Philosophia Perennis

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Anthologie Persane (XIe-XIXe siècles).

Chabistari : Extraits de « La roseraie du mystère »

Dir. Henri Massé. Payot, 1950.

vendredi 12 décembre 2008

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

Du christianisme.

Dans le christianisme, on a pour but suprême — je l’ai bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
vu — de se dépouiller de soi Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
-même, d’échapper aux liens de l’obédience aveugle. Le vestibule saint de l’Unité l'unité "Il faut élever cette fine pointe de l’âme, selon laquelle nous sommes unité. Nous participons au Premier, duquel dérive pour toutes choses l’unification, selon l’unité et pour ainsi dire la fleur de notre essence, grâce à laquelle nous nous attachons principalement au Divin. Partout, en effet, ’c’est par le semblable qu’est appréhendé le semblable’, les principes les plus élevés d’unification des êtres par ce qu’il y a d’un dans l’âme. De toutes nos activités, c’est ici la plus haute : par elle nous devenons possédés de Dieu." (Proclus) divine divin
divinité
divino
divindade
divindad
divine
divinity
, c’est l’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
, ce couvent, abri de l’Éternel. Cette façon d’agir action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
est venue de Jésus, âme divine et procédant de l’Esprit esprit
pneuma
espírito
spirit
mente
mind
saint. En toi également Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
a placé une âme sur laquelle est inscrit le signe de l’Esprit. Si tu peux t’évader de ta nature nature
physis
phusis
phúsis
Le grec phúsis dérive de la racine indo-européenne bhû-, qui a donné en sanskrit comme verbe : "devenir", "se produire", "avoir lieu" ; comme non : "terre", "sol", "lieu", "état", "condition". Peut désigner aussi bien l’origine, que le déroulement et le résultat de tout processus. (Luc Brisson)
humaine, tu entres dans la vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. très sainte du divin. Quiconque devient pur comme un ange anjo
anjos
ange
anges
angel
angeles
arcanjo
arcanjos
archange
archanges
s’élève au quatrième ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
avec l’esprit de Dieu.

L’enfant qui tête encor demeure emprisonné tout auprès de sa mère, au fond de son berceau. Lorsqu’il devient adulte et apte à voyager, s’il est homme homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
vraiment, il s’attache à son père. Or donc les éléments dont tu es fabriqué sont par rapport Beziehung
Bezug
Verhältnis
Weiter-reden 
relation
relação
relación
rapport
à toi la mère par la chair chair
sarx
carne
carnal
carnalidade
carnalidad
carnality
charnel
, tandis que ton père est d’ordre spirituel. C’est pourquoi Jésus dit, à son ascension ascensão
ascension
 : « Si je monte, c’est pour aller trouver mon père. » Toi aussi, va donc vers Celui dont tu es l’âme ; tes compagnons sont loin ; tourne-toi vers ton Père. Si tu veux devenir un oiseau de haut vol, abandonne aux vautours ce monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
— une charogne ; laisse aux êtres abjects ce bas monde trompeur, car ce n’est qu’aux chiens qu’on donne une charogne. (Vers 931 et suiv.)

La raison dianoia
la raison
raison discursive
reason
razão
razón
et l’au-delà.

L’aveugle-né ne te croit pas quant aux couleurs, même si durant tout un siècle tu décrivais et tu prouvais. Le blanc, le vert, le rouge et le jaune à ses yeux ne font tous à la fois qu’une même noirceur. Considère ce malheureux aveugle-né : pourrait-il voir, même soigné par l’oculiste ? Or la raison, pour voir l’état de l’au-delà, est comme cet aveugle en présence du monde. Mais, outre la raison, l’homme est doué d’un sens grâce auquel il pourra connaître connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
les mystères mystère
mysterion
mystères
Du grec musterion, fermer les yeux ou la bouche. Désigne un secret, les pratiques et les rites réservées aux initiés, un objet de difficile connaissance, et l’initiation des doctrines secrètes. (V. Siret)
. Dieu l’a glissé dans l’âme et dans le corps Körper
corpo
corps
soma
cuerpo
body
de l’homme à la façon du feu feu Dans la philosophie chinoise, il fait partie des cinq éléments avec le métal, l’eau, le bois et la terre.

