Philosophia Perennis

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Histoire de la Philosophie - La Philosophie Byzantine

Maxime le Confesseur

Basile Tatakis

mardi 25 septembre 2007

Extrait de « Histoire de la Philosophie », Fascicule supplémentaire - La Philosophie Byzantine, de Basile Tatakis

L’attitude de Léonce de Byzance, lors du premier schisme, montre en lui un partisan de l’indépendance de l’Église envers l’État. Ce trait est plus manifeste encore chez Maxime. Issu d’une grande famille de Constantinople, après avoir été secrétaire de l’empereur Héraclée, Maxime se retira vers 630 au monastère de Chrysopolis, en face de Constantinople. Pendant cette retraite riche en méditations et en études, il composa ses meilleurs ouvrages. L’hérésie vint interrompre la retraite de Maxime. Le patriarche œcuménique Sergios dans son désir de mettre fin aux discussions christologiques et d’obtenir l’unité et la paix à l’intérieur de l’Église publia l’Ecthèse, par laquelle il recommandait d’accepter deux natures en Jésus, mais une seule volonté et opération. Sans y avoir nullement pensé, Sergius donna naissance à une nouvelle hérésie, le monothélisme. Maxime, s’y opposa résolument et déploya une activité, une ténacité et une ardeur surprenantes pour combattre la nouvelle hérésie. Quand l’empereur Constant II publia le Type par lequel il défendait toute discussion au sujet du nombre des volontés et opérations en Christ, il ne lui reconnut pas le droit de se mêler des affaires de l’Église. Cette ferme attitude valut à Maxime d’être appelé défenseur de la foi, mais attira aussi contre lui des persécutions cruelles. Après avoir, semble-t-il, été cruellement mutilé il mourut en exil, en martyr, le 13 août 662, conformément, dit-on, à la prédiction qu’il avait faite quinze jours auparavant à ses compagnons d’exil. L’Église reconnaît en lui un saint ; il fut en effet un saint, dans ses actes, dans ses pensées, dans sa foi, dans sa vie. L’attitude des Empereurs et de Sergios était motivée par des raisons politiques. Ils travaillaient plutôt pour la sûreté de l’Empire que pour la pureté de la foi. Maxime ne s’intéressait qu’à la question religieuse, purement et simplement. Quelques légendes, auxquelles sa vie et sa mort ont donné naissance, trahissent la profonde admiration dont le saint homme jouissait parmi ses contemporains. Dieu, nous dit-on, ne permit pas que la langue et la main de Maxime restent inactives ; c’est pourquoi Maxime, à peine mutilé, recouvra ses membres. De sa tombe, dès qu’il fut enseveli, jaillirent trois flambeaux, répandant loin une lumière mystique et annonçant que Dieu reçut le saint dans la sérénité des cieux. Maxime a fait des études très soignées. Il sut joindre aux études théologiques les disciplines libérales. Sa production est étonnante, tant par la diversité des sujets que par le nombre et la masse de ses écrits. Ses écrits ne subsistent pas tous, et ceux qui subsistent ne sont pas tous édités. Seul parmi ses ouvrages, le court traité de l’âme peut-être considéré comme un écrit nettement philosophique. Mais ce traité n’offre qu’une idée mince et sommaire de la pensée maximienne ; en outre son authenticité est contestée. Pour avoir une idée, aussi complète que possible, de la pensée de Maxime il faut, sauf le traité de l’âme, recourir aux écrits suivants : les Quaestiones ad Thalassium, dont le texte ne comprend apparemment que les grandes lignes de l’ouvrage projeté, les Chapitres sur l’amour, comprenant quatre centuries, les 6 Chapitres théologiques, la mystagogie, l’écrit sur Les Diverses Apories des saints Denys (pseudo-Denys) et Grégoire de Nysse, les Demandes et réponses, les Lettres à l’archevêque Jean et à Marinus ; en plus les Commentaires à des passages difficiles de pseudo-Denys et de Grégoire de Nysse, essentiels même pour la compréhension de la théologie et du mysticisme de ces deux Pères. Le ton élevé et la teinte mystique de la pensée de Maxime nous les trouvons jusque y dans les hymnes qu’il composa. Pour se faire donc une idée, tant soit peu claire, de sa pensée, il faut parcourir presque tout ce qu’il a écrit. Il écrivait à la hâte, prenait son bien partout, où il le trouvait, et engagé qu’il était dans le combat contre le monothélisme il n’avait pas le temps de nous laisser un exposé systématique. Les redites sont fréquentes dans ses œuvres, les passages obscurs aussi ; c’est ce qui a fait que l’auteur lui-même révisant ses propres écrits y ajouta des scholies. C’est là une difficulté particulière pour quiconque veut aborder Maxime. Il y en a d’autres. Ses œuvres trop méditées, copiées et recopiées pendant plusieurs siècles de vie monastique devinrent, quelque peu, le bien commun ; c’est ce qui fait que les interpolations y pullulent. Plusieurs savants ne veulent pas considérer comme authentiques les centuries théologiques ; une étude attentive pourtant prouve que sur les 500 numéros de cet ouvrage, la plupart se retrouvent mot par mot dans d’autres œuvres authentiques de Maxime. C’est pourquoi une édition critique des œuvres de Maxime est une condition sine qua non pour l’étude définitive de sa pensée.


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