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Histoire de la Philosophie - La Philosophie Byzantine

Maxime le Confesseur

Basile Tatakis

mardi 25 septembre 2007

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

Extrait de « Histoire de la Philosophie », Fascicule supplémentaire - La Philosophie Byzantine, de Basile Tatakis

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

L’attitude de Léonce de Byzance, lors du premier schisme, montre en lui un partisan de l’indépendance de l’Église envers l’État. Ce trait est plus manifeste encore chez Maxime. Issu d’une grande famille de Constantinople, après avoir été secrétaire de l’empereur Héraclée, Maxime se retira vers 630 au monastère de Chrysopolis, en face de Constantinople. Pendant cette retraite retrait
anachorèse
anachorète
ermite
érémitisme
retraite
Une simplification pleine de foi de notre commerce avec la Divinité, dans la sérénité d’une conscience apaisée. Un voile jeté sur les vanités aveuglantes du monde, une purification du regard intellectuel, qui se retournera vers l’intérieur de l’âme pour y retrouver son bien suprême et découvrir les obstacles à sa possession.
riche en méditations et en études, il composa ses meilleurs ouvrages. L’hérésie hérésie Une hérésie (du grec αἵρεσις haíresis, choix, préférence pour une doctrine) est d’abord une école de pensée. Le jardin d’Épicure était une telle haíresis. La traduction latine en est secta, secte. L’Antiquité n’attache pas de valeur péjorative à ces termes. vint interrompre la retraite de Maxime. Le patriarche œcuménique Sergios dans son désir désir
epithymia
epithymía
épithymétikon
épithymia
de mettre fin fin
finalité
telos
télos
Le finalisme est une option théorique qui affirme l’existence d’une cause finale de l’univers, de la nature ou de l’humanité. Elle présuppose un dessein, un but ultime, une signification, immanents ou transcendants, présents dès leur origine. Cette perspective est aussi dite téléologique.
aux discussions christologiques et d’obtenir l’unité l'unité "Il faut élever cette fine pointe de l’âme, selon laquelle nous sommes unité. Nous participons au Premier, duquel dérive pour toutes choses l’unification, selon l’unité et pour ainsi dire la fleur de notre essence, grâce à laquelle nous nous attachons principalement au Divin. Partout, en effet, ’c’est par le semblable qu’est appréhendé le semblable’, les principes les plus élevés d’unification des êtres par ce qu’il y a d’un dans l’âme. De toutes nos activités, c’est ici la plus haute : par elle nous devenons possédés de Dieu." (Proclus) et la paix paix
paz
peace
à l’intérieur de l’Église publia l’Ecthèse, par laquelle il recommandait d’accepter deux natures en Jésus, mais une seule volont voluntas Notre volonté n’est pleinement humaine que par sa participation opérative aux vérités concernant Dieu et nos fins dernières. [Frithjof Schuon] é et opération. Sans y avoir nullement pensé, Sergius donna naissance à une nouvelle hérésie, le monothélisme. Maxime, s’y opposa résolument et déploya une activité, une ténacité et une ardeur surprenantes pour combattre la nouvelle hérésie. Quand l’empereur Constant II publia le Type par lequel il défendait toute discussion au sujet sujet
objet
La notion du « sujet », loin de n’être que psychologique, est avant tout logique et principielle et ne saurait se restreindre par conséquent à aucun ordre particulier ; la subjectivité évidente des facultés de sensation prouve déjà que le couple sujet-objet n’appartient pas au seul domaine de la psychologie. [Frithjof Schuon]
du nombre des volontés et opérations en Christ, il ne lui reconnut pas le droit de se mêler des affaires de l’Église. Cette ferme attitude valut à Maxime d’être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
appelé défenseur de la foi
foi
faith
pistis
Croire sincèrement, c’est croire comme si on voyait ; c’est admettre avec tout notre être ; c’est donc se détacher du multiple, du divers, de tout ce qui n’est pas l’Un ; c’est toute la voie, jusqu’à l’union. [Schuon]
, mais attira aussi contre lui des persécutions cruelles. Après avoir, semble-t-il, été cruellement mutilé il mourut en exil, en martyr, le 13 août 662, conformément, dit-on, à la prédiction qu’il avait faite quinze jours auparavant à ses compagnons d’exil. L’Église reconnaît en lui un saint ; il fut en effet un saint, dans ses actes, dans ses pensées, dans sa foi, dans sa vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. . L’attitude des Empereurs et de Sergios était motivée par des raisons politiques. Ils travaillaient plutôt pour la sûreté de l’Empire que pour la pureté de la foi. Maxime ne s’intéressait qu’à la question religieuse, purement et simplement. Quelques légendes, auxquelles sa vie et sa mort mort La mort d’un être vivant est l’arrêt irréversible de ses fonctions vitales : assimilation de nutriments, respiration, fonctionnement du système nerveux central. On la distingue d’un arrêt temporaire (hibernation, congélation). Elle est suivie de la décomposition de l’organisme mort sous l’action de bactéries ou de nécrophages. ont donné naissance, trahissent la profonde admiration dont le saint homme homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
