Philosophia Perennis

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A. Berger

PROCLUS, EXPOSITION DE SA DOCTRINE.

jeudi 11 octobre 2007

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

Héritier de la philosophie grecque tout entière, et devenu maître, par un travail opiniâtre, de tout son héritage, Proclus a légué à son siècle et aux âges suivants une doctrine complète et arrêtée, qui est en même temps temps Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les autres depuis des siècles. le dernier mot du platonisme, et un immense répertoire des opinions de tous les philosophes. Comparer son système aux doctrines antérieures de la philosophie grecque, montrer ce qu’il leur emprunte, comment il le modifie, et ce qu’il y ajoute ; signaler ce qu’il renferme de vrai, apprécier sa part dans l’oeuvre commune de la science science
epistêmê
episteme
sciences
Le sens originel du grec : se placer au-dessus de.... Parménide a ouvert la voie à la conception grecque de l’epistêmê en distinguant le monde de l’opinion et celui de la pensée pure et de l’être. (Y. Lafrance)
 ; ce serait une tâche magnifique, et un travail d’autant plus utile, que Proclus est peut-être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
de tous les philosophes celui que les historiens de la philosophie ont le plus négligé, ou le plus dédaigné. Je n’ai point voulu m’imposer une tâche trop au-dessus de mes forces ; je n’essaierai, ni de comparer Proclus à ses devanciers, ni de juger sa valeur absolue ; j’essaierai seulement d’exposer sa doctrine, et de reconstruire l’édifice dont il a laissé, je le crois, tous les matériaux, quoique dans un désordre qui ne permet pas de les apercevoir d’un coup d’œil. Je n’ai d’autre ambition que celle d’être exact, je n’ose pas dire complet ; et je prends courage en songeant que la première, et peut-être la seule qualité qui soit ici nécessaire, c’est la patience.

Des nombreux écrits de Proclus qui nous sont parvenus, aucun n’est consacré à exposer l’ensemble de sa doctrine : seulement la Théologie selon Platon contient, sous forme forme
idea
eidos
eîdos
idéa
En philosophie, on oppose la forme à la matière dans les cas généraux. Chez Aristote, c’est ce vers quoi tend tout changement : elle est à la fois l’acte, l’essence, la perfection, et le principe d’unité de chaque être. (Wikipédia)
symbol symbolon
symbolisme
symboles
symbole
Étymologie grecque : sym-balleîn = « jeter ensemble ». Correspondance naturelle de signifiant à signifié, chez les ésotéristes. (Pierre Riffard)
ique, la Théodicée de l’auteur presque tout entière ; et dans les Éléments de théologie, les théorèmes sont disposés à peu près dans l’ordre où l’on a besoin de les rencontrer, pour reconstruire le système. Ce sera donc en réunissant des passages divers, en les comparant et en les discutant, que nous établirons toute la suite de la philosophie de Proclus : méthode périlleuse sans doute mais par laquelle Proclus lui-même a cru retrouver avec certitude la doctrine de Platon ; et qui n’aura pas ici, je l’espère, de graves inconvénients, parce que les textes sont aussi nombreux qu’explicites.

PRELIMINAIRES.

I. Il y aune science philosophique — Quelle est cette science, et quelle place Ort
lieu
lugar
location
locus
place
elle occupe dans le développement humain. — Comment on s’y prépare.

Dans toute recherche, on doit commencer, selon Aristote, par constater l’existence Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
de l’objet sujet
objet
La notion du « sujet », loin de n’être que psychologique, est avant tout logique et principielle et ne saurait se restreindre par conséquent à aucun ordre particulier ; la subjectivité évidente des facultés de sensation prouve déjà que le couple sujet-objet n’appartient pas au seul domaine de la psychologie. [Frithjof Schuon]
de la recherche ; immédiatement après, il faut s’occuper de sa nature nature
physis
phusis
phúsis
Le grec phúsis dérive de la racine indo-européenne bhû-, qui a donné en sanskrit comme verbe : "devenir", "se produire", "avoir lieu" ; comme non : "terre", "sol", "lieu", "état", "condition". Peut désigner aussi bien l’origine, que le déroulement et le résultat de tout processus. (Luc Brisson)
. Proclus recommande cette méthode ; toutefois il remarque, et avec raison, ce me semble, qu’avant de se demander si une chose existe, il est nécessaire d’en avoir une certaine connaissance connaissance
gnosis
intuition intellectuelle
gnôsis
connaître
conhecer
gnose
knowledge
know
conocer
conocimiento
 : notion confuse, incomplète, qui ne dispense point d’examiner la question de nature, mais qui permet de résoudre la question d’existence.

