du christianisme il y a plusieurs types de spiritualité, comme, par exemple, la spiritualité orthodoxe et la spiritualité catholique [4]. Mais il y a aussi des éléments qui forment la base universelle et éternelle de la spiritualité. Celle des Hindous est une spiritualité très profonde. Entre les mystiques de tous les temps et de tous les peuples il existe comme un accord qui leur permet de communiquer les uns avec les autres et de se comprendre les uns les autres. La prière euche
prier
PRIÈRE : (pure, de Jésus, du cœur, de l’intelligence) désigne la prière intérieure continuelle des hésychastes : Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi". (Philocalie, dir. Olivier Clément)
a une signification éternelle. En quoi consiste la prière ? Elle répond au besoin qu’éprouve l’homme de se sentir comme n’étant pas sous la dépendance totale de la nécessité qui règne dans le monde, des forces fatales de ce monde [5]. La prière est une conversation avec un Etre qui s’élève au-dessus des choses de ce monde, au-dessus de l’injustice dans laquelle le monde est plongé. La spiritualité chrétienne diffère de la spiritualité non-chrétienne par son affirmation constante de la personne, de la liberté et de l’amour. Il faut considérer comme non-chrétienne toute spiritualité qui n’affirme pas l’unicité de la personne, la liberté de l’homme et l’amour de l’homme. Toute spiritualité qu’on peut considérer comme moniste, parce que niant l’indépendance de la personne humaine, est extrachrétienne. La spiritualité de l’Inde, très élevée sous certains rapports, est une spiritualité froide en comparaison de la chrétienne, et cela justement à cause causa
cause
aitia
aitía
aition
de son caractère panthéiste qui comporte la négation métaphysique du principe Principe
arche
arkhê
L’Univers total comporte quatre degrés fondamentaux : le Principe en soi, qui est "pur Absolu" ; le Principe déjà compris en Mâyâ, lequel est le Dieu créateur, législateur et salvateur ; le Principe réfléchi dans l’ordre créé, lequel est l’ordre "céleste", et aussi l’Avatâra ; et la création périphérique, qui est purement "horizontale" et "naturelle". [Frithjof Schuon]
de la personne. Dans ses commentaires à Bhagavat Ghita, Aurobindo dit que le sage a la même bienveillance pour tous, il est indifférent à tout, il n’a pas de désirs, il nie la différence entre le bonheur et le malheur [6]. Ces conceptions ont également pénétré dans la spiritualité chrétienne, surtout dans la spiritualité ascétique syrienne, où elles ont trouvé leur résumé dans la Philokalia. Ce détachement desapego
desprendimento
détachement
apatheia
Le détachement est une notion de diverses cultures spirituelles qui décrit un état dans lequel l’individu ne serait pas affecté par les situations.

