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ENNÉADES I, 7 (54) - Du premier bien et des autres biens

ENNÉADES I, 7 (54) - extraits sur le corps

Trad. Bréhier

samedi 15 novembre 2008

Si la vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. c’est le bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
, le bien appartient à tout être vivant ? - Non ; chez le méchant, la vie est toute boiteuse ; de même l’oeil, qui ne voit pas distinctement, n’accomplit pas sa fonction. - Si la vie, même la nôtre dans laquelle le mal Übel
Böse
mal
evil
maligno
malefic
the bad
kakos
se trouve mélangé, est un bien, comment la mort Tod
mort
morte
muerte
death
n’est-elle pas un mal ? - Un mal pour qui ? Car le mal doit arriver à un être ; mais le mort n’est plus ou, s’il existe, il est privé de vie et souffre moins de mal qu’une pierre (NT : Idée idea
idée
ideia
idea
ιδεα
idéa
d’origine épicurienne, qu’on retrouve aussi dans le mysticisme mysticisme
misticismo
mysticism
μυστικός
mystikos
místico
místicos
mystic
mystique
hermétique.). - Mais la vie et l’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
existent après la mort. - La mort est donc un bien pour l’âme, d’autant que, sans le corps Körper
corpo
corps
soma
cuerpo
body
, elle exerce davantage son activité Yin
Yang
passivité
activité
passif
actif
propre. Et si elle fait partie de l’âme universelle, quel mal y a-t-il pour elle quand elle existe en cette âme ? ENNÉADES I, 7 (54) - Du premier bien et des autres biens 3

D’ailleurs, si la vie est l’union de l’âme et du corps, et la mort leur séparation vereinzelt
isolé
Vereinzeltung
isolement
Vereinzelung
esseulement
singularização
singularidade
individuation
séparation
, l’âme est également propre à recevoir la vie et la mort. ENNÉADES I, 7 (54) - Du premier bien et des autres biens 3

Mais, dans le cas où la vie est vertueuse, comment la mort n’est-elle pas un mal ? - Dans ce cas, la vie est un bien ; mais elle est un bien, non pas en tant qu’elle est l’union de l’âme et du corps, mais parce qu’elle se défend contre le mal grâce à la vertu arete
excellence
vertu
vertue
virtude
virtue
virtud
 ; et la mort est plutôt un bien. Ou bien il faut dire que la vie dans le corps est en elle-même un mal ; l’âme se trouve dans le bien par la vertu, non pas en vivant comme un être composé, mais en se séparant du corps. ENNÉADES I, 7 (54) - Du premier bien et des autres biens 3


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