Y a-t-il une science philosophique ? Plusieurs en doutaient, au temps de Proclus : « Il me semble, disait-il à son ami Théodore, qu’à force d’avoir entendu Socrate répéter qu’il ne savait rien rien Le mot rien désigne une absence de chose(s), sans la notion de dénombrement ou de concept mathématique qui s’attache au nombre zéro. « Il n’y a rien ici » signifie qu’aucun objet n’est présent, sans a priori sur la nature des objets qui auraient pu se trouver à l’endroit considéré. , se moquer de ceux o qui prétendaient tout savoir, déclarer que plus on s’éloigne de l’affirmation, plus on s’approche de la vérité aletheia
alêtheia
veritas
vérité
truth
verdad
, prouver aux sciences les mieux reconnues qu’elles n’étaient pas de véritables sciences, tu en es venu à douter que nous puissions aucunement connaître la vérité, à croire que seulement nous pouvions rêver la connaître (3) ! » Mais il n’engage pas à ce sujet une polémique sérieuse : « Si nous ne pouvons rien savoir, dit-il, nous ne pouvons pas plus nier qu’affirmer. »

Il ne s’échauffe pas davantage contre ceux qui ne voyaient dans la science de l’arménide, comme dans celle de Socrate, qu’un art Kunst
arte
art
de parler sans rien dire. II s’en tient à la défense de Socrate : ce sont propos d’ignorants. Et néanmoins il avoue que la dialectique dialectique Du grec dialegesthai, converser, et dialegein, trier, distinguer.

La dialectique est une méthode de raisonnement, de questionnement et d’interprétation qui a pris plusieurs formes au cours des siècles. Ses sens sont nombreux et difficiles à cerner.
étant comme l’enseigne Platon, une branche de l’éristique, la multitude légère a pu s’y tromper.

L’âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
peut-elle ici-bas s’élever à la contemplation contemplation
theoria
theoría
contemplação
contempalción
des êtres, enchaînée qu’elle est dans sa lourde prison ? Dans les entretiens secrets de Platon avec ses disciples, la question avait été soulevée ; mais la discussion , s’écrie Proclus, ne dut pas être longue ! Et il cite les passages où l’opinion de Platon à cet égard se montre à découvert : ici, c’est un coryphée parlant du ciel ciel
cieux
céu
céus
heaven
heavens
cielo
cielos
et des astres, et recherchant la nature de tous les êtres ; là , ce sont des hommes homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
s’élevant, par la dialectique, jusqu’à l’idée du bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
absolu Absolu
Absoluto
Absolute
Absoluteness
.

Il est donc évident pour Proclus qu’il y a une science philosophique ; et ce point ne lui parait pas susceptible d’être sérieusement contesté ; mais quelle est cette science ?

Nous sommes entourés d’un monde qui nous est révélé par les sens, monde instable et jamais identique à lui-même ; les impressions qu’il fait sur nous sont mobiles comme lui, vaines et trompeuses ; de là naissent en nous ces désirs impurs, qui nous entraînent, tantôt vers des plaisirs déraisonnables tantôt vers des actions peu sensées on contradictoires. Ce monde, avec sa mobilité, ses futiles apparences, son désordre et ses séductions impies, ne peut être l’objet d’ancune science ; à plus forte raison de la science philosophique.

Au dessus de la sensation expérience
aisthesis
perception
aísthesis
sensation
D’un point de vue très théorique, une expérience est un engagement dans une situation de mise à l’épreuve d’un élément d’ordre spéculatif, souvent appelé hypothèse lorsqu’elle s’inscrit dans un système logique. Cette situation et cet engagement ne sont pas toujours recherchés, il arrive ainsi qu’on parle d’expérience mystique quand se produit une révélation d’ordre spirituel. Au contraire, dans les disciplines scientifiques, les expériences sont qualifiées de scientifiques parce qu’elles sont conduites en respectant des protocoles aussi rigoureux que possible, concernant aussi bien la planification et la mise-en-oeuvre concrète de la situation expérimentale, que le recueil des données (souvent au moyen d’instruments de mesure) ou l’interprétation théorique qu’il en est faite.
et des images qu’en s’évanouissant elle dépose dans les âmes, nous reconnaissons ces notions vagues dont on ne sait rendre compte , mais que la multitude accepte aveuglément, et que les sophistes sophistes 1. un ensemble de penseurs, d’orateurs et d’enseignants grecs du Ve siècle av. J.-C. (et du début du siècle suivant) ;
2. chez Platon et la plupart des philosophes jusqu’à nos jours, une perversion volontaire du raisonnement démonstratif à des fins le plus souvent immorales, en faisant usage de méthode, d’argument divers, afin de rendre indiscutable son propos. Le philosophe n’usant que de sa raison (maïeutique chez Socrate, doute hyperbolique chez Descartes) pour arriver à ses fins.
3. le développement de la réflexion et de l’enseignement rhétorique, en principe à partir du IVe siècle av. J.-C., en pratique à partir du IIe siècle ap. J.-C. dans l’Empire romain.
combinent habilement ; ce n’est là qu’un empirisme, la sensation, l’imagination y paraissent encore ; ce n’est point la science philosophique.

