Philosophia Perennis

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MÉDITATIONS RELIGIEUSES D’ECKARTSHAUSEN.

Eckartshausen : APRÈS LE RÉVEIL DU MATIN.

jeudi 18 septembre 2008

félicité
felicidade
bonheur
felicidad
happiness
Bonne chance ou fortune ; le mot grec est un composés fait sur daimon (puissance divine, dieu, destin). (selon R. Guérineau)

Encore une nuit écoulée ! je m’éveille, j’éprouve le plaisir d’exister Existenz
existence
exister
existentia
existência
existencia
bios
. A qui dois-je ma première pensée, si ce n’est à toi, bonté infinie, à toi qui m’as donné la vie vie Le philosophe Michel Henry définit la vie d’un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir « de se sentir et de s’éprouver soi-même en tout point de son être ». Pour lui, la vie est essentiellement force subjective et affectivité, elle consiste en une pure expérience subjective de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie. , à toi qui veillais pour moi pendant mon sommeil ?

Quelle est ta bonté, Seigneur ! tu prends soin de tout ce qui respire : la moindre créature éprouve tes bienfaits. Oui, la consolante pensée que tu es nécessairement bon ne sortira jamais de mon esprit esprit
pneuma
espírito
spirit
mente
mind
 : avec quelles délices je revois ce monde Welt
Weltlichkeit
monde
mondanéité
mundo
mundidade
mundanidade
worldliness
mundanidad
où tout me la rappelle sans cesse !

Je ne suis que poussière ; mais, animé par ta toute-puissance acte
puissance
energeia
dynamis
, ô mon Dieu Gott
Dieu
Deus
God
Dios
theos
, je me sens un cœur coeur
kardia
cœur
coração
coración
heart
qui s’ouvre à la sensibilité ; je me sens une àme susceptible de confiance et d’amour amour
eros
éros
amor
love
. A qui dois-je offrir les prémices de mes sentiments, si ce n’est à toi, qui m’as créé ? Tu es un pur esprit, je suis un faible mortel. Je ne saurais te comprendre ; mais tes ouvrages me prouvent que tu es ; ils me donnent l’idée d’un être ser
être
being
ón
Le concept d’être désigne en général ce que nous ressentons exister d’une manière ou d’une autre dans la perception, qu’elle soit sensible ou intelligible. L’étude de l’être est appelée ontologie ou métaphysique.
sage et bienfaisant. Daigne écouter ma voix, daigne écouter la voix de ta créature qui proclame que tu es tout amour.

Oui, tu es tout amour, et tout ce que tu fais respire l’amour. Le soleil, dans son éclat, annonce ta majesté, et les délices d’un beau beleza
belo
beauté
beau
beauty
belleza
matin, ta bonté. Je revois aujourd’hui ma femme femme
mulher
woman
mujer
, mes enfants, mes amis ; je les revois en santé, et, pleins de joie, ils se jettent dans mes bras.

Qui donc a veillé sur eux pendant leur sommeil ? qui les a préservés des dangers d’une nuit obscure ? qui me les arendus, ces gages si précieux et si chers ? C’est toi, Dieu de bonté. Pourrais-je me refuser à t’aimer ? mais que signifie t’aimer ? — J’y réfléchis... je trouve que c’est garder tes commandements, et tes commandements ne sont qu’amour. — Qu’exige de moi l’être indéfinissable qui m’a créé ? quels sont les commandements du maître de l’univers Univers L’Univers est un tissu fait de nécessité et de liberté, de rigueur mathématique et de jeu musical ; tout phénomène participe de ces deux principes. [Frithjof Schuon]  ?— L’amour, le puramour. N’est-ce pas ce que répond la nature nature
physis
phusis
phúsis
Le grec phúsis dérive de la racine indo-européenne bhû-, qui a donné en sanskrit comme verbe : "devenir", "se produire", "avoir lieu" ; comme non : "terre", "sol", "lieu", "état", "condition". Peut désigner aussi bien l’origine, que le déroulement et le résultat de tout processus. (Luc Brisson)
entière ? Aime Dieu, aime-toi, aime ton prochain. J’avais un père, et je l’aimais ; j’ai un ami, et mon cœur tressaille à sa rencontre ; j’ai un bienfaiteur, et mon âme âme
psyche
psukhê
alma
soul
est touchée quand je songe à lui : toi, mon Dieu, n’es-tu pas mon père, mon ami, mon bienfaiteur ? comment ne pas t’aimer ? Hommes homme
anthropos
hommes
humanité
L’homme est la personnification d’une alternative aux dimensions qui échappent à sa vision immédiate ; en d’autres termes, la raison d’être même de la condition humaine est de choisir, et de faire le bon choix : d’opter pour la participation libératrice à l’Etre nécessaire, et non pour l’errance asservissante dans le labyrinthe du possible et en direction du néant. (Frithjof Schuon, Perspectives spirituelles et faits humains)
, mes semblables, combien vous m’êtes chers ! vous êtes tous mes frères... Quand je vous embrasse, j’embrasse en vous l’Éternel, notre père commun. Reçois, ce matin, Créateur bienfaisant de tous les êtres, le vœu solennel que je fais de suivre ton exemple ; on me verra désormais secourir les malheureux, protéger les opprimés, vêtir ceux qui seront nus, distribuer des remèdes aux malades et ramener les hommes qui se trouveront égarés. Je veux être doux envers mes inférieurs, plein d’amour envers les êtres confiés à mes soins, et je considérerai comme mon frère, comme un enfant que tu chéris, chaque créature formée à ton image image
eikon
eikón
Il n’y a pas de théophanie qui ne soit préfigurée dans la constitution même de l’être humain, car celui-ci est "fait à l’image de Dieu" ; l’ésotérisme entend actualiser ce que Dieu a mis de divin dans ce miroir de lui-même qu’est l’homme. (Frithjof Schuon, Résumé de métaphysique intégrale)
.

Ce que j’exprime ici, je le sens au fond de mon cœur. O mon Dieu, toi qui pénètres les plus profonds replis de mon âme, vois en moi la sincérité d’un enfant.

Reçois ainsi, dès les premiers instants de cette journée, les premiers témoignages de mon amour. Je pardon pardon Si l’homme demande pardon à Dieu, c’est, en dernière analyse, pour se conformer à une réalité normative, à la vérité tout court. [Frithjof Schuon] ne à tous mes ennemis à cause causa
cause
aitia
aitía
aition
de toi : je te promets, Seigneur, de faire du bien Bien
agathon
agathón
Bem
Bom
Good
Bueno
à quiconque m’aura fait du mal mal
kakos
Le mal est la "possibilité de l’impossible", sans laquelle l’Infini ne serait pas l’Infini. (Frithjof Schuon)
, de bénir celui qui me maudit, et de chérir même celui qui me hait. J’ai la ferme résolution de ne médire jamais de mon semblable, de n’interpréter en mal aucune ses actions, de ne point le réprimander avec : aigreur ni l’humilier, lorsqu’il aura commis une faute. Je me propose de ne pas le scandaliser pardi : mauvais exemples, do n’être point injuste envers lui, de ne jamais le tromper ni l’induire en erreur, mais d’agir action
praxis
agir
atuar
ação
act
acción
prattein
constamment avec lui comme tu nous l’as recommandé. Si tu le bénis et le combles de biens, je n’en serai point envieux. Je ne serai pas avare de mes secours, s’il en a besoin. Suis-je hors d’état de l’aider de mon or, je l’aiderai de mes conseils, de mes démarches ; et tout cela, mon Dieu, pour obéir à tes saints commandements et par amour pour toi.