Maître Eckart considérait le détachement comme une valeur supérieure à l’amour. (Wikipédia)
du monde pluraliste caractérise également la mystique de Plotin et du néoplatonisme. Mais la spiritualité véritablement chrétienne est une spiritualité christologique, c’est-à-dire humaine et divine à la fois, une spiritualité qui ne fait pas disparaître l’homme dans l’identité et l’unité l'unité "Il faut élever cette fine pointe de l’âme, selon laquelle nous sommes unité. Nous participons au Premier, duquel dérive pour toutes choses l’unification, selon l’unité et pour ainsi dire la fleur de notre essence, grâce à laquelle nous nous attachons principalement au Divin. Partout, en effet, ’c’est par le semblable qu’est appréhendé le semblable’, les principes les plus élevés d’unification des êtres par ce qu’il y a d’un dans l’âme. De toutes nos activités, c’est ici la plus haute : par elle nous devenons possédés de Dieu." (Proclus) indifférentes. Cette spiritualité, à la fois divine et humaine, peut bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
avoir pour point de départ la conscience de la nature pécheresse et de l’indignité de l’homme plongé dans les éléments du monde, mais elle doit finir par affirmer sa dignité comme étant celle d’un être semblable à Dieu et prédestiné à l’éternité. Le sentiment amer que nous éprouvons devant la bassesse de l’homme ne doit pas dissimuler à nos yeux la hauteur à laquelle il est destiné. La spiritualité chrétienne n’est pas un désintéressement froid, mais elle est ardente. Si elle comporte le détachement du monde, la libération de ses éléments, elle exige aussi que l’homme partage les destinées du monde, de l’humanité et de toutes les créatures qui souffrent. La spiritualité doit transfigurer, et non étouffer la nature passionnelle de l’homme. Le christianisme délivre l’homme des esprits élémentaires de la nature et. affirme ainsi l’indépendance et la liberté de l’homme et de l’esprit. Mais cela ne signifie nullement qu’il cherche à rendre l’homme indifférent au monde et aux hommes. Le christianisme repose sur le commandement de l’amour de Dieu et du prochain, et c’est en cela que consiste son caractère humain, c’est-à-dire à la fois humain et divin. Rien n’est plus opposé à l’indifférence pour le monde de la multiplicité. L’amour du prochain est en même temps amour du monde multiple Vielfalt
Mannigfaltigkeit
multiplicité
multiplicidade
multiplicidad
multiple
multiplicity
dez mil
ten thousand
dix mille
. S’adresser à l’Unique ne signifie nullement qu’on doive se détourner du multiple, de ce qui est individuel dans le monde. Mais, à l’exemple de tout dans ce monde, la spiritualité s’objective, assume un caractère formel et légaliste, se refroidit, s’adapte à la quotidienneté sociale et au niveau de l’homme moyen. Ce qui frappe dans la vie dite spirituelle des églises et confessions officielles, c’est justement son caractère non spirituel. On a réussi à élaborer une spiritualité conventionnelle, à base de signes et de rhétorique, qui a fait prendre le christianisme en dégoût. Le fait que la spiritualité était primitivement attachée au mythe mythe Un mythe est un récit, porté à l’origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde : sa création (cosmogonie), les phénomènes naturels, le statut de l’être humain, ses rapports avec le divin, la nature ou encore avec les autres humains (d’un autre sexe, d’un autre groupe), etc. présente déjà une signification plus profonde. Tout mythe plus ou moins important est relié à une réalité, mais ce lien peut se relâcher, et la soif de vérité et de sincérité dans la vie spirituelle peut exiger la séparation entre la spiritualité et le mythe. Ce qui marquera le passage du symbol symbolon
symbolisme
symboles
symbole
Étymologie grecque : sym-balleîn = « jeter ensemble ». Correspondance naturelle de signifiant à signifié, chez les ésotéristes. (Pierre Riffard)
isme au réalisme, au réalisme mystique.