Allons plus loin. Ne parlons plus de ces idées qui sont venues dans l’âme à la suite de la sensation, et qui ne représentent que le sensible, c’est-à-dire le variable. Nous savons que l’âme parvient à s’en dégager, et, s’élevant jusqu’au raisonnement, pose des principes, et en tire les conséquences nécessaires ; elle fait mieux encore : elle conçoit que ces parties dispersées ont quelque chose de commun ; elle réunit, elle distingue ; elle manifeste le point Le point En géométrie, un point est le plus petit élément constitutif de l’espace géométrique, c’est-à-dire un lieu au sein duquel on ne peut distinguer aucun autre lieu que lui-même. de départ, d’où les démonstrations ont fait jaillir tout le reste : il est clair qu’ici nous avons une science. De cette nature sont l’arithmétique, la géométrie géométrie La géométrie est la partie des mathématiques qui étudie les figures de l’espace de dimension 3 (géométrie euclidienne) et, depuis le XVIIIe siècle, aux figures de d’autres types d’espaces (géométrie projective, géométrie non euclidienne, par exemple). Certaines méthodes d’étude de figures de ces espaces se sont transformée en branches autonome des mathématiques : topologie,géométrie différentielle, et géométrie algébrique, par exemple. , etc. Mais les principes ont été admis sans être vérifiés ; les conclusions qu’on en tire sont évidentes, mais les principes eux-mêmes sont obscurs et incertains. Ce n’est point encore la science, ce n’est point la philosophie.

Mais n’y a-t-il dans l’âme d’autres connaissances que la sensation si fugitive, l’opinion si trompeuse, le raisonnement et ses procédés, incapables de rien fonder par eux-mêmes ? « Il y a un autre mode de connaissance, plus simple que les trois trinité
trois
triade
ternaire
L’archétype divin de tous les ternaires positifs est la trinité védantine Sat, Chit, Ananda : Dieu, à partir de son Essence surontologique, est pur "Être", pur "Esprit", pure "Félicité". Quand la trinité est horizontale, elle exprime les facultés a priori divines ; quand elle est verticale, elle exprime les tendances cosmiques. [Frithjof Schuon]
autres, puisqu’il n’exige l’emploi d’aucune méthode, de l’analyse ni de la synthèse : l’âme, par une simple intuition intuition
intuitio
intuitus
Le terme d’intuition désigne une forme de savoir dans lequel l’objet connu est immédiatement et totalement présent à l’esprit. Le terme garde toujours un rapport proche ou lointain avec l’acte de voir, le regard, que désigne au sens propre l’intuitus latin. [F. de Buzon]
, atteint la vérité, la voit de ses propres yeux, pour ainsi dire,... c’est ce que veut dire Aristote, lorsqu’il constate l’intelligence intelligence Notre intelligence n’est pleinement humaine que par les vérités concernant Dieu et nos fins dernières. Elle opère la compréhension de Dieu, du monde, de l’homme. [Frithjof Schuon] qui est dans l’homme, et la définit : ce par quoi nous pouvons définir. Proclus nous signale ici la conception, noesis. Or la noesis n’est pas une simple notion, phyle gnosis, notion de l’accident ou du phénomène phénoménologie
fenomenologia
phenomenology
phénomène
fenômeno
phenomenon
La phénoménologie de Edmund Husserl se définit d’abord comme une science transcendantale qui veut mettre au jour les structures universelles de l’objectivité.
 ; elle atteint les essences. Nous voilà parvenus dans la région de l’intelligible intelligible En quel sens être en acte se dit-il de l’intelligible ? Est-ce au sens où la statue, comme couple de forme et de matière, est un être en acte ? Est-ce parce que chaque intelligible a reçu une forme ? - Non, c’est que chacun d’eux est une forme et qu’il est parfaitement ce qu’il est. L’intelligence ne passe pas de la puissance à l’acte, d’un état où elle est capable de penser à un état où elle pense effectivement (car il faudrait alors avant elle une autre intelligence qui ne fût pas passée de la puissance à l’acte) ; mais le tout de son être est en elle. L’être en puissance ne consent à passer à l’acte que par l’intervention d’un autre terme, nécessaire à la génération d’un être en acte ; mais l’être qui tire de lui-même et garde éternellement ses manières d’être, est un être en acte. Donc tous les êtres premiers sont des êtres en acte ; car ils possèdent d’eux-mêmes et toujours ce qu’ils doivent posséder. Il en est ainsi également de l’âme qui n’est pas dans la matière mais dans l’intelligible. Quant à l’autre âme, celle qui est dans la matière, comme l’âme végétative, elle est aussi en acte ; elle aussi, elle est ce qu’elle est, parce qu’elle est en acte. ENNÉADES - Bréhier : II, 5 (25) - Que veut dire en puissance et en acte ? 3 , à la sommité de la pensée ; nous sommes dans le vrai domaine de la philosophie. Elle part de la définition, que lui donne la conception ; et l’objet de sa recherche, c’est l’être, l’être sous ses deux dualité
deux
dyade
Quand la dualité est horizontale, elle exprime les pôles "actif" et "passif" ; quand elle est verticale, elle exprime les degrés "absolu" et "relatif", dans l’Ordre divin d’abord et dans l’ordre cosmique ensuite. [Frithjof Schuon]
points de vue, de cause causa
cause
aitia
aitía
aition
et de substance substance
ousia
substances
Des points de vue philosophique ou métaphysique, la substance est la réalité permanente qui sert de substrat aux attributs changeants. La substance est ce qui existe en soi, en dessous des accidents, sans changements ; ce qui en fait un concept synonyme de l’essence. Elle s’oppose aux accidents variables, qui n’existent pas en eux-mêmes, mais seulement dans la substance et par la substance. Le terme vient du latin substare, se tenir debout ; de substantia, ce qui est dessous, le support.
. Elle est, en un mot, la conception persistante et uniforme des universels.