jouissait parmi ses contemporains. Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
, nous dit-on, ne permit pas que la langue et la main de Maxime restent inactives ; c’est pourquoi Maxime, à peine mutilé, recouvra ses membres. De sa tombe, dès qu’il fut enseveli, jaillirent trois trinité
trois
triade
ternaire
L’archétype divin de tous les ternaires positifs est la trinité védantine Sat, Chit, Ananda : Dieu, à partir de son Essence surontologique, est pur "Être", pur "Esprit", pure "Félicité". Quand la trinité est horizontale, elle exprime les facultés a priori divines ; quand elle est verticale, elle exprime les tendances cosmiques. [Frithjof Schuon]
flambeaux, répandant loin une lumière lumière La lumière semble avoir fait l’objet d’une interprétation symbolique dès que les hommes se sont mis à croire dans un au-delà. Depuis la possible déification du feu, devenu élément vital pour l’Homme préhistorique, puis l’un des quatre éléments de la philosophie de la Grèce antique, jusqu’à la théologie chrétienne de Dieu comme "lumière des lumières", l’illumination étant présente dans de nombreuses religions, on n’a eu de cesse que de lui accorder des origines et vertus surnaturelles. mystique et annonçant que Dieu reçut le saint dans la sérénité des cieux ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
. Maxime a fait des études très soignées. Il sut joindre aux études théologiques les disciplines libérales. Sa production est étonnante, tant par la diversité des sujets que par le nombre et la masse de ses écrits. Ses écrits ne subsistent pas tous, et ceux qui subsistent ne sont pas tous édités. Seul parmi ses ouvrages, le court traité de l’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
peut-être considéré comme un écrit nettement philosophique. Mais ce traité n’offre qu’une idée mince et sommaire de la pensée maximienne ; en outre son authenticité est contestée. Pour avoir une idée, aussi complète que possible, de la pensée de Maxime il faut, sauf le traité de l’âme, recourir aux écrits suivants : les Quaestiones ad Thalassium, dont le texte ne comprend apparemment que les grandes lignes de l’ouvrage projeté, les Chapitres sur l’amour amour
eros
éros
amor
love
, comprenant quatre quatre
quaternité
Quand la quaternité est horizontale, elle se réfère aux qualités universelles ; quand elle est verticale, elle indique les degrés de l’Univers - l’enfoncement dans la relativité. [Frihtjof Schuon]
centuries, les 6 Chapitres théologiques, la mystagogie, l’écrit sur Les Diverses Apories des saints Denys (pseudo-Denys) et Grégoire de Nysse, les Demandes et réponses, les Lettres à l’archevêque Jean et à Marinus ; en plus les Commentaires à des passages difficiles de pseudo-Denys et de Grégoire de Nysse, essentiels même pour la compréhension de la théologie et du mysticisme mysticisme Le mot mystique (du grec μυάω muaô qui signifie « se taire », « être silencieux » et qui a donné μυστικός mystikos, les « Mystères » de l’Antiquité grecque) désigne « une approche expérimentale du divin » qui serait par nature incommunicable. Dans l’expérience mystique, l’âme humaine accèderait à une rencontre directe avec Dieu. de ces deux Pères. Le ton élevé et la teinte mystique de la pensée de Maxime nous les trouvons jusque y dans les hymnes qu’il composa. Pour se faire donc une idée, tant soit peu claire, de sa pensée, il faut parcourir presque tout ce qu’il a écrit. Il écrivait à la hâte, prenait son bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
partout, où il le trouvait, et engagé qu’il était dans le combat contre le monothélisme il n’avait pas le temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. de nous laisser un exposé systématique. Les redites sont fréquentes dans ses œuvres, les passages obscurs aussi ; c’est ce qui a fait que l’auteur lui-même révisant ses propres écrits y ajouta des scholies. C’est là une difficulté particulière pour quiconque veut aborder Maxime. Il y en a d’autres. Ses œuvres trop méditées, copiées et recopiées pendant plusieurs siècles de vie monastique devinrent, quelque peu, le bien commun ; c’est ce qui fait que les interpolations y pullulent. Plusieurs savants ne veulent pas considérer comme authentiques les centuries théologiques ; une étude attentive pourtant prouve que sur les 500 numéros de cet ouvrage, la plupart se retrouvent mot par mot dans d’autres œuvres authentiques de Maxime. C’est pourquoi une édition critique des œuvres de Maxime est une condition sine qua non pour l’étude définitive de sa pensée.


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