Le moi profond de l’homme est inséparable de la spiritualité. L’esprit est un principe de synthèse, qui maintient l’unité de la personne. L’homme doit sans cesse accomplir des actes créateurs par rapport Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
à-lui-même. Ce sont ces actes créateurs qui président à l’auto-réalisation de la personne. Par ces actes, l’homme lutte sans cesse contre la multiplicité de ses faux « moi ». Dans l’homme se meut le chaos, il est lié au chaos que dissimule le cosmos Kosmologie
cosmologie
cosmologia
cosmología
cosmology
cosmo
cosmos
kosmos
. C’est de ce chaos qu’émergent des « moi » illusoires et faux. Chaque passion qui s’empare de l’homme peut faire naître un « moi » qui n’est pas le « moi » véritable, qui est ce que Freud appelle Es. Au cours de la lutte pour la personne, pour le « moi » authentique et profond, s’effectue un processus de désintégration, danger qui guette toujours l’homme, et un processus de synthèse, d’intégration. L’homme a davantage besoin de psychosynthèse que de psychanalyse qui, lorsqu’elle est seule, peut avoir pour effet une décomposition, une désintégration de la personne. C’est la spiritualité venant des profondeurs qui est la force à laquelle la personne doit sa formation et son maintien. Le sang, l’hérédité, la race n’ont, comme l’individu biologique en général, qu’une signification phénoménale. L’esprit, la liberté, la personne ont, au contraire, une importance nouménale. Les sociologues prétendent que la personne humaine se forme sous l’influence de la société, des rapports sociaux, que la société organisée est la source de la plus haute moralité. Mais les influences extérieures que l’homme subit exigent une adaptation à la quotidienneté sociale, aux besoins de l’Etat, de la nation, aux mœurs régnantes. L’homme se trouve ainsi transporté dans l’atmosphère du mensonge utile, du mensonge qui assure la conservation et la sécurité. Mais le pathos de la vérité et de la sincérité crée un conflit entre l’homme et la société. Ce qu’il y a de plus important et de plus significatif dans l’homme provient, non des influences extérieures, du milieu social, bref, non pas du dehors, mais du dedans. Le primat de la société, la domination de la société a pour effet la transformation de la religion religion Le contenu et la raison d’être des religions est le rapport entre Dieu et l’homme ; entre l’Être nécessaire et l’existence contingente. C’est ce rapport qui donne aux religions toute leur puissance et toute leur légitimité ; c’est au contraire leur revendication confessionnelle d’absoluité qui constitue leur relativité. (Frithjof Schuon) en arme de tribu et d’Etat et la négation de la liberté de l’esprit. La religion romaine était fondée sur des sentiments sociaux très forts, mais au point de vue spirituel elle occupait un niveau assez bas. Le christianisme historique a été vicié par des influences et des adaptations sociales. Le dressage social a rendu l’homme indifférent à la vérité. Tout système de monisme social est hostile à la liberté de l’esprit. Le conflit entre l’esprit et la société organisée et légaliste est éternel. Mais ce serait se tromper que d’interpréter ce conflit comme ayant pour but le triomphe de l’individualisme et de l’esprit asocial. Insistons, au contraire, sur le fait qu’il existe une sociabilité interne, que l’homme est un être social et qu’il ne peut se réaliser pleinement que dans la société. Mais une société meilleure, plus juste, plus humaine ne peut être fondée que sur la. sociabilité spirituelle de l’homme, avec des éléments provenant de sa source existentielle, et non de l’objectivation. Au point de vue métaphysique, une société déifiée est un principe réactionnaire. Il est possible pour la spiritualité de pénétrer dans la vie sociale, et tout ce qu’il y a de meilleur dans celle-ci provient de cette source. La spiritualité apporte avec elle la libération, elle apporte l’humanité, tandis que la prédominance de "la société objective est un esclavage. Il faut complètement renoncer à la fausse théorie qui avait été en vigueur dans la deuxième moitié du xixe siècle et d’après laquelle l’homme serait créé pour le milieu social. Au contraire, c’est le milieu social qui existe pour l’homme. Cela ne veut pas dire que le milieu social soit sans action action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
sur l’homme : au contraire, cette-action existe, et elle est même très forte. Mais un milieu social fondé sur l’esclavage et qui transforme l’homme en esclave est lui-même une création d’âmes serviles. Si Dieu n’existe pas, je suis l’esclave du monde. L’existence de Dieu est une garantie de mon indépendance par rapport au monde, à la société, à l’Etat. D’après Dostoïevski, c’est par orgueil que l’homme croirait parfois en Dieu. Le sens de cette idée, en apparence paradoxale, est que l’homme ne consent pas à s’incliner devant le monde, la société et les hommes, qu’il ne consent à s’incliner que devant Dieu qui est la seule source de son indépendance et de sa liberté en face des puissances du monde. Le bon orgueil consiste à ne vouloir s’incliner devant rien et devant personne, en dehors de Dieu. La spiritualité, qui est toujours inséparable de Dieu, signifie la possession d’une force intérieure qui rend l’homme capable de résister au pouvoir que le monde et la société font peser sur lui. Il est absurde de croire que l’existence de Dieu est une cause de ma pauvreté, parce que l’existence de Dieu comporterait l’aliénation de ce qui constitue ma richesse propre (Feuerbach). Non : l’existence de Dieu est pour moi une source de richesses indénombrables. Je ne suis très pauvre que pour autant que j’existe seul, qu’il n’y a rien qui soit au-dessus de moi. Et le monde entier serait pauvre et terne, s’il devait se suffire à lui-même, s’il ne renfermait pas un mystère mystère
mysterion
mystères
Du grec musterion, fermer les yeux ou la bouche. Désigne un secret, les pratiques et les rites réservées aux initiés, un objet de difficile connaissance, et l’initiation des doctrines secrètes. (V. Siret)
.