Tel est ce qui, dans la philosophie, est purement philosophique ; mais le raisonnement, l’analyse et la synthèse, tous les procédés des sciences ne lui sont point étrangers : noesis meta logou, dit Proclus, après Platon. Ces deux facultés lui sont en effet nécessaires, pour contempler et l’ordre du monde et sa cause invisible, ce qui est le propre d’une science parfaite. Et c’est ce que Proclus répète sous une autreforme, lorsqu’en appelant dialectique inférieure, celle de Zenon, qui argumente ; dialectique supérieure, celle de Parménide, qui contemple les êtres ; il les approuve toutes les deux.

Mais ce serait s’abuser, que de se croire parvenu, avec la philosophie, au terme du développement humain. C’est l’erreur d’Aristote, qui n’a rien vu au-delà de l’intuition des premiers principes de la science. Platon nous apprend (il le tenait lui-même des théologiens) qu’avec la connaissance intellectu intellect
noûs
L’Intellect est l ’« oeil du coeur » ou l’organe de la connaissance directe. Il se projette dans l’âme individuelle en se limitant et se polarisant ; il se manifeste sous un triple aspect, ou si l’on préfère, il se scinde en trois modes : l’intelligence, la volonté et le sentiment. [Frithjof Schuon]
elle, il y a une opération de l’âme plus élevée encore et plus vénérable : l’âme se ferme à la science, se fait muette et silencieuse à l’intérieur, s’enveloppe dans son repos repos
repouso
stillness
quietud
quietness
, se fait une pour contempler, que dis-je ? pour être l’unité l'unité "Il faut élever cette fine pointe de l’âme, selon laquelle nous sommes unité. Nous participons au Premier, duquel dérive pour toutes choses l’unification, selon l’unité et pour ainsi dire la fleur de notre essence, grâce à laquelle nous nous attachons principalement au Divin. Partout, en effet, ’c’est par le semblable qu’est appréhendé le semblable’, les principes les plus élevés d’unification des êtres par ce qu’il y a d’un dans l’âme. De toutes nos activités, c’est ici la plus haute : par elle nous devenons possédés de Dieu." (Proclus) divine, dans laquelle ainsi elle parvient à s’absorber tout entière. Elle connaît alors, comme les dieux connaissent, d’une manière qui ne peut s’exprimer en langage langage Le langage est un ensemble de signes (vocaux, gestuel, graphiques, tactiles, olfactifs, etc.) doté d’une sémantique, et le plus souvent d’une syntaxe (mais ce n’est pas systématique[1]). Plus couramment, le langage est un moyen de communication. humain, c’est-à-dire par la vertu arete
excellence
vertu
vertue
virtude
virtue
virtud
même de l’Unité, qui est devenue son essence essence
ousía
Les termes "substance" et "essence" sont souvent synonymes, mais à rigoureusement parler, le premier terme suggère une continuité, et le second, une discontinuité ; le premier se référant plutôt à l’immanence, et le second, à la transcendance. [Frithjof Schuon]
. Cette opération vraiment divine, c’est l’enthousiasme, la contemplation, qui est supérieure à toute philosophie, mais à laquelle on ne saurait s’élever, si l’on n’est philosophe.

