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Les soirées de Saint-Pétersbourg

Joseph de Maistre : Le mal et le péché (IV)

IXe entretien

lundi 24 novembre 2008

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

LE COMTE

Les hommes homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
n’ont jamais douté que l’innocence ne pût satisfaire pour le crime ; et ils ont cru de plus qu’il y avait dans le sang une force expiatrice ; de manière que la vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. , qui est le sang, pouvait racheter rédemption
redemptio
redimere
racheter
redemptor
rédempteur
apolutrôsis
apolytrosis
Le mot français rédemption, est une transcription du latin redemptio, qui vient de redimere : racheter. Le redemptor — qui a donné le français rédempteur — c’est celui qui rachète. la rédemption, dans sa signification théologique, c’est beaucoup plus que la libération économique, politique, sociale. C’est une guérison et un achèvement de l’homme dans une direction qui le conduit au-delà de l’homme. (Claude Tresmontant)
une autre vie.

Examinez bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
cette croyance, et vous verrez que si Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
lui-même ne l’avait mise dans l’esprit esprit
pneuma
espírito
spirit
mente
mind
de l’homme, jamais elle n’aurait pu commencer. Les grands mots de superstition, et de préjugé n’expliquent rien rien Le mot rien désigne une absence de chose(s), sans la notion de dénombrement ou de concept mathématique qui s’attache au nombre zéro. « Il n’y a rien ici » signifie qu’aucun objet n’est présent, sans a priori sur la nature des objets qui auraient pu se trouver à l’endroit considéré.  ; car jamais il n’a pu exister Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
d’erreur universelle et constante. Si une opinion fausse règne sur un peuple, vous ne la trouverez pas chez son voisin ; ou si quelquefois elle paraît s’étendre, je ne dis pas sur tout le globe, mais sur un grand nombre de peuples, le temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. l’efface en passant.

Mais la croyance dont je vous parle ne souffre aucune exception de temps ni de lieu Ort
lieu
lugar
location
locus
place
. Nations antiques et modernes, nations civilisées ou barbares, époques de science episteme
saber
savoir
ciência
science
ciencia
ou de simplicité, vraies ou fausses religions, il n’y a pas une seule dissonance dans l’univers Univers L’Univers est un tissu fait de nécessité et de liberté, de rigueur mathématique et de jeu musical ; tout phénomène participe de ces deux principes. [Frithjof Schuon] .

Enfin l’idée du péché péché Péché est un mot utilisé dans les religions et certaines sectes pour désigner une transgression volontaire ou non de ce que celle-ci considère comme loi divine. Il est souvent défini comme une désobéissance, un refus, un obstacle au salut ou encore comme une cause de mort de l’âme. et celle du sacrifice sacrifice Sacrifice, étymologiquement « fait de rendre sacré » (du latin sacrificium, de sacer facere). pour le péché, s’étaient si bien amalgamées dans l’esprit des hommes de l’antiquité, que la langue sainte exprimait l’un L'Un
hen
hén
L’Un, en philosophie ou en mystique, désigne le Principe suprême, souvent donné comme impensable et ineffable. Historiquement, cette notion prend tout son essor, en philosophie, à partir du néoplatonisme de Plotin au milieu du IIIe siècle. Grammaticalement, le mot « un » est ici employé comme substantif et avec majuscule (comme « Dieu » ou « Être »). Le mot s’oppose principalement à Multiple (dès Platon) et entre dans la liste des transcendantaux (avec Être, Bien, Vrai, Beau... qui sont au-delà des catégories et peuvent se convertir : Un = Bien = Beau). C’est l’Un-Dieu, l’Un-principe, mesure suprême.
et l’autre par le même mot. De là cet hébraïsme si connu, employé par saint Paul, que le Sauveur a été fait péché pour nous.

À cette théorie des sacrifices, se rattache encore l’inexplicable usage de la circoncision pratiquée chez tant de nations de l’antiquité ; que les descendants d’Isaac et d’Ismaël perpétuent sous nos yeux avec une constance non moins inexplicable, et que les navigateurs de ces derniers siècles ont retrouvé dans l’archipel de la mer Pacifique (nommément à Tahiti), au Mexique, à la Dominique, et dans l’Amérique septentrionale, jusqu’au 30e degré de latitude.

Quelques nations ont pu varier dans la manière ; mais toujours on retrouve une opération douloureuse et sanglante faite sur les organes de la reproduction. C’est-à-dire : Anathème sur les générations humaines, et SALUT salut Dans les religions qui constatent la rupture entre Dieu et les humains, le salut, salut de l’âme ou salut éternel est le rétablissement durable, éternel, des liens entre eux. PAR LE SANG.

Le genre humain professait ces dogmes depuis sa chute chute
queda
decadência
caída
fall
, lorsque la grande victime, élevée pour attirer tout à elle, cria sur le Calvaire : TOUT EST CONSOMMÉ !

Alors le voile du temple s’étant déchiré, le grand secret du sanctuaire fut connu, autant qu’il pouvait l’être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
dans cet ordre de choses dont nous faisons partie. Nous comprîmes pourquoi l’homme avait toujours cru qu’une âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
pouvait être sauvée par une autre, et pourquoi il avait toujours cherché sa régénération dans le sang.

Sans le Christianisme, l’homme ne sait ce qu’il est, parce qu’il se trouve isolé dans l’univers et qu’il ne peut se comparer à rien ; le premier service que lui rend la religion religion Le contenu et la raison d’être des religions est le rapport entre Dieu et l’homme ; entre l’Être nécessaire et l’existence contingente. C’est ce rapport qui donne aux religions toute leur puissance et toute leur légitimité ; c’est au contraire leur revendication confessionnelle d’absoluité qui constitue leur relativité. (Frithjof Schuon) est de lui montrer ce qu’il vaut, en lui montrant ce qu’il a coûté.