En plus de la spiritualité dont parlent les livres mystiques qui décrivent le chemin suivi par l’âme pour parvenir à Dieu, il y a une spiritualité tout à fait différente, qu’on peut appeler prophétique. Le prophétisme est une inspiration inspiration
inspiratio
Une inspiration est une idée qui vient du plus profond de nous. Mais parfois, quelqu’un ou quelque chose peut inspirer une nouvelle idée. (Wikipédia)
venue de Dieu ; par lui, c’est une voix intérieure, la voix de Dieu qui parle des destinées du monde, de l’humanité et du peuple, des choses à venir. L’homme d’inspiration prophétique est solitaire, souvent lapidé par le peuple même qu’il sert, mais il est spirituellement social, spirituellement tourné vers la société. Le chemin que suit l’inspiration prophétique n’est pas celui de l’ascension méthodique, mais celui d’une illumination intérieure. La spiritualité prophétique diffère radicalement de la spiritualité mystique des écoles mystiques de l’Inde et de la Grèce. C’est une spiritualité d’un type propre à l’ancien Israël, mais aussi à l’iranisme et au christianisme. Mais ce dernier réunit les deux types de spiritualité. La spiritualité se rattache soit à l’eschatologie eschatologie Le mot eschatologie est composé du grec eschatos (ἔσχατος), le dernier, et logos, "parole", "étude". L’eschatologie est le discours sur la fin des temps. Il relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire du monde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ». Dans de nombreuses religions, celle-ci est un événement futur prophétisé dans les textes sacrés ou le folklore. Plus largement, l’eschatologie peut embrasser des concepts qui sont liés tels que celui de Messie ou des temps messianiques, l’après-vie et l’âme. Wikipédia individuelle,, soit à celle de l’histoire universelle. Primitivement, le christianisme avait reçu en héritage le messianisme de l’ancien Israël, qui se rapportait aux destinées historiques, et la mystique grecque qui cherchait, dans ses mystères, à conquérir l’immortalité individuelle. Aussi constatons-nous que la doctrine chrétienne, relative à l’immortalité, présente deux couches superposées (immortalité de l’âme individuelle et résurrection des corps) dont il est difficile de réaliser l’unité. Mais la spiritualité est toujours une préparation à l’immortalité et un gage de celle-ci. La structure structure D’une manière générale, la façon dont les éléments participants d’un système sont organisés entre eux. Un phénomène est dit structurel (opposé à conjoncturel) s’il est inhérent au mode d"organisation d’un système, d’une société. naturelle de l’homme n’est pas immortelle par elle-même, mais elle le devient, lorsque l’esprit, le principe par lequel se trouve réalisée l’union du divin et de l’humain, s’est emparé de l’homme. L’amour est la principale force spirituelle qui délivre de la mort mort La mort d’un être vivant est l’arrêt irréversible de ses fonctions vitales : assimilation de nutriments, respiration, fonctionnement du système nerveux central. On la distingue d’un arrêt temporaire (hibernation, congélation). Elle est suivie de la décomposition de l’organisme mort sous l’action de bactéries ou de nécrophages. et procure l’immortalité, il est plus fort que la mort. L’amour fait partie de la personne et exige l’immortalité pour la personne. Dans le livre que nous avons déjà cité, Nygren voit l’essence essence
ousía
Les termes "substance" et "essence" sont souvent synonymes, mais à rigoureusement parler, le premier terme suggère une continuité, et le second, une discontinuité ; le premier se référant plutôt à l’immanence, et le second, à la transcendance. [Frithjof Schuon]
du christianisme dans l’agapé qu’il rattache au collectif, c’est-à-dire à l’Eglise. Dans l’Eros, c’est l’homme qui s’élève à Dieu, tandis que dans l’Agapé c’est Dieu qui descend jusqu’à l’homme. Dieu aime, parce qu’il aime, et non en raison de telles ou telles qualités de l’aimé. C’est ce qui caractérise justement l’amour humain. Mais il est impossible de faire rentrer l’amour, qui est un des phénomènes, les plus mystérieux de la vie du monde, dans les cadres de 1’, « Eros » et de 1’ « Àgapé ». D’après Nygren, la mystique et la gnose connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
sont sous le signe de l’Eros et, pour cette raison, niés. La spiritualité, sous toutes ses formes, est une lutte ayant l’éternité pour enjeu. L’humanité véritable exige cette lutte, la mort étant le principe le plus inhumain. Dans la terminologie chrétienne, spiritualité signifie affirmation du Saint-Esprit Esprit-Saint
Saint-Esprit
Le Saint-Esprit représente, comme la Vierge, le mystère du divin Amour. [Frithjof Schuon]
dans le monde et dans l’homme. Mais le Saint-Esprit ne se révèle pas encore complètement, ne se répand pas tout entier dans la vie du monde. Il y a possibilité d’une nouvelle spiritualité, d’une spiritualité à la fois divine et humaine, grâce à laquelle les forces créatrices de l’homme se manifesteront comme elles ne se sont encore jamais manifestées jusqu’à ce jour. Ce qui caractérisera le plus cette nouvelle spiritualité, ce seront l’activité créatrice, la liberté, l’amour. Elle sera une réponse aux souffrances du monde, aux souffrances incessantes de l’homme. La vieille spiritualité ne s’est pas montrée capable de donner cette réponse. Mais l’épaississement des ténèbres ténèbres Les ténèbres sont d’abord un concept ou une croyance religieuse qui désigne le néant, la mort, l’état de l’âme privée de Dieu, de la grâce, et qui signifie privation totale de lumière, obscurité. Le mot est attesté dès le XIIe siècle. Du latin tenebræ, ayant la même signification. précède toujours et nécessairement l’apparition de la lumière. Un affaiblissement apparent de la spiritualité peut bien préciser sa nouvelle intensification. Avant que se soit effectuée l’union du divin et de l’humain, on assistera encore à des explosions de l’inhumain, suites de la rupture entre l’homme et Dieu. La dialectique dialectique Du grec dialegesthai, converser, et dialegein, trier, distinguer.