Ainsi, pour ne plus parler des idées venues par la sensation, et des opinions acceptées sans motifs, la philosophie est supérieure à toute collection d’idées légitimées par le raisonnement, réunies en un corps Körper
corpo
corps
soma
cuerpo
body
, ayant acquis valeur de science, mais dont l’ensemble est fondé sur des principes qui n’ont pas été vérifiés parce que la science, avec les seuls moyens qui lui sont propres, ne saurait aller jusque là. Elle est inférieure à celte lumière lumière La lumière semble avoir fait l’objet d’une interprétation symbolique dès que les hommes se sont mis à croire dans un au-delà. Depuis la possible déification du feu, devenu élément vital pour l’Homme préhistorique, puis l’un des quatre éléments de la philosophie de la Grèce antique, jusqu’à la théologie chrétienne de Dieu comme "lumière des lumières", l’illumination étant présente dans de nombreuses religions, on n’a eu de cesse que de lui accorder des origines et vertus surnaturelles. céleste et ineffable, où l’âme peut quelquefois atteindre, lorsque, dans le silence silence des passions et de la raison dianoia
la raison
La raison est une faculté de l’esprit humain dont la mise en œuvre nous permet de fixer des critères de vérité et d’erreur, de discerner le bien et le mal et de mettre en œuvre des moyens en vue d’une fin donnée. Cette faculté a donc plusieurs emplois, scientifique, technique et éthique.
même, elle devient, non pas seulement essence, mais unité pure, et s’identifie avec Dieu Dieu La conception exacte de Dieu varie en fonction des philosophies et des religions. Dieu désigne généralement un « être suprême » dont les qualités sont illimitées, l’individuation personnelle ou impersonnelle du principe de l’univers, c’est-à-dire sa raison « première » en tant qu’essence primordiale - Dieu est alors souvent considéré comme le démiurge ou créateur - et sa raison « dernière » en tant que finalité et sens de la vie, dans les religions monothéistes. . La philosophie est donc la région moyenne du perfectionnement de l’âme.

En distinguant la philosophie de ce qui n’est pas elle, en montant par degré des connaissances les moins dignes de ce nom jusqu’à celles qui revendiquent le titre de sciences, et enfin jusqu’à la science philosophique elle-même, nous n’avons pas seulement établi quelle est la nature et le rang de la philosophie, nous avons montré en même temps quelle route le jeune adepte doit suivre pour y parvenir. Car d’oser l’aborder sans aptitude et sans préparation, ce serait folie. « Chez la plupart des hommes, dit Proclus, empruntant les paroles de l’étranger d’Élée, les yeux de l’âme ne peuvent supporter la contemplation de la vérité. »

Anciennement, c’était par des signes cherchés dans l’extérieur corporel, que les pythagoriciens reconnaissaient si le disciple qui venait à eux pouvait atteindre à une vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. supérieure. Car la nature, qui fait les corps pour les âmes, donne à celles-ci des organes qui leur conviennent ; le corps est, en quelque sorte, une image image
eikon
eikón
Il n’y a pas de théophanie qui ne soit préfigurée dans la constitution même de l’être humain, car celui-ci est "fait à l’image de Dieu" ; l’ésotérisme entend actualiser ce que Dieu a mis de divin dans ce miroir de lui-même qu’est l’homme. (Frithjof Schuon, Résumé de métaphysique intégrale)
de l’âme, et en laisse apercevoir les propriétés à qui est doué d’une pénétration suffisante.

Le disciple de Proclus qui a écrit sa vie, Marinus, énumérant les perfections de son maître, nous apprend qu’on trouvait en lui toutes les qualités dont la réunion constitue la capacité philosophique, et il cite : la facilité, la mémoire, l’élévation d’âme, la grâce, l’amour amour
eros
éros
amor
love
et le discernement discernement
diakrisis
diákrisis
discrimination
discernimento
discriminação
discernimiento
DISTINCTION : traduit diakrisis, et désigne les énergies incréées, distinguées de l’essence, par lesquelles se manifeste et se communique la divinité. (Philocalie, dir. Olivier Clément)

Le rôle de la prudence (phronesis) est, plus généralement, de discerner en toutes circonstances la volonté de Dieu. Dans tous les modes de cette première fonction, elle est assimilable à la vertu de discernement (diakrisis ; discretio) et c’est souvant ainsi que la désignent les Pères. (Thérapeutique des maladies spirituelles, Jean-Claude Larchet)
de la vérité, de la justice, du courage et de la tempérance. L’homme qui aura ces dispositions naturelles devra rompre sans délai avec la vie extérieure ; elle ne peut offrir que trouble et que misère ; les richesses, les amis, les honneurs ne sont pas des biens véritables ; ils n’en sont que la vaine ombre. Il devra aimer le silence, qui est le symbole symbolon
symbolisme
symboles
symbole
Étymologie grecque : sym-balleîn = « jeter ensemble ». Correspondance naturelle de signifiant à signifié, chez les ésotéristes. (Pierre Riffard)
du mépris que l’on a pour le monde matériel. Il devra enfin pratiquer la vertu : sans cela il ne parviendrait point à parler la langue des sages.