Chez les alchimistes en occident, il fait partie des quatre éléments inertes de base composant chaque matière avec l’eau, l’air et la terre.
dans le fer et la pierre. Et par cette étincelle, alors qu’ils s’entrechoquent, ce monde et l’au-delà se montrent à là fois. Cette collision révèle le mystère ; lorsque tu as compris, va donc ! rends-toi parfait ! Tu es une copie à l’image image
eikon
eikón
Il n’y a pas de théophanie qui ne soit préfigurée dans la constitution même de l’être humain, car celui-ci est "fait à l’image de Dieu" ; l’ésotérisme entend actualiser ce que Dieu a mis de divin dans ce miroir de lui-même qu’est l’homme. (Frithjof Schuon, Résumé de métaphysique intégrale)
de Dieu ; ce que tu veux savoir episteme
saber
savoir
ciência
science
ciencia
, cherche-le donc en toi. (Vers 427 et suiv.)

Les divers modes de l’être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
.

Une vapeur s’élève de la mer puis sur l’ordre de Dieu descend vers le désert. Du quatrième ciel, les rayons du soleil qui se sont répandus se mélangent à elle. Ensuite la chaleur remonte vers le ciel ; l’eau l’eau
água
water
sortie de la mer s’est attachée à elle ; à ces deux éléments se joignent terre terre L’ordre "terrestre", - qu’il s’agisse de notre terre ou d’autres mondes analogues qui nous restent forcément inconnus, l’ordre "terrestre" donc est ce monde purement "naturel" que nous avons mentionné plus haut. [Frithjof Schuon] et air (= quatre quatre
quaternité
Quand la quaternité est horizontale, elle se réfère aux qualités universelles ; quand elle est verticale, elle indique les degrés de l’Univers - l’enfoncement dans la relativité. [Frihtjof Schuon]
éléments), et le végétal vert et charmant en résulte. Pour l’animal Tier
animal
zoon
Tierheit
animalidade
il se transforme en aliment et il est digéré quand l’homme l’a mangé. Alors il devient sperme et prend divers aspects ; et derechef un être humain se manifeste. Quand, telle une clarté, l’âme entre dans le corps, ce même corps devient subtil et lumineux — corps d’un petit enfant puis d’un adolescent et puis d’un homme mûr et enfin d’un vieillard ; grâce à cette âme, l’homme acquiert des connaissances, le jugement, l’entendement et la méthode. Alors son terme vient, fixé par Dieu très saint : ce qui de lui est pur s’en retourne vers Dieu, mais ce qui est poussière à la terre Terre
Terra
Earth
Tierra
retourne. Chacune des parties qui forment l’univers Univers L’Univers est un tissu fait de nécessité et de liberté, de rigueur mathématique et de jeu musical ; tout phénomène participe de ces deux principes. [Frithjof Schuon] ressemble au végétal par son évolution evolução
évolution
evolution
evolución
 : de l’océan de vie chacune est une goutte. Leur temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. , ayant passé, retourne sur lui-même et leur fin fin
finalité
telos
télos
Le finalisme est une option théorique qui affirme l’existence d’une cause finale de l’univers, de la nature ou de l’humanité. Elle présuppose un dessein, un but ultime, une signification, immanents ou transcendants, présents dès leur origine. Cette perspective est aussi dite téléologique.
aboutit au recommencement. (Vers 487 et suiv.)

Mœurs et qualités louables.

Les principes d’un bon naturel sont justice, sagesse sophia
sagesse
sabedoria
wisdom
sabedoría
σοφία
en second lieu Ort
lieu
lugar
location
locus
place
, continence, courage. Celui qui est orné de ces quatre vertus est un sage, très droit en propos et en actes. La sagesse avertit et son âme et son cœur coeur
kardia
cœur
coração
coración
heart
 : ainsi, il ne devient ni fourbe ni stupide. La continence voile en son cœur le désir désir
epithymia
epithymía
épithymétikon
épithymia
, bannit l’avidité de même que l’envie. Ce sage est intrépide, et pur de vil orgueil orgueil
hyperephanía
arrogance
infatuation
Selon Jean-Claude Larchet (Thérapeutique des maladies spirituelles), les Pères envisagent l’orgueil comme très proche de l’amour-propre. Comme celui-là il a deux composantes : l’une se manifeste dans les rapports de l’homme avec ses semblables et l’autre concerne la relation de l’homme à Dieu.
 ; son être est affranchi d’audace et de couardise. L’équité est ce qui distingue sa personne ; nulle injustice ! aussi son caractère est bon. Les belles qualités sont au juste milieu également distant du trop et du trop peu. Alors qu’en ce milieu se trouve la vraie Voie Tao
Dao
Voie
Way
Le Tao, qu’on traduit littéralement par "Voie", et qui a donné son nom à la doctrine elle-même, est le Principe suprême, envisagé au point de vue strictement métaphysique. René Guénon
, sur chacun des côtés c’est l’abîme infernal. Cette voie est tranchante et mince comme un sabre ; on ne peut y marcher ni s’y tenir longtemps. (Vers 597 et suiv.)


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