La dialectique est une méthode de raisonnement, de questionnement et d’interprétation qui a pris plusieurs formes au cours des siècles. Ses sens sont nombreux et difficiles à cerner.
existentielle du divin et de l’humain n’a pas encore atteint son terme, mais elle touche parfois au terme et à la limite, de sorte que l’homme se trouve placé devant un abîme. L’attente de la nouvelle spiritualité est l’attente d’une nouvelle révélation Révélation La Révélation (on emploie généralement une majuscule dans cette acception du mot) est, pour une religion, la connaissance qu’elle affirme détenir de source divine. Les manifestations divines par lesquelles cette connaissance est parvenue aux hommes sont tantôt des apparitions (théophanies), tantôt l’inspiration à des prophètes de textes considérés comme sacrés. Les religions rattachées à la trilogie judaïsme-christianisme-islam, en particulier, sont dites révélées. du Saint-Esprit dans et par l’homme. Ce ne peut être une attente passive, mais un état actif de l’homme. Si l’homme était condamné à attendre, tremblant et passif, que les événements viennent d’en haut, la spiritualité ne serait pas humaine en même temps que divine, l’humanité divine serait impossible. Le paraclétisme s’est manifesté plus d’une fois dans l’histoire du christianisme, mais les temps n’étaient pas encore venus. Il y a tout lieu de croire que ces temps sont proches.


Voir en ligne : Théosophie


[1Critique, sociologue et révolutionnaire russe.

[2Voir mon livre : Esprit et réalité.

[3C’est une idée que je développe dans un livre qui doit bientôt paraître en plusieurs langues et ayant pour titre : Création et objectivation.

[4Voir mon livre : Esprit et Réalité.

[5Voir Fr. Heiler : Das Gebet.

[6Voir le livre déjà cité : Le Bhagavad Gitâ, interprétée par Shri Aurobindo.