Pour s’affermir dans cette voie Tao
Dao
Voie
Way
Le Tao, qu’on traduit littéralement par "Voie", et qui a donné son nom à la doctrine elle-même, est le Principe suprême, envisagé au point de vue strictement métaphysique. René Guénon
, pour s’éloigner du sensible et s’approcher de l’intellectuel, rien de plus utile que l’étude des mathématiques ; elles élèvent l’esprit esprit
pneuma
L’esprit est constitué par l’ensemble des facultés intellectuelles. Dans de nombreuses traditions religieuses, il s’agit d’un principe de la vie incorporelle de l’être humain. En philosophie, la notion d’esprit est au cœur des traditions dites spiritualistes. On oppose en ce sens corps et esprit (nommé plus volontiers conscience par la philosophie et âme par certaines religions. En psychologie contemporaine, le terme devient synonyme de l’ensemble des activités mentales humaines, conscientes et non-conscientes.
et le stimulent en même temps ; elles ont quelque chose qui attire vers l’être et qui en fait souvenir ; elles ne nous disent rien, sans doute, sur le rang et les limites de chaque être dans le sein de la Divinité divin
divinité
Ce terme désigne la qualité d’être un dieu ou une déesse (une déité), ou Dieu (la Déité). Il est alors synonyme de divinité en tant que substantif.
 : mais elles ne laissent subsister dans l’âme aucune de ces images grossières, de ces symboles matériels qu’elles y avaient trouvés ; elles la purifient, et la préparent à communiquer avec l’intelligence.

L’âme, ainsi purifiée, secoue sa torpeur et n’étonne ; l’étonnement est le premier signe en elle de la vie philosophique. Naguère plongée dans la double ignorance ignorance
ignorância
ignorancia
, elle ne savait pas et croyait savoir ; elle sait maintenant qu’elle ignore. Ses yeux vont bientôt s’ouvrir à la connaissance des universels ; par cela même qu’elle s’étonne, elle établit déjà des relations avec eux.

Mais ici qu’elle prenne garde. Elle commence à connaître le but qu’elle doit poursuivre ; elle cherche la route qui devra l’y mener : plus d’un chemin va lui apparaître, plus d’un guide va s’offrir. La poésie, la première, élèvera la voix : elle raconte l’histoire des dieux et des héros ; le voile qu’elle étend sur la vérité (car le mythe mythe Un mythe est un récit, porté à l’origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde : sa création (cosmogonie), les phénomènes naturels, le statut de l’être humain, ses rapports avec le divin, la nature ou encore avec les autres humains (d’un autre sexe, d’un autre groupe), etc. est de l’essence de la poésie), transparent pour les âmes d’élite, dérobe les saints mystères mystère
mysterion
mystères
Du grec musterion, fermer les yeux ou la bouche. Désigne un secret, les pratiques et les rites réservées aux initiés, un objet de difficile connaissance, et l’initiation des doctrines secrètes. (V. Siret)
à la vue des profanes : elle n’est que l’enveloppe symbolique de la science véritable. — Oui, mais elle défigure les dieux et les héros en leur prêtant les passions d’ici-bas ; ce sont les détails mêmes de la fiction, et non ses préceptes obscurs, qui nous captivent et que reproduisent nos actions ; enfin, tout en avouant que les mythes, bien expliqués, ne sont point en opposition avec la nature des choses, il faut convenir que cette opération est au-dessus des forces de la jeunesse, et que les mythes sont un mauvais moyen d’instruction.

Voilà ce qu’on peut alléguer pour et contre la poésie ; des deux côtés, toutefois, on serait dans l’erreur. Il y a plusieurs espèces de poésie ; les unes méritent tout le bien, les autres tout le mal mal
kakos
Le mal est la "possibilité de l’impossible", sans laquelle l’Infini ne serait pas l’Infini. (Frithjof Schuon)
qu’on en voudra dire. Distinguons dans la poésie trois genres principaux, qui s’adressent à trois états de l’âme : la première, que j’appelle enthousiaste, correspond à la vie divine de l’âme ; la deuxième, que j’appelle raisonnable, se rapporte à la vie philosophique ; la troisième enfin, ou poésie d’imagination, chante pour la vie matérielle. La première, qui, selon Socrate, est une fureur divine ; la deuxième, qui révèle les êtres, qui annonce l’intelligence, qui enseigne la vertu, comme a fait Théognis, par exemple, doivent échapper à la condamnation ; la troisième enfin, qui peut encore être approuvée quand elle donne des images fidèles, doit être proscrite lorsqu’elle n’a pour but que de procurer du plaisir. Si toute poésie sans exception était digne de blâme, comment excuser Platon, qui a si souvent relevé la gloire d’Homère ? Et s’il n’y avait de reproches à faire à aucun genre de poésie, comment encore excuser Platon, qui, dans sa République, a si vivement condamné Homère ? II y a mieux : les dialogues de Platon, et par leur forme même, et par les mythes qui s’y trouvent, ne se rapprochent-ils pas assez de la poésie d’Homère, pour qu’on ne puisse absoudre ou condamner l’un L'Un
hen
hén
L’Un, en philosophie ou en mystique, désigne le Principe suprême, souvent donné comme impensable et ineffable. Historiquement, cette notion prend tout son essor, en philosophie, à partir du néoplatonisme de Plotin au milieu du IIIe siècle. Grammaticalement, le mot « un » est ici employé comme substantif et avec majuscule (comme « Dieu » ou « Être »). Le mot s’oppose principalement à Multiple (dès Platon) et entre dans la liste des transcendantaux (avec Être, Bien, Vrai, Beau... qui sont au-delà des catégories et peuvent se convertir : Un = Bien = Beau). C’est l’Un-Dieu, l’Un-principe, mesure suprême.
qu avec l’autre (5î ? — Ajoutons qu’Homère a pour lui les recommandations de Pythagore, de Lycurgue et de Solon.

Pour conclure, la poésie n’est point absolument bonne en soi Selbst
soi-même
Soi
si mesmo
Self
si mismo
A non-personal, all-inclusive awareness.
, puisque, dans la conception du prototype de l’Etat, elle ne saurait trouver place ; elle n’est point absolument mauvaise, puisque, sous plusieurs de ses formes, elle ne mérite aucun reproche. Proclus écarte donc des mains des jeunes gens la plupart des mythes, comme ceux d’Homère, d Hésiode, etc. ; il permet une muse austère et qui n’inspire que la vertu. Il est évident que Proclus, qui, toute sa vie et jusque sur son lit de mort mort La mort d’un être vivant est l’arrêt irréversible de ses fonctions vitales : assimilation de nutriments, respiration, fonctionnement du système nerveux central. On la distingue d’un arrêt temporaire (hibernation, congélation). Elle est suivie de la décomposition de l’organisme mort sous l’action de bactéries ou de nécrophages. , chantait les vers d’Orphée, qui lui-même a composé plusieurs hymnes, n’a pu se résoudre à sacrifier complètement la poésie ; et néanmoins, à l’exemple de Platon, il ne manque aucune occasion d’ôter tout crédit aux poètes, et lorsqu’il s’agit des plus hautes vérités de la philosophie, et même lorsqu’il n’est question que d’expliquer la nature.

Mais si Proclus, un peu moins sévère que Platon, permet encore de nommer la poésie parmi les préludes à la philosophie, il condamne aussi énergiquement que son maître les sophistes et la sophistique. Ne vous adressez pas à eux, dit-il, la science n’est pas leur partage ; ils arrangent habilement des paroles qui n’ont aucun sens, et, de quoi que ce soit, ils ne sauraient exposer la cause.

En supposant même que poètes ou sophistes pussent donner quelque partie de la science, il y aurait encore à la recevoir ainsi plus d’un inconvénient. II y a pour nous deux manières de devenir savants : nous prenons d’autrui la science toute faite (mathesis) ; ou, par nos propres forces, nous découvrons, nous élaborons (heuresis). Or, cette seconde méthode est évidemment supérieure à la première ; il ne pourrait y avoir au-dessus d’elle que la révélation Révélation La Révélation (on emploie généralement une majuscule dans cette acception du mot) est, pour une religion, la connaissance qu’elle affirme détenir de source divine. Les manifestations divines par lesquelles cette connaissance est parvenue aux hommes sont tantôt des apparitions (théophanies), tantôt l’inspiration à des prophètes de textes considérés comme sacrés. Les religions rattachées à la trilogie judaïsme-christianisme-islam, en particulier, sont dites révélées. de la vérité par les dieux. L’heuresis convient à un être qui, comme l’âme humaine, vit de sa propre vie, est la vraie cause de ses actions. C’est donc par nous-mêmes que nous devons chercher à connaître.

Ce n’est pas que, pour sortir de l’engourdissement où nous retient plongés la double ignorance, et concevoir le désir désir
epithymia
epithymía
épithymétikon
épithymia
DÉSIR : traduit épithymia ou épithymétikon, et désigne la première des trois parties de l’âme, la tension qui porte l’amour du créé pour l’incréé, ou de créé pour lui-même. Voir Parties de l’âme. (Philocalie, dir. Olivier Clément)
d’atteindre à la vérité, nous n’ayons besoin d’aucune impulsion étrangère ; avant d’aborder la recherche (heuresis), il est indispensable que l’enseignement (mathesis) nous y ait préparés. Mais, outre que cet enseignement ne peut être qu’une simple indication de la voie à parcourir, et un encouragement à y pénétrer, il faut encore qu’il nous vienne d’une intelligence amie, et qu’il soit donné par une méthode convenable. De là l’importance de l’Amitié chez les pythagoriciens, qui regardaient la fréquentation des sages comme le plus puissant moyen d’éducation ; de là ces éloges que donne Proclus à l’interrogation socratique, par laquelle on est forcé, non seulement de soumettre ses préjugés à un examen sévère, et de comprendre la nécessité nécessité Nécessité, en Grec Ananké, est mère des trois Moires :

* Clotho présidait au passé (de klôthousa, filer),
* Lachésis au présent (de léxis,prédestination),
* Atropos au futur (d’atrepta, irréversible).
de la science, mais encore de travailler soi-même pour trouver des réponses, et de commencer ainsi la Recherche philosophique.

II s’agit maintenant de savoir ce que nous devrons d’abord étudier pour arriver plus sûrement au divin et à l’universel, en même temps que nous serons mieux préparés à le saisir et à le comprendre. Cet objet de nos premières investigations ne sera pas difficile à découvrir : c’est nous-mêmes. L’âme, pour se purifier, pour préluder à la contemplation des essences, ne saurait mieux faire que de se prendre elle-même pour matière matière
hyle
La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l’état solide, l’état liquide, l’état gazeux. La matière occupe de l’espace et possède une masse. Ainsi, en physique, tout ce qui a une masse est de la matière.
de ses observations. N’entrez pas dans le sanctuaire, si vous n’êtes initiés et purifiés, disait-on à ceux qui pénétraient dans l’enceinte sacrée d’Eleusis. Gnoti seauton, disait l’inscription du temple de Delphes ; comme si le dieu voulait nous apprendre quelle est la préparation convenable pour nous élever purs jusqu’à lui.

L’étude de l’âme par elle-même n’est pas seulement une excellente préparation à la philosophie, et parce qu’elle nous détache plus complètement du monde extérieur, et parce qu’elle sert à exciter en nous cet amour de la vérité, le plus puissant auxiliaire de la science, au dire de Socrate ; l’étude de l’âme par elle-même est quelque chose de plus : elle est le commencement et le vrai point de départ de la philosophie. Elle est l’intermédiaire par lequel on arrive à la connaissance du divin, à la condition, toutefois, de procéder scientifiquement, c’est-à-dire de constater d’abord les opérations de l’âme, de déterminer ensuite les puissances qu’elle possède, d en venir alors à contempler son essence, et de remonter enfin jusqu’à la conception des premières causes.

Récapitulons brièvement les différentes phases de ces études préliminaires, après lesquelles, armé de tous ses moyens de connaître, le philosophe (car on doit maintenant lui donner ce nom) pourra essayer d’établir une théorie.

En nous retirant du commerce du monde, en nous appliquant à triompher des mauvaises passions, nous avons écarté les obstacles qui nous interdisaient l’accès aux spéculations philosophiques. En nous livrant à l’étude des sciences qui font usage du raisonnement, établissent des classifications, nous avons contracté l’habitude des exercices qui plus tard nous seront nécessaires. En fermant l’oreille aux séductions de la poésie, à la malice des sophistes, nous avons évité la route qui mène à l’erreur. Enfin, déterminés par les conseils d’Apollon et des sages à étudier notre âme et ses puissances, nous pouvons nous assurer par nous-mêmes que nous sommes dans la bonne voie, puisque, débutant par les opérations inférieures de l’âme (aisthesis, doxa), nous avons su nous élever jusqu’à celle qui est plus spécialement la sienne (logos logos Le Logos est au centre : d’une part il se place au-dessous du pur Absolu et au-dessus du monde "naturel" et "profane", et d’autre part il combine le "céleste" et le "terrestre" - ou le "divin" et l’"humain" - du fait qu’il englobe la dimension déjà relative du Principe et la manifestation de ce Principe au centre cosmique. Le Logos est "Parole incréée" ; il est "vrai homme et vrai Dieu". [Frithjof Schuon] ), à celle même qu’elle possède en vertu de sa participation participation Traduit métochè et désigne le pouvoir qu’on les énergies incrées de créer et de modeler les êtres. (glossaire de La Philocalie) à l’intelligence (noesis), et qui, tout en lui fournissant les notions des causes premières, la prépare à cette contemplation mystérieuse du Dieu suprême.